La science et la vie
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- Ingénieur, sous-ingénieur, chef monteur, dépanneur radio. Officier radio de la marine marchande, Opérateur radio d'aviation, radiotélégraphiste des ministères, breveté supérieur de navigation aérienne, vérificateur des installations électromécaniques des P.T.T.
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- Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays Copyright hy La Science et la Vie, Décembre îpjj > R.- C. Seine u6>j44
- Tome LU
- Dé
- ecemore
- 1957
- Numéro 246
- SOMMAIRE
- La médecine est devenue une science moderne grâce à la méthode
- expérimentale .. ...........................................
- La Section de Médecine du Palais de la Découverte a mis en évidence te rôle des sciences expérimentales (physique, chimie, biolo-giejduns l’« art de guérir ». Voici l’œuvre utilitaire des savants chercheurs depuis un siècle pour «conserver » et «prolonger » la vie.
- La vie dangereuse des étoiles..................................
- On attribue maintenant l’apparition d’astres nouveaux (Novæ) à révolution essentiellement interne des étoiles, qui aboutit il leur dégénérescence et à leur dédoublement. Un tel cataclysme subi par le Soleil équivaudrait à la fin brutale du monde terrestre.
- Comment la science expérimentale améliore le rendement de la voix
- humaine ................................................... ..
- Physiologues, linguistes, phonéticiens ont créé récemment une mécanique de l’émission des sons articulés, en vue d’obtenir le meilleur rendement sonore de la voix.
- La plus grande étincelle électrique permanente du monde........
- Le plus « puissant » phare du monde : 500 millions de bougies..
- La transmutation de la matière n’est plus un rêve d’alchimiste.
- Depuis la première désintégration atomique, obtenue en 1919, par le savant physicien anglais Rutherford, qui vient de disparaître, plus de cent cinquante transmutations ont été réalisées au laboratoire. Ce sont les perfectionnements des techniques de la haute tension qui ont permis d’élargir et d’enrichir nos connaissances sur la constitution de la matière.
- Notre poste d’écoute...........................................
- La mitrailleuse cinématographique, « arme » d’entraînement pour
- l’aviation de chasse........................................
- Ce mode d’instruction permet de déterminer avec précision les points d’impact présumés de balles « fictives » tirées au cours de combats aériens d’entraînement.
- Qu’est-ee que l’auto-compresseur à pistons libres ?............
- La réunion dans une même machine et du moteur et du compresseur permet, en effet, d’améliorer le rendement. Cette solution constituerait une première étape vers la réalisation de la turbine à gaz appliquée à l’aviation.
- Les réalisations de la télévision allemande surclassent actuellement
- toutes les autres...........................................
- La télévision allemande en 1937 présente des installations — telle que celle figurant à l’Exposition de Paris — où les images apparaissent lumineuses, nettes, stables. Les dispositifs électromécaniques mis en œuvre pour obtenir de tels résultats constituent ce que l’on fait de mieux actuellement dans ce domaine. Déjà du reste, en Allemagne, deux lignes de visiotéléphonie sont actuellement en service.
- Marine nippone, aviation soviétique...........................
- Jean Labadié............. 411
- Louis Houllevigue..........
- Professeur à la Faculté des Sciences de Marseille.
- 422
- Victor Jougla............... 430
- L.-D. Fourcault............. 438
- L.-D. Fourcault............. 440
- Jean Bodet.................. 444
- Ancien élève de l'Ecole Polytechnique, Irutén. E. S. E.
- S. et V................... 453
- Pierre Keszler............ 461
- Jean Marival.............. 466
- P.-M. Delaunay...... . .. 474
- ' S. et V.
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- L’étude de la constitution « intime » de la matière exige du physicien moderne une création incessante, en vue de perfectionner ces nouvelles techniques atomistiques dans le domaine des ultra-hautes tensions continues pour parvenir à pénétrer plus profondément la structure des atomes. A East-Pittsburgh, aux Etats-Unis, il y a actuellement des savants américains qui s’efforcent d’édifier un puissant générateur électrostatique qui fonctionnera sous pression à l’intérieur d’une cloche métallique de 15 m de haut et développera 5 millions de volts. Une telle différence de potentiel vise évidemment a accélérer les projectiles électrisés entrant en collision avec les noyaux atomiques et à provoquer des transmutations. Ainsi se créent et se créeront de nouvelles substances « artificiellement» radioactives. (Voir la couverture de ce numéro et l’article page 444).
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- VOICI LE PI-US PUISSANT APPAREIL RADIOLOGIQUE DU MONDE, FONCTIONNANT SOUS UNK TENSION DE 1 MILLION DE VOLTS ET DESTINÉ AU TRAITEMENT DU CANCER Cette photographie montre la partie du tube à rayons X comprise dans la salle de traitement à l'hôpital Saint-IIartholomno, de Londres. Le faisceau de rayons X qu'il fournit doit avoir un pouvoir pénétrant supérieur à tous les rayonnements employés jusqu'ici médicalement et même à celui des rayons y du radium. La chambre d'opération est construite en grande partie en briques au baryum pour soustraire le personnel aux effets du rayonnement, tandis qu'une installation de conditionnement de l'air renouvelle l'air dix fois par heure. Le tube lui-même est entouré d'-un manteau d'acier garni de plomb et est susceptible de tourner autour de son axe pour diriger, lorsqu'il ne fonctionne pas, le rayonnement vers le haut où un bloc de plomb de 12 cm l'absorbe. L'ensemble du tube et de ses accessoires pèse 10 tonnes ; aussi déplace-t-on, pour les manipulations, le plancher de la salle et le patient. L'opérateur reste normalement en dehors de la salle et communique avec le patient par microphone et haut-parleur. (Voir aussi page 41S.)
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- 1937 : ANNÉE DE L’EXPOSITION DES TECHNIQUES, A PARIS
- GRACE A LA MÉTHODE EXPÉRIMENTALE,
- LA MÉDECINE
- EST DEVENUE UNE SCIENCE MODERNE
- Par Jean LABADIE
- Trois grands noms marquent l'évolution prodigieuse de la médecine, depuis Vempirisme où elle se cantonnait encore au début du dernier siècle jusqu'aux méthodes scientifiques qu'elle applique aujourd'hui avec une rigueur de plus en plus grande. Les méthodes, qui lui sont propres, font de la médecine une science à part, mais faisant constamment appel aux progrès des autres sciences : physique, chimie, biologie, qui lui fournissent successivement ses moyens d'action. Ces trois noms sont ceux de : Laënnec (1781-1826), Claude Bernard (1813-1878), Pasteur (1822-1895). A Laënnec, ce génial initiateur, nous sommes redevables notamment de l'auscultation « médiate », qui domine toute la clinique médicale. Le stéthoscope, qu'il imagina sous sa forme lapins simple et dont les perfectionnements successifs ont abouti au phonocardiographe, a trouvé son prolongement naturel dans l'infinie variété des appareils d'auscultation : électrocardiographes ( 1 ), endoscopes, appareils de radioscopie, de radiographie, etc. Avec Claude Bernard, créateur de la médecine expérimentale, nous touchons déjà, avec les maladies de la nutrition, au domaine si étendu de la « biochimie » (2), science des échanges chimiques par quoi se manifeste la vie, et aussi des agents catalytiques de ces échanges : vitamines (3) et hormones (4). Avec Pasteur enfin, voici la microbiologie qui a imposé à la médecine une véritable rénovation sans précédent. C'est elle qui a permis de lutter rationnellement et efficacement contre les maladies infectieuses par les vaccins et les sérums, permettant en outre — de par l'antiseptie et surtout l'aseptie — à la chirurgie moderne de prendre tout son développement et de réaliser ses audacieuses opérations. La médecine ne saurait en effet se concevoir aujourd'hui sans le concours du laboratoire, et des investigations graphiques et radiologiques, procédés d'enregistrement de haute précision et sources de renseignements indispensables pour le praticien. Ainsi, en moins d'un siècle, la science médicale a pu se transformer dans sa structure même en y intégrant la méthode expérimentale, condition essentielle de progrès même dans ce domaine si complexe et encore si mystérieux des multiples affections dont l'organisme humain est le siège.
- La médecine n’est pas une science, a-t-on coutume de dire, mais un « art ». Il faut, aujourd’hui, préciser en ajoutant : « L’art d’utiliser toutes les sciences pour dépister, guérir et, mieux encore, prévenir la maladie. » Avec l’Industrie, la Médecine apparaît, de ce biais, comme la raison d’être de toute science humaine, si l’on admet, avec M. Bergson, que celle-ci a pour fin d’asservir la nature, plus encore que de la connaître.
- Aussi bien, la Médecine tient une place d’honneur au Palais de la Découverte, et les cinq sections que M. le professeur -Roussy et ses collaborateurs lui ont attribuées (5)
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 237, page 167.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 212, page 116.
- (3) Voir La Science et la Vie, n° 238, page 259.
- (-1) Voir La Science et la Vie, n° 214, page 301.
- (5) Ces cinq sections sont : I) les grandes étapes des découvertes médicales ; II) la section Claude Bernard : maladies de la nutrition, de l’appareil
- voient converger sur elles les progrès les plus caractéristiques de la physique et de la chimie. Mais, depuis Claude Bernard, la Médecine ne se contente plus d’appliquer empiriquement les moyens d’action que lui offrent les autres sciences. Elle a sa méthode propre et, partant, ses découvertes propres, qui donnent souvent bien du fil à retordre aux « biologistes » purs et même (avec les vitamines et les hormones, par exemple) aux chimistes. On peut même dire que la Biologie est née de la Médecine comme les sciences physiques sont nées de l’Industrie. Et c’est toute l’originalité de
- digestif et des glandes endocrines; III) les découvertes de la clinique ; IV) la microbiologie, sous l’égide de Pasteur ; V) la chirurgie. Notre exposé se réserve de chevaucher ces grandes divisions.. Faute de quoi, nous serions contraints d’adopter une description pure et simple des stands —- ce qui ne pourrait tenir lieu d’une visite réelle.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- RENÉ RAËNNEC (1781-1826) Inventeur de l'auscultation.
- l’Exposition du Palais de la Découverte que d’avoir révélé au public ce caractère d’autonomie désormais con-quis par les « sciences médicales ».
- Comme il ne saurait être question de taire ici le tableau détaillé des sciences médicales en leur état présent (et le docteur Roussy s’est bien gardé de présenter comme un tel tableau l’admirable synthèse dont il a confié le montage à d’éminents spécialistes, eux-mêmes dirigés par « leurs alïinités personnelles »), nous nous proposons seulement de montrer le dynamisme de l’évolution qui a porté la Médecine, de l’empirisme où elle se trouvait au début du siècle dernier, jusqu’aux méthodes d’une sûreté merveilleuse qui sont maintenant les siennes.
- Trois noms — tous les trois français — marquent cette évolution prodigieuse : René Laënnec, Claude Bernard, Louis Pasteur.
- Chacun de ces génies a déclenché un essor particulier dont la trajectoire, loin de
- s’incurver dans une chute plausible et, somme toute, naturelle à toute œuvre humaine, est allée se développant sans cesse — jusqu’à nos jours, inclusivement. C’est, en effet, le propre des véritables découvertes « de génie » d’engendrer d’autres découvertes, sans lin.
- CLAUDE BERNARD (1813-1878) Initiateur de la biochimie.
- Du stéthoscope de Laënnec (1819) au « phonocardiographe » actuel
- « La clinique médicale française est dominée par un nom : Laënnec ; par une découverte : l’auscultation. » Ainsi s’exprime la brochure anonyme de vulgarisation que l’on offre au visiteur.
- Rien n’apparaît plus vrai, lorsqu’on parcourt la vitrine (venue d’Angleterre) où s’étalent le premier stéthoscope utilisé par Laënnec : un simple tube de carton, et ses perfectionnements successifs qui ont consisté à canaliser de mieux en mieux, pour les amplifier, jusqu’à l’oreille d u médecin, ces bruits intérieurs, ces «souffles» des poumons et du cœur qui sont, de mémoire d’homme, le symbole même du phénomène vivant. Hippocrate — et c’est Laënnec qui le rappelle — avait déjà découvert le bruit « hydroaérique » qui porte encore
- son nom dans l’auscultation pulmonaire (succussion hippocratique). «Corvisart, le maître de Laënnec, auscultait le thorax et plus spécialement le cœur en approchant l’oreille de la poitrine. » C’est pour éviter d’offusquer une jeune fille aux seins volumineux que Laënnec fit appel, en 3816, à un tube acoustique fabriqué sur place avec une feuille.de papier. L’amplification sonore des souffles intérieurs par cet instrument rudimentaire fut une révélation pour le grand praticien. Trois ans plus tard paraissait son Traité de Vauscultation médiate.
- « L’appareil de physique », si sommaire, de Laënnec devenait pour le médecin ce que fut, plus tard, le microscope pour le physicien et, aussi, pour l’histologiste (dans son étude des tissus) et finalement pour le microbiologiste Pasteur.
- Désormais, l’« auscultation médiate » allait
- LOUIS pasteur (1822-1895) Créateur de la microbiologie avec ses conséquences fondamentales : vaccinothérapie, sérothérapie, asepsie chirurgicale.
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- utiliser, au fur et à mesure de leur apparition, tous les progrès que lui offrirait la science physique. Le stéthoscope de Laënnec, associé à un microphone, lui - même branché sur un amplificateur à triodes et puis sur un haut-parleur, s’adresse aujourd’hui à tout un auditoire d’étudiants ou à un groupe de médecins consultants. Le « phonocardiographe » ainsi réalisé laisse d’ailleurs, sur un film, la trace écrite — le graphique — des bruits qui intriguaient tant Hippocrate. Et ce graphique dispense le médecin personnellement d’avoir l’oreille fine. « L’insufiisance mitrale » du cœur ou tout autre « souille » particulier laisse place, dès lors, à une mesure dans le temps
- FIG. 1 ET 2. — L’APPAREILLAGE POUR
- l’examen piionocardiograpiiique L'auscultation (à l'oreille) de Laënnec csl remplacée ici par celle du microphone aboutissant, par un amplificateur, à un haut-parleur. Un galvanomètre. réalise également l'inscription graphique des bruits (diagramme du haut) qui corrobore l'électrocardiogramme (diagramme du bas) relevé suivant la technique représentée ci-dessous.
- (en fréquence) comme dans l’espace (en intensité).
- En sorte que, lorsque vous passez à l’examen de ees « électrocardiogrammes » obtenus par un tout autre procédé — dont nous avons montré ici même l’importance et la merveilleuse précision (1) — vous êtes contraint de vous écrier : « Mais c’est, encore et toujours, Vauscultation médiate de Laënnec, perfectionnée, visualisée... »
- Inutile d’insister sur la corrélation de l’auscultation perfectionnée de Laënnec et des signes cliniques de l’une des plus terribles maladies, non encore vaincue : la tuberculose pulmonaire. C’est à Laënnec lui-même que revient l’honneur d’avoir le
- (1) Voir La Science e la Vie, n° 237, page 107.
- FIG. 3. - COMMENT ON ENREGISTRE UN ÉLECTROCARDIOGRAMME
- On utilise les courants produits parla contraction des muscles cardiaques pour analyser leur fonctionnement. C’est le moyen le plus précis d'examen cardiologique. (Voir La Science et la Vie, n° 237, page 167.)
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- premier diagnostiqué le mal dans sa séméiologie la plus nette. Les travaux d’Empis, qui a déerit la « granulée » tuberculeuse, comme ceux de Trousseau touchant la phtisie du laripix, dérivent de l’usage du stéthoscope.
- La « radiographie » et 1’ « endoscopie », prolongements naturels de l’auscultation médiate
- Avec les « rayons de Rœntgen », les appareils d’auscultation se doublent d’auxi-
- de pose et ne montraient que l’ombre des tissus les plus minéralisés, les os. Aujourd’hui, l’on obtient des radiographies instantanées du cœur dont la pose n’excède pas 0,02 seconde. Bref, on cinématographie les mouvements du cœur par les rayons X (1). Inutile de dire que toute l’évolution de la physique moderne épaule eette réalisation.
- Mais il y a plus. L’ombre chinoise primitive obtenue par la projection des rayons X à partir de l’« anticathode » des ampoules
- GASTROSCOPIE
- Ulcère Cancer . Antre.^Gastro-entéra^omte
- » * •
- FKÎ. 4.--COMMENT ON EXAMINE DIRECTEMENT I.F.S PAROIS DK L’ESTOMAC
- En haut, la sonde gastroscopique consiste, en un tube portant à une extrémité un miroir incliné et à Vautre un oculaire. Au moi/en d'une poire. le praticien chasse les mucosités autour de l'endroit, examiné. Au-dessous, différents accidents tels qu'ils ont été aperçus et dessinés.
- Maires incomparables : les appareils de « vision directe » fies organes internes entrent en scène avec la « radioscopie » pratiquée par Rœntgen dès 1890, sur écran fluorescent. Les photographies du squelette, ou plutôt de son «ombre portée», par les rayons X furent même, aux yeux du grand publie, — et même des physiciens interloqués, — les premières manifestations tangibles des « rayons invisibles », comme on les appelait alors — des rayons X.
- Nous savons quels immenses progrès ont été réalisés. Les premières radiographies obtenues par Rœntgen exigeaient une heure
- était forcément une « projection conique », puisqu’on ne connaît pas de « lentilles convergentes » applicables aux rayons X. Cette ombre déformée était insu Misante à l’examen rationnel que désire le médecin. Les physiciens ont donc offert à celui-ci des appareils radiographiques dont le cône de projection (faisceau des rayons) très aigu, et de grande intensité, permet d'éloigner l'ampoule jusqu’à ce qu’on obtienne une projection se rapprochant des projections optiques classiques : c’est la « téléradiographie ». Aussitôt l’image de l’organe apparaît sur l’écran (1) Voir La Science, cl la Vie n° 218, page 119,
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- LA MÉDECINE AU PALAIS DE LA DÉCOUVERTE 415
- sans déformation. Mieux encore : par des méthodes stéréoscopiques
- — qui deviennent réalisables en conséquence du nouveau procédé
- — le médecin peut déplacer à sa guise le plan exact de sa vision. Il explore ainsi les poumons, par exemple, par coupes verticales successives.
- Est-ce tout? Non pas. La lumière ordinaire a été mise à contribution : de petites ampoules dites « grain de blé » ont porté
- (Compagnie Générale de Radiologie.)
- Fl fi. 5. - COMMKXT ON OHT1ENT I.A RADIO-
- GRAPHIE D’UNE COUCHE MINCE DP CORPS
- Dans cet appareil, les mouvements de la plateforme qui porte le sujet et de l'écran sont conjugués (le tube à râpons X, non représenté, restant fixe). Seule, l'image du plan de coupe reste nette. La haute tension et les mouvements sont commandés par des pédales et une chaînette.
- FIG. 0. -- UNE RADIOGRAPHIE PARTICULIÈ-
- REMENT NETTE DE TUMEUR CÉRÉBRALE
- Pour isoler la tumeur cérébrale, le praticien injecte une certaine quantité de gaz dans l'encéphale ; les tissus normaux cèdent sous la pression et s'écartent de la tumeur qui, isolée, apparaît ainsi sur le cliché radiographique.
- l’éclairage visuel à l’extrême fond des cavités corporelles. Le médecin peut, aujourd’hui, éclairer l’intérieur de la vessie et même des uretères, et, par la sonde « endoscopique » ainsi réalisée, il « voit » à l’œil nu ce qu’il était jadis obligé de deviner par signes cliniques indirects.
- La méthode endoscopique est encore plus aisément appliquée, il va sans dire, au rectum, à l’œsophage, à l’estomac. Ici, l’opération se double de prise de vues : on avale un minuscule appareil photographique qui, régurgité, rapporte six vues des parois stomacales. Un cancer en train de germer, de la grosseur d’une tête d’épingle, n’échappe pas à l’agrandissement du cliché.
- Ainsi l’« auscultation médiate » de Laënnec s’est progressivement muée en « vision médiate ». Car, observons-lc, qu’il s’agisse de radiographie ou d’endoscopie, c’est toujours l’appareil de physique qui, par ses jeux de miroir, de lcuitilles, de iluorescenee, de photo-gapliie, vient informer l’œil du médecin, tout comme le stéthoscope informait son oreille.
- De Lavoisier à Claude Bernard
- Voici maintenant le second des éclairs de génie que nous avons pris comme repère
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- <le notre étude : l’œuvre de Claude Bernard.
- Lorsque Claude Bernard découvrit cette fonction essentielle du foie qui consiste à maintenir constante la teneur du sang en « glucose », — la fonction glycogénique du foie —, il inaugurait une science réellement neuve, qui a déjà fait ici même l’objet d’un article spécial : la biochimie (1;
- Avant lui, Lavoisier avait montré que la « combustion » du carbone par fixation de
- appellent : la mesure du « métabolisme de base ». Les échanges respiratoires président, en effet, à tous les autres, sont la condition de tous les autres. Le visiteur de l’Exposition de la Médecine a pu voir ce qu’est devenu l’appareil de mesure de Lavoisier sous l’impulsion des spécialistes modernes.
- Mais si les échanges chimiques utilisés par la vie relevaient uniquement de la « ealo-rimétrie » et finalement de la thermochimie
- Mesure des gaz expirés
- y.— Gazomètre j équilibré.
- (Uoi'litte.;
- FIG. 7.-DISPOSITIF FOUR JUESUIÎKR UE « METABOLISME DE BASE »
- Le métabolisme de base est devenu l'une des données cliniques les plus instructives• Il consiste dans la mesure de l'énergie physique consommée par l'organisme à partir de l'oxygène respiré et des aliments digérés. Le sujet étant au repos, on mesure le rapport du gaz carbonique (CO2) expiré à l'oxygène (O2) inspiré. Suivant l'âge, le poids et l'état du sujet, le métabolisme varie de manière caractéristique.
- l’oxvgène de l’air (expérience du diamant brûlé en vase clos, qui fut le point de départ de la chimie moderne) devait également s’appliquer à la « respiration ». Il conclut que l’oxydation du carbone de l’organisme était la véritable source de la chaleur animale. Et, plaçant un cobaye dans un calorimètre, Lavoisier détermina (avec Laplace) la quantité de chaleur produite par ranimai mi fonction de la quantité d’acidité carbonique éliminée par l’animal. Par cette expérience princcps, Lavoisier instituait ce que les laboratoires de physiologie moderne (1) Voir La Science et Iti Vie, n° 242, page 116.
- (au sens de Berthelot), on ne comprendrait pas pourquoi nos poumons, « brûlant » du carbone, ne lancent pas des flammes. Or les échanges biochimiques se font à température relativement basse et constante chez les mammifères. Elle ne dépasse pas .‘17°5 dans la vie humaine normale.
- Le mystère de cette contradiction apparente entre les réactions purement chimiques et les réactions biochimiques est dénoué depuis longtemps par cette seule explication : la catalyse. Les échanges biologiques se font, tous sans exception, par l’intermédiaire de « catalyseurs », de « biocataly-
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- Millions de doses 7 6 5 6
- 1923 1924 I92S 1926
- 1928 1929 1930 1931 1932 1933
- FIG. 9.- 1/EMPLOI DU VACCIN CONTllE LE CIIOI.ÉRA S’EST
- PARTICULIÈREMENT DÉVELOPPÉ EN INDOCHINE La rangée de flacons ci-dessus montre la quantité utilisée de 1923 à 1933 pour combattre le choléra en Indochine. On remarquera que 1927 coïncide avec une épidémie très intense au cours de laquelle 25 millions de doses furent utilisées.
- seurs ». (Un catalyseur, en chimie, n’est autre chose qu’un agent permettant à une réaction chimique de s’accomplir à température moins élevée que celle qu’il faudrait donner, en son absence, aux corps réagissants.)
- Les « biocatalyseurs » les plus subtils, tout récemment découverts, ne sont autres — nous l’avons vu avec M. Gabriel Bertrand — que les «hormones» (1) sécrétées par les glandes endocrines de l’organisme et les « vitamines » préparées par la vie végétale dans les aliments que nous lui demandons (2). Tel est le point d’aboutissement actuel de la chimie des échanges biologiques : la sécrétion thyroïdienne, par exemple, est le biocatalyseur reconnu comme présidant à l’assimilation du calcium par les os (métabolisme du calcium). Une secrétion interne du pancréas,
- Vinsuline (découverte de Banting et Best), forme un biocatalyseur essentiel pour le métabolisme du sucre.
- Or, c’est Claude Bernard qui, le premier, a soulevé cette immense problème des échanges intérieurs en montrant la fonction que remplit le foie dans le métabolisme du sucre — fonction qu’il partage maintenant avec le pancréas. On est loin de connaître par le
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 214, page 301.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 238, page 259.
- c— Début des vaccinations
- 14 000
- 13 000
- 12 000
- 10 000
- 9 000
- FIG. 8.- LES RÉSULTATS CONCLUANTS DE LA
- VACCINATION ANTITYPHOÏDIQUE APPLIQUÉE AUX ARMÉES FRANÇAISES (1914-1918)
- Le graphique ci-dessus montre en ordonnées la morbidité (nombre de malades) typhbparaty-phoïdique dans la zone des armées françaises. L'application, en fin 1914, des vaccins antityphoparatyphique chauffé (Chantemesse-Widal) et antityphoparatyphique atténué à l'éther (Vincent.) a fait tomber la morbidité due à la typhoïde dans des proportions considérables.
- détail la fonction catalytique de toutes les hormones actuellement identifiées.
- Mais, bien avant les hormones et les vitamines, les « diastascs » sécrétées par les glandes salivaires, l’estomac, l’intestin, apparurent en tant que biocatalyseurs.
- Que ceci nous suffise à montrer la justesse de notre point de repère et pourquoi la « section » des maladies de la nutrition, des maladies de l’appareil digestif, du foie, du rein et des glandes endocrines a été placée sous l’égide de Claude Bernard.
- Le diagnostic « chimique »
- Les découvertes cliniques dont s’orne cette section sont passionnantes.
- Il est évident que toute affection pathologique qui vient troubler l’un quelconque de nos organes sécréteurs dans l’accomplissement de sa fonction naturelle dérègle ipso facto notre métabolisme. La « biochimie » de nos échanges intérieurs en est bouleversée.
- Il faut admirer l’ingéniosité avec laquelle les successeurs de Claude Bernard ont perfectionné l’exploration fonctionnelle du foie en administrant au malade des doses sucrées dont ils recueillaient ensuite les résidus dans les urines (Colrat, Bauer), afin de mesurer différentiellement la fonction glycogénique du foie. On obtient ainsi un graphique (la courbe glycémique) permettant de caractériser chaque malade.
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- FIG. 10. — ENSEMBLE DE LTXSTALLATION DU PLUS PUISSANT TUBE RADIOLOGIQUE DU MONDE A L9 HOPITAL S AI NT- B ART IT O LO ME W DE LONDRES
- Cet équipement occupe tout un corps de bâtiment et comporte, outre la salle d'opération, deux chambres de générateurs à très haute tension (600 000 V) (t chaque extrémité du tube, et une cabine de commande d'où l'opérateur surveille. par un jeu de miroirs, le traitement des patients. La cathode émettrice est constituée par six filaments portés j)ar une tête hexagonale ; Vanticathode, source de rayons X, est un disque en or refroidi par un courant d'eau.
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- LA MÉDECINE AC PALAIS DE LA DÉCOUVERTE 419
- de globules
- Hépatothcrapie
- FIG. 11. THAÏ TE M K NT RATIONNEL DE
- L’ANÉMIE PERNICIEUSE ( iiépatotiiérapie) Celle maladie consiste dans Vinsuffisance numérique des globules rouges du sang et dans rabaissement, du taux d'hémoglobine de ces globules. On fait absorber au vudade (injection ou voie buc-eule) de l'extrait de foie de veau (hépatothérapie); aussitôt le nombre de globules rouges augmente, ainsi que le taux de l'hémoglobine.
- Gilbert mesura, tout de même, la fonction de sécrétion biliaire du foie. Sa fonction urcogénique (maintien du taux normal de Vurée dans le sang), sa fonction chroma-goguc (rôle du foie dans la traversée des matières colorantes) donnent lieu semblablement à des « mesures ». Que ees exemples nous su d isent pour comprendre comment la mesure, critère de toute science selon Kelvin, est entrée désormais dans la clinique médicale. Le graphique chimique vient s’y inscrire à côté des graphiques ‘physiques indiqués plus haut.
- La circulation vasculaire du foie, intimement reliée à la circulation générale sanguine commandée par le cœur, constitue naturellement tout un compartiment spécial de l’hépatologie. En sorte que nous retrouvons ici une liaison évidente entre la physiologie des vaisseaux — dont l’auscultation pulmonaire et cardiaque constitua le premier acte de surveillance médicale — et la fonction des échanges que cette circulation a pour but d’alimenter.
- La clinique des reins, de la rate, a donné lieu à des progrès non moins scientifiques.
- Mais lorsqu’on songe que, par la sécrétion « adrénalitique » — d’ailleurs complexe — des surrénales et même par ses hormones propres, le fonctionnement cardiaque relève lui-même des sécrétions internes, on ne peut se défendre d’une sorte d’hypnose que provoque sur l’esprit le mystère qui plane, encore si profond, sur ces substances mystérieuses : les « hormones », les « vitamines » (1).,
- Et voici le nouveau champ d’action du physiologiste : le système nerveux
- C’est encore à la chimie de la substance vivante que doit logiquement aboutir l’étude
- 1) Voir La Science et la Vie, il0 238, page 259.
- physiologique de notre corps dans son organe le plus subtil : le système nerveux.
- L’aide que le physicien apporte au médecin, pour le diagnostic des troubles du système nerveux, est extrêmement mince. Les nerfs ne bougent pas, même au cours des crises épileptiques : il ne saurait être question ici, d’auscultation. Et la radiographie ne peut qu’une chose : révéler un trouble morphologique secondaire, par exemple une tumeur dans le cerveau. On injecte du gaz dans l’encéphale ; puis on radiographie : la tumeur apparaît noir sur blanc.
- Pour la moelle épinière, c’est le contraste inverse qu’on utilise. On injecte dans le long canal vertébral une petite quantité de substance opaque aux rayons X ; on la fait cheminer par inclinaison progressive du malade et la lésion apparaît blanc sur noir.
- L’analyse chimique du liquide rachidien permet, par contre, « de saisir de véritables signatures propres à telle ou telle maladie ». Ce liquide précipite, par exemple, une suspension colloïdale (de benjoin). A l’état normal, la précipitation se produit à un certain taux. Le liquide rachidien d’un syphilitique donne des précipitations à des .taux différents.
- Cette relation physico-chimique merveilleuse entre la plus terrible des maladies nerveuses (j’ai nommé la paralysie générale) et la chimie d’une « humeur » particulière constituant, entre autres, le « milieu intérieur » au sein duquel se déroide notre « vie » a donné lieu, du reste, à l'une des plus grandes découvertes thérapeutiques modernes : le traitement par l’inoculation d’une maladie auxiliaire bénigne le paludisme.
- Mais nous nous sommes volontairement interdit d’aborder aucune thérapeutique, nous contentant de montrer les relations de
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- Radiothérapie
- FIG. 12. - TRAITEMENT RATIONNEL DE LA LEUCÉMIE (RADIOTIIÉRAPIE)
- Il s'agit d'une maladie du sang par excès de globules blancs. Ici, le traitement consiste à appliquer les rayons X. Le graphique montre, en effet, que les globules qui étaient de 300 000 au cm3 tombent à 30 000 environ, ce qui est le taux normal.
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- Galerie
- médicale
- SALLE D’OPÉRATION
- STATION
- 2— STATION
- 1— STATION
- Anesthésie Préparation du malade Arrivée et sortie du malade
- Local stérilisé) (Local stérilisé) (Local non stérilisé)
- FIG. 13. --- VOICI LA PRÉSENTATION SCHÉMATIQUE D’UNE SALLE CHIRURGICALE MODERNE
- Dans un bloc opératoire moderne, on s'efforce d'éliminer tous les germes infectieux. Pour cela, le malade passe par une succession de vestibules aseptiques qui le conduisent jusqu'à la table où on l'anesthésie, pendant que le chirurgien, déjà lui-même « aseptisé », surveille cette anesthésie à travers une cloison vitrée avant de pénétrer dans la salle d'opération. Celle-ci est alimentée d'air stérilisé (climatisation) et soumise à une pression légèrement supérieure à l'atmosphère. Ainsi, aucun apport d'air ne se produit de l'extérieur à l'intérieur. L'atmosphère reste aseptique.
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- LA MÉDECINE AV PALAIS DE LA DÉCOU VERTE 421
- velopper l’œuvre médicale de Pasteur.
- On connaît la suite : les vaccins et les sérums se sont succédé, dans une création ininterrompue. On vaccine aujourd’hui préventivement contre la typhoïde, le choléra, la diphtérie, le tétanos.
- Mais les conséquences de la découverte pastorienne sont si grandes qu’il faut instituer de véritables facultés spécialisées, les Instituts Pasteur, pour en assurer le développement. En Afrique du Nord, à Tunis ; en Afrique occidentale, à Dakar ; en Afrique équatoriale ; à Madagascar ; en Indochine, les Instituts Pasteur se spécialisent dans la lutte contre les maladies infectieuses locales : le paludisme, les fièvres récurrentes, le bouton d’Orient, le typhus, le trachome, la fièvre ondulante, la peste, la maladie du sommeil sont tenus en respect. Et Calmette a pu écrire que, « sans les découvertes de Pasteur, le développement et l’émancipation des populations indigènes, la mise en valeur de leurs territoires, l’expansion colonisatrice de la France et des autres grandes nations civilisées auraient été impossibles ».
- La peste voyageait au moyen âge avec les puces portées par les rats ; la fièvre jaune nous est venue d’Amérique avec un moustique hébergé dans les premières caravelles ; le bouton d’Orient et le Ivalaazar voyagent avec d’autres insectes. Qui ne voit que l’aviation, sans l’œuvre préventive des Instituts Pasteur, pouvait être, dans un proche avenir, un moyen terrible de diffusion des maladies exotiques?
- Mais, pour en revenir aux progrès de la Médecine, la sérothérapie issue des travaux de Pasteur a mis les médecins sur la voie d’études dont le dernier mot est loin d’être dit : celles du mécanisme chimique de l’immunité. Les sécrétions microbiennes (toxines) et l’antidote que leur oppose le milieu vivant (antitoxines) constituent aujourd’hui une science en plein essor, une biochimie pathologique.
- La chirurgie moderne est née, elle aussi, avec Pasteur
- Nous ne dirons qu’un mot en manière de rappel, et par le seul souci d’être complets, des progrès de la chirurgie depuis que, grâce à Pasteur, les chirurgiens connaissent leur pire ennemi : le microbe infectieux.
- Avant Pasteur, la fièvre puerpérale était
- la terreur des maternités et la « pourriture d’hôpital » affectait toute opération d’une mortalité de 90 %. Aujourd’hui, l’antisepsie des instruments, des pansements, et l’asepsie rigoureuse du champ opératoire réduisent cette mortalité à très peu de chose. C’est Félix Terrier — le maître du professeur Gosset — qui aperçut, dès 1882, la nécessité de substituer l’asepsie à l’antisepsie. Celle-ci était due à Lister. Celle-là découlait des méthodes mêmes de travail que Pasteur utilisait pour ses études dans son laboratoire de l’Ecole Normale, où Terrier vint séjourner. C’est Terrier qui fit pénétrer 1’ « esprit bactériologique » dans les salles d’opération.
- Ce qu’est devenue présentement la salle d’opération modèle, il suilit, pour le comprendre, de voir à l’Exposition le « bloc opératoire » conçu par le professeur Lam-bret, de Lille, et qui sera monté incessamment dans la « Cité médicale » de cette ville. On peut dire (pie l’opération se déroule dans un tabernacle où les germes infectieux ne peuvent avoir aucun accès, dans une atmosphère conditionnée et surpressée, dans une lumière dont les lampes sont hors de la salle, sous les yeux d’étudiants assis autour d’une coupole vitrée hors de tout contact, même aérien, avec le champ de l’opération.
- D’autre part, comme les « anesthésiques » ont accompli de leur côté d’immenses progrès depuis 1842, date de leur introduction, comme on sait aujourd’hui appliquer à chaque patient, d’après son idiosyncrasie, un « anesthésique de fond » rigoureusement inoffensif auquel on superpose seulement le minimum d’anesthésique toxique et de toxicité minimum, bref, comme la chimie anesthésique assure aujourd’hui contre le choc traumatique ou psychique de son malade, le chirurgien dispose non plus de cinq ou dix minutes, mais d’heures entières, s’il le faut, pour réaliser son opération avec patience et minutie.
- Avec la transfusion sanguine comme suprême auxiliaire, la chirurgie, née de la « médecine » de Pasteur, touche maintenant à la perfection ou du moins s’en approche.
- Sous quelque aspect qu’on envisage la médecine moderne, on la voit comme la plus récente créature de la méthode expérimentale — la seule méthode scientifique. Celle de Laënnec, de Claude Bernard, de Pasteur. Jean Labadie.
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- LA VIE DANGEREUSE DES ETOILES
- Par L. HOULLEVIGUE
- PROFESSEUR A I,A FACULTÉ DES SCIENCES DI'. MARSEILLE
- L’apparition d'une étoile nouvelle (Nova) constitue l'un des phénomènes les plus curieux et encore aujourd’hui les plus mystérieux du ciel. On admettait, il y a quelques années encore, qu’il s’agissait soit d’une rencontre entre deux étoiles (le calcul des probabilités montre cependant. que de telles rencontres ne peuvent être qu'excessivement rares), soit de la pénétration d’un astre dans un nuage cosmique... Aujourd’hui, les astronomes admettent généralement que ce cataclysme procède, au contraire, de causes essentiellement internes. Ce phénomène marquerait donc la rupture de l'équilibre radiatif qui détermine la température et la pression aux différents niveaux de la masse gazeuse. Une «Nom» serait alors une étoile qui s'écarterait de. révolution normale des astres. En effet, dans certaines conditions assez mal déterminées, une étoile entrant dans une période d’extrême instabilité pourrait passer brusquement (dans un intervalle de quelques mois ou de quelques années, durée négligeable dans la vie d'une étoile) de l’état normal à l'état «dégénéré », c’est-à-dire èt celui de «naine blanche». Alors, la matière qui la compose, réduite aux seuls noyaux atomiques, atteindrait des densités qui nous paraissent invraisemblables comme celle de cette « naine blanche » de la constellation du Lézard dont un centimètre cube amené sur la terre pèserait 35 tonnes ! Peut-être une transmutation spontanée d'éléments légers en éléments lourds se produit-elle dans les couches centrales de l’astre ? Notre soleil, lui aussi, est èi la merci d’une semblable, catastrophe qui marquerait alors la fin brutale de notre monde, terrestre tel que nous le concevons actuellement.
- Le cours normal
- Il y a plus (le siècles dans la vie d’une étoile que de secondes dans l’existence humaine. Aussi, les événements s’y succèdent à une échelle très différente ; mais leur cours normal peut être interrompu, comme celui de notre vie, par divers accidents. Ainsi, l’attention des astronomes s'est portée vers un double objet : elle a tenté, tout d’abord, de déterminer le cours normal de la vie stellaire, avant d’étudier les transformations plus brutales qui viennent en précipiter l'évolution. On s’est formé là-dessus, et peu à peu, des idées qui reposent à la fois sur l’observation attentive des phénomènes célestes et sur les dernières acquisitions de la physique atomique. Ces représentations, maintes fois remaniées, ont pris, depuis peu, une forme nouvelle ; mais, avant de l’exposer, je suis contraint de rappeler brièvement le cours normal de l’évolution stellaire.
- 11 est représenté par la courbe de la figure 1 ; les lettres qui suivent cette courbe, d'allure parabolique, correspondent aux principales désignations de la classification de Harvard, universellement adoptée. On voit (prune étoile commence son existence visible, c’est-à-dire lumineuse, sous forme d’une
- immense bulle de gaz, extraordinairement dilué : c’est la géante rouge, dont les types bien connus sont Mira Ceti et An tarés. Puis, sous l’action de la gravitation qui attire les molécules vers le (‘entre, l’étoile se contracte, les effets étant ceux d’une compression « adiabatique », c’est-à-dire sans échange notable de chaleur avec l’extérieur ; dans ees conditions, l’étoile s’échauffe par eette compression, sa couleur vire à l'orangé, au jaune, au blanc, puis au bleu, et e’est alors qu’elle atteint le sommet de son ascension thermique, représenté au Ciel par l’éblouissant Algol ; mais ce rayonnement lui enlève de l’énergie, c’est-à-dire de la chaleur, plus (pie la compression ne lui en apporte, et l’astre, continuant à se contracter, se refroidit ; il repasse en sens inverse par les mêmes colorations, devient une étoile blanche, comme Sirius, puis jaunâtre comme notre Soleil, pour aboutir finalement à l’état de naine rouge. Il faut ajouter que eette diminution de volume s’accompagne d’une réduction de masse,«puisque tout le monde accepte aujourd’hui les idées d’Einstein sur l’équivalence de la matière et de l’énergie, d’où il résulte que le rayonnement de l’étoile s’est effectué aux dépens de sa propre substance.
- A partir de cet instant, l’étoile se dérobe
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- L'ÉVOLUTION STELLAIRE
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- FIG. 1. - GRAPHIQUE REPRÉSENTANT I.’ÉVO-
- RUTION RÉGULIÈRE Il’UNE ÉTOILE. L'étoile commence son existence visible, c'est-à-dire lumineuse, sous forme d'une immense bulle de gaz (Antarès), puis se contracte en s'échauffant. Sa couleur passe du rouge au jaune, au blanc et au bleu (Algol). Elle se refroidit, ensuite jusqu'au rouge et à l'infrarouge (astre mort).
- à notre vue, parce que son rayonnement, très diminué en quantité, se réduit à l’infrarouge ; son existence n’est plus connue de nous (jue par les perturbations qu’elle impose aux mouvements des étoiles voisines. En lait, nous ne possédons (pie des renseignements très rares sur ces astres morts, et les astronomes ne s’en occupent guère, pour l’excellente raison qu’ils ne disposent encore d’aucun moyen de les étudier.
- La première alerte : le diagramme de Russell
- Longtemps il fut admis qu’en dehors de rares exceptions la vie des étoiles se déroulait ainsi, suivant, pendant des milliards de siècles, son évolution régulière.
- Mais la connaissance du Ciel se perfectionnait lentement ; les travaux d’Adams, puis ceux d’Eddington, avaient permis de connaître les distances à la Terre de quelques centaines d’étoiles ; cette mesure, jointe à celle de la grandeur stellaire, détermine leur grandeur absolue, c’est-à-dire leur rayonnement global, en les supposant toutes ramenées à la même distance,
- 33 années de lumière ; en général, on donne la mesure de cette grandeur absolue en la rapportant à celle du Soleil, transporté lui-même fictivement à cette distance. D’ailleurs, on connaît, pour chaque astre, la température de la surface rayonnante, ou photosphère, température qui dépend de sa couleur
- ou, plus exactement, de son spectre.
- Sur ces données, Russell eut l’idée de construire le graphique que représente notre ligure 2, en portant en ordonnées les grandeurs absolues (rapportée à celle du Soleil) et en abscisses les températures correspondantes ; sur ce graphique, chaque étoile est donc représentée par un point. On y constate tout de suite que les neuf dixièmes de ees points sont alignés suivant une direction générale marquée par les lettres R R' R" ; cette direction, en forme de V renversé, représente la « grande rue » des étoiles et reproduit, sous une autre forme, la courbe évolutive de la ligure 1 qui va des géantes rouges aux naines rouges.
- D’autres étoiles, dont on savait alors peu de choses, se disséminent dans d’autres régions du graphique ; mais il existe aussi des zones interdites, où aucune étoile ne vient marquer sa position. Ces résultats, qui datent d’une vingtaine d’années, ont été largement confirmés par la suite, et e’est ce qui fait leur intérêt ; plus de six mille étoiles, appartenant à toutes les régions de la Galaxie, ont pris place sur le diagramme de Russell ; aucune d’elles n'a pénétré dans les zones interdites. Il semble donc (pie ces régions correspondent à des états d'équilibré instable, qui ne sauraient exister un instant sans qu’intervicnne une catastrophe stellaire, amenant un nouvel état d’équilibre.
- Or, on connaît assez bien les conditions réalisées par les étoiles durant leur vie normale ; ce sont celles de l'équilibre radiatif :
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- FIG. 2. -- RÉPARTITION UES ÉTOILES D’APRÈS RUSSELL
- Chaque étoile y est déterminée par son abscisse (température) et son ordonnée (rayonnement, ou grandeur, rapporté, à celui du Soleil). On reconnaît en R R’ R” la courbe (couchée) de la figure 1 ; c'est la « grande rue » des étoiles.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- la densité et la température croissent, par couches sphériques concentriques, à mesure qu’on s’enfonce de la surface jusqu’au centre; ainsi, la température du Soleil croît, depuis G 000°, sur la photosphère, jusqu’à 30 millions de degrés, tandis (pie la pression passe de 1 dix-millième de nos atmosphères terrestres, jusqu’à quelque 500 millions d’atmosphères, et chacune de ces couches superposées est maintenue en équilibre, comme l’indique la figure 4, sous l’action de trois forces ; la première, centripète, est son propre poids, et les deux autres, centrifuges, sont: l’élasticité des couches situées au - dessous et la pression de radiation, due au rayonnement qui traverse la masse gazeuse l’intérieur l’extérieur.
- C’est cet équilibre qui détermine la tempé-rature et la densité à chaque niveau ; on obtient ainsi une loi de répartition dont l’étoile ne saurait s’écarter sans qu’ad viennent des catastrophes.
- A côté de ce type normal, le Ciel nous présente la matière stellaire sous une autre forme : c’est celle que présentent les naines blanches, ainsi nommées parce que, malgré leur température élevée, elles rayonnent peu,
- ce qui exige que leurs dimensions soient restreintes ; autrement dit, leur grandeur absolue est très faible : c’est pour cela que, dans le diagramme de Russell, elles occupent le coin inférieur gauche.
- On en connaît aujourd’hui quelques centaines ; plusieurs ont pu être étudiées av<^c précision : ce sont celles qui, associées à une autre étoile, forment un système binaire ; dans ce cas, en effet, l’étude des perturbations mutuelles que s’infligent ces deux astres permet de cal-culer leurs masses ; comme, d’autre part, leur rayonnement dépend de leur température et est proportionnel à leur surface, on peut, connaissant le rayonnement et la température (liée à la couleur), en déduire la surface de l’étoile supposée sphérique, d’où on déduit s o n rayon et son volume ; en divisant la masse par le volume, on obtient la densité. Cette méthode fut appliquée d’abord au compagnon de Sirius (fîg. 5), qu’on juge obscur par comparaison avec l’astre principal, 10 000 fois plus éclatant ; mais cette obscurité,, toute relative, ne tient pas à sa température qui, d’après sa classe spectrale, est
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- Fie;. 3. - I.KS SIX SPKCTIÎKS TYPES QUI PERMETTENT
- I.E CLASSEMENT DUS ÉTOILES DANS I.F.S CATÉGORIES
- uknkrai.es B, A, F, G, Iv et M On voit que ces spectres présentent entre eux des différences très accusées, ce qui rend plus facile et plus précis le classement des étoiles que la distinction habituelle en étoiles bleues, blanches, jaunes et rouges. D'après l'intensité de certaines raies, on établit une classification plus serrée. De haut en bas, la température, des étoiles (ou plutôt de leurs couches supérieures) décroît, de 30 000° environ à 3 000°. Le spectre de la classe H est celui d'ii Alnitam » d'Orion ; celui de la classe A est celui de Sirius; pour la classe F, on a choisi « Canopus »; pour G, « Capclla »; pour K, « Arcturus », et pour M, « Bételgeuse ». Tous ces spectres s'étendent ici du violet au vert et on y distingue les raies d'un-grand nombre, d'éléments. Notre Soleil donne un spectre analogue à celui de « Capella », du type. G.
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- L'ÉVOLUTION STELLAIRE
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- voisine de 8 000°, done supérieure à celle du Soleil ; elle tient à l’exiguïté de ses dimensions, son rayon étant voisin de 20 000 km, donc 05 l'ois moindre que celui du Soleil, ce qui l'ait que la surface rayonnante est 1 200 fois plus petite ; son volume est alors 43 000 fois moindre que celui de notre Grand Luminaire, et pourtant sa masse est à peine moindre : elle vaut exactement les 85 centièmes de celle du Soleil ; la densité du compagnon de Sirius doit donc être très supérieure à la densité moyenne solaire, qui vaut 1,41 ; faisant le calcul, on trouve un nombre voisin de 53 000, ce qui veut dire que 1 cm3 de cette substance, ramené sur notre globe, n’y pèserait pas moins de 53 kg !
- Considéré d’abord comme invraisemblable,
- ce résultat avait, cependant, reçu une confirmation inattendue : les théories relativistes conduisent à admettre que la lumière, lorsqu’elle passe au voisinage d’une masse pesante (ou, comme on dit, dans un champ de gravitation), subit une modification qui déplace légèrement sa longueur d’onde vers le rouge ; or ce déplacement a été constaté en 1925 par W.-S. Adams, au télescope du mont Wilson, et on a pu en déduire, pour la densité du compagnon de Sirius, un nombre très voisin de celui auquel on était parvenu précédemment.
- Cet exemple n’est pas isolé, bien qu’il soit assez exceptionnel qu’on puisse mesurer à la fois la masse et le volume d’une étoile ; mais le record de la densité paraît appartenir à une naine blanche de la constellation du Lézard, étudiée en 1934 par Ivuipcr : bien que son rayon soit seulement la moitié de rayon terrestre, elle pèse 3 fois plus que le Soleil, ce qui met sa densité au chiffre fantastique de 35 millions ! Un centimètre cube de cette étrange matière pèserait donc 35 tonnes.
- De semblabes résultats nous sembleraient absurdes si les physiciens ne nous avaient appris qu’ils étaient, au moins théoriquement, concevables. L’atome, tel que nous le connaissons sur la Terre, est un grand espace vide ; la matière est concentrée dans
- oc. Canis Majoris
- Sirius)
- Compagnon
- de Sirius
- FI Ci. 5. - LF. SYSTÈME FIXAI RF. FO 1{ MF
- PAR SIRIUS ET SON COMPAGNON Le compagnon de Sirius paraît obscur, car il est 10 000 fois moins éclatant que l'astre lui-même. Cependant, sa température, de SOOOo, est supérieure à celle du Soleil, tandis que son volume est 43 000 fois moindre que celui du Soleil. La densité du Compagnon de Sirius est de 53 000 !
- le noyau, qui ne tient pas plus de place qu’une mouche dans une cathédrale ; autour de ce noyau circulent, il est vrai, des électrons planétaires, dont chacun n’est guère plus volumineux, et qui peuvent être expulsés, en commençant par les plus extérieurs, qui sont moins solidement attachés au noyau : c’est le phénomène bien connu de l’ionisation ; mais on peut concevoir une élimination totale de ces électrons planétaires, qui réduirait l’atome à son noyau ; la matière, ainsi parvenue à l’état « dégénéré », resterait gazeuse, à cause de la répulsion naturelle des noyaux tous électrisés positivement, c’est-à-dire qu’elle serait plus compressible que les solides et les liquides auxquels nous avons affaire à la surface de notre globe ; sous l’action des pressions formidables qui régnent dans la profondeur des astres, cette matière pourrait donc se réduire en volume
- N. Aquilae N. Perse! Geminorum N. Cygni —- N Lacertae
- -10 0 10 20304050 6080
- Jours après le maximum
- COURBES DES VARIATIONS DES
- GRANDEURS STEI.I.AIRES DE CINQ NOV/K L'astre augmente brusquement d'éclat et atteint son maximum en quelques jours ; il n'est pas rare qu'il gagne ainsi 10 magnitudes, c'est-à-dire que son éclat devienne 10 000 fois plus grand. Ensuite, sa grandeur apparente diminue lentement et par saccades, pendant plusieurs mois.
- FIG. 4. --- ÉQUILIBRE « RA-
- DIATIF » d’une étoile L ' astre demeure en équilibre sous l'action combinée de sa gravité, de son élasticité et de la pression de radiation.
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- et s’accroître en densité presque au delà de tonte limite (1 ). Tel est, du moins, le point de vue des physiciens,-mais je dois ajouter que cette vue de l’esprit n’a été confirmée, au laboratoire, par aucune expérience directe ; on ne saurait s’étonner que l'homme soit impuissant à atteindre les températures et les pressions (pii existent dans les étoiles ; mais on ne voit pas d’autre explication possible des étranges propriétés manifestées par les naines blanches.
- La catastrophe
- Ainsi l’observation nous a fait reconnaître, dans le monde stellaire, l’existence de deux états : l'état -normal et l’état dégénéré. On peut imaginer que ces deux types d’étoiles sont nés et ont évolué séparément, comme deux mondes distincts. Une hypothèse plus séduisante a été formulée par Milne ; elle admet (pie l’état dégénéré résulte d’une transformation brutale des étoiles normales ; ec phénomène serait précisément celui auquel nous assistons lors de l’apparition des étoiles nouvelles, ou Novœ. J’ai déjà consacré une étude à ce troublant phénomène (2), et indiqué les explications (pii en avaient été successivement proposées ; toutes, jusqu’ici, attribuaient l’apparition des Novæ à une cause extérieure à l’étoile elle-même, rencontre avec une autre étoile ou pénétration dans un nuage cosmique. Pour Milne, et la plupart des astronomes d’aujourd’hui, ce cataclysme procède, au contraire, de causes internes ; il se produit lorsque, au cours de son évolution, l’étoile pénètre dans la zone interdite ; l'équilibre radiatif (pii soutient ses
- (1) On lient se demander, cependant, comment cette matière réduite aux noyaux peut être lumineuse, puisque la lumière s’explique par les mouvements des électrons planétaires.
- (2) Voir La Science et ta Vie, n° 211, liage 27ô.
- FIG. 7.
- COMMENT I.E DEDOUBLEMENT
- D’UNE IC TOI I.K PEUT ÊTRE EXPLIQUÉ PAlt LA CONTRACTION* D1C I,’aSTRE
- Vue masse M est lancée de façon que le fil qui la retient s'enroule autour du treuil T. Au fur et à mesure que. la longueur du fil diminue, la vitesse, angulaire s'accroît ainsi que la force centrifuge f. l)e même, la contraction d'un astre accélère sa vitesse de rotation et peut amener son dédoublement.
- FIG. 8. - PRINCIPE DE I.A DÉCOUVERTE DU
- DÉDOUBLEMENT Il’UN SYSTÈME BINAIRE Le si/stème AA’ tourne autour de son centre de. gravité G. Lorsque A s'approche de la Terre T, ses radiations virent au bleu, tandis que celles de A’, qui s'éloigne de T, se décalent en sens inverse. Si A et A' ont le meme spectre, les raies paraissent dédoublées, alors qu'elles se recouvrent pour la position B B’.
- couches concentriques devient alors impossible, et l’astre est contraint à trouver une autre figure d’équilibre. Pour M. Jean Perrin, cette révolution pourrait se produire lorsque, à l’occasion des conflits atomiques, un noyau sorti de son atome viendrait s’unir à d’autres noyaux pour former un atome plus lourd ; il se produirait, de ce fait, un grand dégagement local d’énergie et l’explosion s’étendrait, de proche en proche, à l’astre tout entier, comme dans une poudrière où un grain de poudre s’est enflammé par hasard. Ainsi, toutes les étoiles seraient à la merci d’une catastrophe possible ; notre Soleil pourrait aussi bien y passer quelque jour, et cet événement marquerait, subsidiairement, la fin brutale de notre humanité.
- S’il est vrai, comme Milne le suppose, que l’apparition des Novæ marque la rupture de l’équilibre radiatif, voici comment les choses peuvent se passer. Cette rupture doit se produire, de préférence, dans les régions profondes, où la température est plus élevée et l’équilibre plus tendu ; sous l’action des énormes surpressions produites, l’astre se gonfle et, comme il est à l’état gazeux, son volume s’accroît d’heure en heure ; sa lumière ne change pas de couleur, ce qui prouve que sa surface extérieure, d’où émanent ces radiations, n’a pas été atteinte par la catastrophe des profondeurs, mais l’intensité de cette lumière s’accroît prodigieusement, comme si cette surface était devenue des milliers de fois plus grande.
- Le premier stade est rapidement achevé ; au bout de quelques jours, l’éclat de l’étoile diminue lentement, et par saccades, durant plusieurs mois ; mais, en même temps, sa couleur est devenue plus blanche, plus riche en violet et en ultraviolet, c’est-à-dire
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- que la température s’est accrue ; elle évolue peu à peu vers l’état de nébuleuse planétaire, c’est-à-dire qu’elle prend l’aspect d’un point brillant entouré d’une nébulosité diffuse. Cette transformation s’accompagne d’ime progression extraordinairement rapide du nuage cosmique rejeté par l’étoile : en observant la Nova de Persée, de 1901, Max Wolf, puis Ritchey constatèrent, et purent même photographier le déplacement de cette nuée, qui semblait s’effectuer avec une vitesse presque égale à celle de la lumière.
- Nous pouvons traduire ces phénomènes, dans l’hypothèse de Milne, en admettant que l’effondrement brutal de l’étoile, libérant tout ou partie des électrons planétaires, a entraîné avec eux une partie de la masse gazeuse, de telle sorte que la nébulosité photographiée par Ritchey serait constituée par un mélange, d’ailleurs très raréfié, d’atomes gazeux avec un grand excès d’électrons libres; et ce qui reste au centre de cette nébuleuse est un comprimé de noyaux atomiques, porté à une température élevée ; tin jour viendra où la nébuleuse planétaire, libérée de son cocon, sera devenue une naine blanche. Cette hypothèse évolutive s’accorde bien avec les faits connus ; mais nous ignorons encore tant de choses sur les événements célestes qu’il serait imprudent de la tenir pour définitive ; c’est seulement une « hypothèse de travail » qui aura maintenant à subir le redoutable contrôle des observations.
- Un dernier épisode : le dédoublement stellaire
- Parfois, l’aventure ne s’arrête pas là : en mai 1925, une belle Nova apparaissait dans la constellation du Peintre ; après avoir atteint, le 9 juin, la première grandeur, elle rétrograda jusqu’à la dixième et devint une petite étoile blanche visible seulement à la lunette ; en 1928, on s’aperçut qu’elle s'était dédoublée ; en 1929, elle était devenue triple, et, aujourd’hui, elle est quadruple. De même, la Nova Ilereulis, apparue en 1984, se divisa en 1935 en deux composantes inégales, (pii s’éloignèrent rapidement l'une de l'autre : au début, leur distance était égale à 70 fois le diamètre de l’orbite terrestre ; en 1930, elle dépassait le centuple de ce diamètre.
- Ce nouvel avatar s’explique sans diflieulté par l’accélération de la vitesse de rotation causée elle-même par la contraction brusque de l’astre. L’étoile possède une certaine énergie de rotation, qui se conserve nécessairement dans ses transformations successives ; or, la mécanique nous apprend que
- cette énergie dépend de deux facteurs, dont l’un est la vitesse et l’autre le « moment d’inertie », grandeur purement géométrique, qui dépend elle-même de l’éloignement des masses tournantes par rapport à l’axe : un volant possède un grand moment d’inertie parce que sa masse est répartie sur son pourtour ; si elle était concentrée le long de l’axe, le moment se réduirait à presque rien. Si donc l’un des facteurs de l’énergie de rotation vient à diminuer, l’autre devra s’accroître par compensation, et une expérience très simple permettra à chacun de vérifier l’exactitude (le cette proposition : on lance un poids M attaché à un lil (fig. 7) de telle façon que, par sa rotation, le fil s’enroule sur un tambour T ; à mesure (pie la rotation s’effectue, le poids se rapproche de l’axe, son moment d’inertie diminue et, par compensation, sa vitesse angulaire s’accroît, c’est-à-dire qu’il fait plus de tours dans le même temps ; simultanément, la force centrifuge s’accroît, et le fil finirait par se rompre si sa résistance se trouvait insuffisante.
- Dès lors, il est aisé d’imaginer ce qui a pu se passer après l’explosion des Novæ, dont je parlais plus haut : en expulsant leurs électrons avec, peut-être, une partie de leurs gaz, elles n’ont perdu qu’une petite partie de leurs masses ; le résidu, formé principalement de noyaux, s’est concentré le long de l’axe, et le rayon s'est réduit à peu près au centième ; le moment d’inertie, (pii est proportionnel au carré de ce rayon, est donc devenu 10 000 fois plus faible ; la vitesse angulaire, qui entre également par son carré dans l’expression de l’énergie, est devenue 100 fois plus grande, et la force centrifuge s'est accrue dans le même rapport. Comme cette force agit sur une matière à l’état gazeux, elle n’a même pas eu besoin de la briser ; l’étoile s’est modelée d'après les forces agissantes, la gravitation et la force centrifuge ; l’action de cette dernière, devenue prépondérante, a déterminé des transformations dont Ilenri Poincaré a précisé, par le calcul, les termes successifs : d’abord ellipsoïde, de plus en plus allongé, se transformant ensuite en ovale dont le petit bout se sépare peu à peu du restant par un étranglement, qui finit par se rompre ; la scission est alors achevée, et la résistance du milieu extérieur, freinant peu à peu le mouvement, a pour effet d’éloigner les deux astres l’un de l’autre. Ceux-ci, lorsque leur mouvement de rotation est trop rapide, peuvent se briser à leur tour; l’étoile primitive est devenue successivement double, triple, quadruple, et la division peut même être poussée plus
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- loin : Castor et Thêta d’Orion sont des étoiles sextuples.
- Nous tenons là, probablement, l’explication du phénomène, constaté pour plusieurs Novæ.Mais il ne semble jais leur être réservé : le Ciel, en effet., est rempli d’étoiles doubles, ou même multiples, liées par la gravitation et tournant en orbes elliptiques autour de leur centre de gravité commun ; la binette et le télescope ont réussi à dédoubler plus
- qu’elle se rapproche ou s’éloigne de l’observateur. Soit, dès lors, un système binaire tournant autour de son centre de gravité G (tig. 8) ; lorsque les deux astres sont dans les positions A et A\ A s’approche de la Terre et ses radiations virent au bleu, tandis que A' s’en éloigne, et ses raies spectrales sont décalées en sens inverse ; si donc A et A’ ont même spectre, les raies paraîtront dédoublées ; elles se recouvriront, au con-
- nu. 1). IMIOTOUHAl’HIK l)K « NOVA 1IKRCUI.IS » PRISK, T.K 7 .JANVIKR 1935, PAH M. DK
- KKROI.YR, A J,A STATION D'aSTROPIIVSIQUK OK KOKCAI.QUIKR (iIAI'TK-PROVKNCK)
- Cette pholograj)hie, qui représente, agrandie J3 fois, l'image originale obtenue, correspond à celle que l'on obtiendrait au foi/er d'une lunette de 63 m de longueur. Aujourd'hui, Nova Ilerculis a considérablement diminué et n'est plus que de l'ordre de grandeur des plus grosses étoiles qui l'entourent sur ce cliché. Ajoutons qu'au cours du cataclijsme, elle s'est coupée en deux, de sorte
- tpi'elle apparaét maintenant comme étoile double.
- de 20 000 étoiles, qui paraissent simples à l’œil nu, et, pour plusieurscentaines(qui sont les plus rapprochées de nous), on a pu déterminer les éléments de leur orbite. Quant aux étoiles plus éloignées, mais cependant assez, lumineuses, on a réussi à en dédoubler un grand nombre par l'emploi du spectroseope ; c’est Pickcring, le premier, qui appliqua cette méthode à l’étoile Mi/.ar, de la Grande Ourse, en constatant que les raies spectrales se dédoublaient périodiquement tous les vingt jours et demi : et il en donna l’explication en s'appuyant, sur l'effet Doppler-Fizeau, d'après lequel la longueur d’onde des radiations émises par une source est décalée vers le bleu ou vers le rouge, suivant
- traire, en Ii et II', où les vitesses radiales des deux astres sont milles.
- Par cette nouvelle méthode, on a pu encore dédoubler des milliers d’étoiles situées dans toutes les régions de la Galaxie ; 10 % de ees systèmes complexes sont même formés par des étoiles triples, ou multiples : la plus connue des étoiles, la Polaire, est quadruple. Il arrive parfois (c'est le cas de Mizar, cité tout à l'heure) que les deux composantes du système binaire soient identiques en masse, comme égales en température, l'ensemble formant l’équivalent de ce qu’est, dans le monde infiniment petit des atomes, une molécule diatomique d’hydrogène, d’azote ou d’oxygène. Mais, le plus souvent, ces deux
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- composantes sont différentes : le compagnon de Sirius est 3 fois moins pesant que l’étoile principale et 11 000 fois moins lumineux ; Mira Ceti se compose d’une géante rouge, 400 fois plus large que le Soleil, accompagnée d’une naine blanche dont le diamètre est 10 000 fois moindre ; le cas n’est pas rare où une étoile « normale » est flanquée d’un compagnon « dégénéré » ; e’est là une des plus troublantes énigmes du Ciel étoilé.
- Ce que nous savons, en tout cas, e’est que, en réalité, les étoiles sont très fréquemment des systèmes complexes ; sir James Jeans constate que, sur douze étoiles d’éclat supérieur à la première grandeur, sept sont doubles : Capella, Sirivis, Alpha du Centaure, Proeyon, Rigel, Bételgeuse et Altaïr ; que sur les quinze étoiles de la Grande Ourse, neuf sont doubles ; et il conclut que les systèmes binaires et multiples doivent former au moins la moitié des étoiles de la Galaxie.
- En présence de ces résultats, on a été contraint à rejeter l’ancienne hypothèse d’après laquelle les systèmes binaires résulteraient de la capture d’une étoile par une autre passant à proximité ; le calcul des probabilités montre que de telles rencontres doivent être exceptionnelles, et n’ont pu créer, dans tout le firmament, plus d’une vingtaine d’étoiles
- doubles. Il faut donc admettre un mécanisme de dédoublement pareil à celui qui nous a expliqué la séparation de certaines Novæ; on a supposé que toutes les étoiles du firmament n’étaient, en fait, que d'anciennes Novæ, et leur dédoublement s’expliquerait comme celui de Nova Pietoris ou de Nova Hereulis ; cette hypothèse paraît aujourd’hui abandonnée ; mais, même s'il n’en est pas ainsi, nous avons vu que, dans leur évolution normale, les astres géants se concentraient progressivement ; leur vitesse de rotation doit donc s’accélérer et l'accroissement de la force centrifuge a pu déterminer la division de la masse gazeuse ; le mécanisme serait le même que pour les Novæ, mais il aurait fonctionné moins brutalement.
- Assurément, toutes ces explications sont problématiques ; mais nous les préférons encore au néant, et à une confession d'ignorance ; ainsi, nous pouvons prendre à notre compte les paroles que Jean-Jacques Rousseau met dans la bouche du vicaire savoyard : « Le doute sur les choses qu’il nous importe de connaître est un état trop violent pour l’esprit humain ; il n’y résiste pas longtemps, il se décide malgré lui de manière ou d’autre, et il aime mieux se tromper (pic de ne rien croire. » L. IIouli.kviguf..
- Après huit mois de l’exercice 1937, le déficit de la balance commerciale de la France s’élève à près de 12 milliards, contre à peu près la moitié en 1936 pour la même période. D’autre part, nos achats à l’étranger, évalués en poids, se sont accrus de 7 443 000 t, alors que nos exportations augmentaient seulement de 713 000 t (soit 1 par rapport à 10). Nous vendons une fois plus, mais nous achetons dix fois plus qu'auparavant. Rien que pour le charbon, nos importations ont dépassé 20 milliards de t contre 14,3 en 1936 pendant le même laps de temps, et ceci n’est pas sans contribuer à l’accroissement de déficit de notre balance des comptes. Il ne faut pas perdre de vue que si, en huit mois, la France a dû payer au dehors environ 12 milliards de plus qu’elle ne reçoit, ce sont 12 milliards qui sont définitivement perdus pour notre réserve métallique de la Banque de France (ou pour le stock de devises existant au Fonds d’égalisation). Dans ces conditons, quand on parle de capitaux exportés à l’étranger, il faut se souvenir que, de par notre mauvaise situation économique, nous avons dû « sortir » près de 12 milliards d’or en huit mois, qui n’ont rien à voir avec les manoeuvres spéculatives des « déserteurs » du franc. A ce train, en 1937, la réserve de l’Institut d’Emission aura sans doute transféré en douze mois environ 17 milliards d’or et, actuellement, elle ne possède que 56 milliards à peine, soit 37 milliards évalués en francs de 1928 (réserve d’or considérée jadis comme indispensable en cas de guerre et qui ne devait pas descendre au-dessous de 50 milliards (francs de 1928). Dans le cas où notre balance commerciale ne s’améliorerait pas, il est aisé de calculer le temps qui serait nécessaire pour « épuiser » notre réserve en métal précieux (1) ! « Exporter ou faire faillite », a écrit M. Emile Roche, le 26 octobre dernier !
- (1) Pour que nous ne sortions pas d’or, il faudrait que la balance active des comptes soit au moins égale à la balance passive commerciale.
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- LE RENDEMENT DE LA VOIX HUMAINE
- est, lui Aussi, amélioré
- PAR LA SCIENCE EXPÉRIMENTALE
- Par Victor JOUGLA
- C'est à l'abbé Pousselot, professeur au Collège de France, que nous devons, pour une large part, la phonétique expérimentale, cette science relevant de la physique des sons « verbaux ». Dès 1885, il JH appel à l'inscript ion graphique sur cyclindre enregistreur pour obtenir une analyse détaillée de toutes les données expérimentales concernant le fonctionnement des organes vocaux lors de l'émission des sons articulés (phonèmes). Aujourd'hui, le phonographe, le film parlant, l'oscillographe cathodique, le spectro-fréquencemètrc fournissent des graphiques d'une précision extrême. On met ainsi en évidence la complexité et la diversité de la répartition des f réquences correspondant èi un phonème suivant l'individu qui le profère et même, pour un même individu, d'un instant à l'autre. C'est ce caractère de ne ressembler à aucun instrument d'acoustique physique qui confère essentiellement à l'organe vocal humain ses qualités d'expression et de nuances. En partant de ce point de vue, les savants ont entrepris l'étude scientifique du langage qui intéresse aussi bien le physiologue que le linguiste ou le phonéticien. Le Congrès de la Coix, qui s'est réuni en 1937 à Paris, a mis en évidence toute l'importance que présente l'étude rationnelle du mécanisme d'émission des sons articulés en vue de donner à la voix son plein rendement sonore et cela grâce l'élimination des positions défectueuses des organes. C'est de ces défauts que proviennent en particulier les accents et « provincialismes » dont la caractéristique principale est précisément d'abaisser le rendement phonétique. Les arts phoniques gagneront à utiliser les enseignements de la science phonétique cl, puisque nous avons maintenant un Musée de la I ’oix (parole et chant), la qualité de la discologie qui Valimente y gagnera grâce aux lois scientifiques qui doivent conditionner tout enregistrement lisant èi la perfection.
- « La voix humaine, problème insoluble », a écrit le physiologue Riehat.
- C'e mot d'un grand savant du dernier siècle subirait à justilier la convocation, à Paris, à l'occasion de l'Exposition 1987, d'un Congrès universel de la Voix, sous la présidence de l'éminent spécialiste français le docteur A. Wicart.
- ("est que le problème de la voix — non pas « insoluble », n’en déplaise à liichat, mais très dillicile — se pose de nos jours avec, une acuité d’ordre franchement pratique. Il n’est pas besoin d'une grande attention pour observer que la langue parlée envahit le monde qu'à la vérité elle a toujours conduit, malgré l'imprimerie qui prétendait vainement l'éclipser. LTn discours, en politique, eut toujours plus d’ellicacité qu’un livre. Mais, aujourd’hui, la puissance vocale se trouve amplifiée, magnifiée. La voix prend sa revanche sur l’écrit : elle envahit le monde sur tous les plans. Physiquement par radiodiffusion et par téléphone ; moralement par l’obsession des informations parlées ; politiquement par les harangues des chefs
- d’Etat, dont la diplomatie se déroule à nouveau, comme au temps de Périclès, sur la place publique. Seulement, grâce à la radio, l'agora coïncide désormais avec la totalité du globe. Et quand le président Roosevelt désire, par exemple, faire savoir à MM. Hitler et Mussolini ce qu’il pense de leurs manifestations oratoires concertées, il fait lui-même un discours à Chicago — un discours à l’usage des cinq continents.
- Or, le succès de l'opération dépend de la science avec laquelle l'orateur fait vibrer le « micro ». Et pour obtenir (pie le micro sonne bien sous sa « voix » (dont il amplifie les défauts, beaucoup plus que les qualités, à une échelle colossale), l’orateur n’a d’autre ressource (pie de parler, qualitativement, à la perfection. Il peut, s’en remettre à l’ingénieur du son pour régler l'intensité de l’émission sonore, et voiler au besoin certains parasites, mais pour la « qualité » de l’émission proprement dite, l’orateur — le « producteur », comme disent les techniciens ne doit compter (pie sur lui-même.
- La qualité de la voix humaine équivaut
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- LA SCIENCE DE LA VOIX HUMAINE
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- Fl(i. 1.--L'APPAREIL DE ROUSSEI.OT POUR i/ÉTUDE DUS SONS ARTICULÉS
- Cet appareil permet d'enregistrer jusqu'à six phénomènes distincts concernant rémission d'un « phonème » donné. C'est ainsi que le souffle du nez est distingué de celui de la bouche. En outre, on inscrit les vibrations du larynx, de la bouche, du nez et celles d'un diapason pour la mesure du temps.
- donc actuellement à une véritable force, nullement allégorique mais réelle, et que l’on pourrait mesurer par le nombre et les réactions des auditeurs. Paseal a écrit que si le nez de Cléopâtre eût été plus long la face du monde eût été changée ; mais qu’eût-il dit d’analogue à propos de la voix d’un Mussolini, d’un Hitler, laquelle n’intéresse pas seulement un partenaire (comme le nez de Cléopâtre n’intéressait qu’Antoine), mais bien des millions d’hommes? Quels rôles aurait pu remplir un Briand s’il n’avait été muni de sa fameuse voix de « violoncelle »?
- Sans elle, aurait-il pu constituer neuf ministères?... Et Jaurès, qu’eût-il été sans son organe vocal et son habileté prodigieuse à s’en servir? Et son adversaire Clemenceau?..
- Sur un plan social plus intime, avez-vous pareillement songé à l’importance des conversations téléphoniques? De plus en plus, celles-ci suppléent à la lettre et meme au télégramme. Or, deux interlocuteurs reliés par ül ne se connaissent (pie par leur diction et leurs intonations. Ils luttent de tous leurs moyens vocaux pour se persuader mutuellement, pour adoucir ou accentuer
- Bouche
- Nez
- grande (mot isolé)
- Bouche. Ne 2 .
- ma cousine germaine..
- FIG. 2. -DEUX EXEMPI.ES «'ENREGISTREMENT AU MOYEN DU TAMBOUR DE I.’aBBÉ ROUSSEI.OT
- MONTRANT I.'INFLUENCE DU NEZ ET DE LA BOUCHE SUR I.’aRT1CUI,ATION DES SONS
- On aperçoit combien il est aisé, sur ces enregistrements, de déceler et de mesurer (en amplitude) une mauvaise prononciation. La nasalité donnée par le sujet à l'émission de « and », dans le mot « grande », s'est enregistrée par la forte vibration que l'on aperçoit ci-dessus au dessous de la lettre d.
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- le sens grammatical de leurs paroles.
- Ainsi posé de façon rapide (et sans même insister particulièrement sur son côté artistique, qui va de soi), le problème de la voix humaine ne semble plus devoir être abandonné au hasard, à l’empirisme. Les Spécialistes ne pensent plus aujourd’hui comme pensait Bichat. Ils ont abordé résolument l’étude véritablement scientifique de la voix.
- Cette étude se résume aujourd’hui en deux sortes de travaux, bien dis-t i n c t s : c eux des « phonéticiens » et ceux des « physiologistes ».
- Nous allons e n p r e n d r e une idée.
- La phonéti-que expérimentale des « linguistes »
- La « phonétique expérimentale » est une science qui ligure maintenant dans toutes les universités. On pourrait l’intituler :
- « la physique de la voix. »
- C’est à l’abbé Roussclot, professeur au Collège de France, mort en décembre 1924, qu’il faut reconnaître l'honneur d'avoir fondé la phonétique expérimentale. L'abbé Rousse-lot était «linguiste professionnel», lorsqu'il entendit certain jour, en 1809, dans la Creuse, un ouvrier maçon prononcer en son patois des « phonèmes » singulièrement éclairants pour le rattachement du latin au français auquel s’essayait le jeune savant. A partir de cet instant, Rousselot estime que la phonétique étude physique des sons verbaux -- « doit prendre pour base non des textes morts, mais l'homme l'ivant et parlant ».
- En 188;», date à laquelle l’abbé Rousselot prit contact avec Marev, le phonographe
- n’existait pas encore. Aussi le savant linguiste dut-il établir pour son usage un cylindre enregistreur sur lequel s’inscrivaient, au stylet, six données expérimentales, concomitantes de l’émission d’un son articulé (phonème). Les mouvements respiratoires, les vibrations du larynx, les résonances de la bouche, les résonances du nez et la mesure du temps (par un diapason de fréquence 200) s’inscrivaient en graphiques.
- Vingt ans d’études effectuées par ces méthodes permirent à l’abbé Rousselot de produire, en 1890, sa thèse célèbre ; Les modifications phonétiques du langage, étudiées dans une famille de Cel-lefrouiu ( Charente). Ce titre concret montre a s s e z q u e le jeune auteur introduisait enfin, dans la science du langage, l’expérience prise dans sa forme la plus spécifique. « Enfin, s’écriait Michel Bréal, la phonétique, grâce à cette direc-tiontoute scientifique, va noter des faits au lieu de noter des principes à priori. On cessera de faire de la Phonétique à vide... Dans une vingtaine d’années, nos successeurs s’étonneront quand on leur dira qu’il y eut un temps où l’on en raisonnait, où on l’enseignait sans instruments et sans laboratoire. » Le quart de siècle que Michel Bréal assignait à notre étonnement est dépassé du double. Or, déjà, du temps de l’abbé Rousselot, les parlers de toutes les parties du monde avaient été confrontés. C’est ainsi que les phonéticiens-linguistes ont rencontré chez les Aïnos des îles Aléouticnnes des phonations analogues aux « muettes non
- FUi. 3. — ANALYSE I)’UN SON COMPLEXE A I/AIDE DES RÉSONATEURS SPHERIQUES DE 1IEI.MOLTZ
- Va tube flexible met en relation chaque sphère avec une capsule manoinétrique qui règle l'étranglement d'un tube de gaz d'éclairage. Un miroir tournant décèle les oscillations de la flamme•
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- aspirées » de l’antiquité greeque ! Le malgache a montré des recoupements avec le français ! etc.
- La « phonétique expérimentale » ainsi entendue est donc réellement devenue l’étude des langues « vivantes », — car c’est la parole, non l’écriture, qui constitue la vie d’une langue. Et la continuation de ees études linguistiques comparées justifie la création du « Musée de la Parole » et de sa « phonothèque » oii les spécialistes retrouvent à leur gré, imprimés sur disques, tous les parlers de l’univers.
- L’instrument vocal échappe à la physique exacte
- Mais, vue de ce biais, la phonétique était guettée par une embûche, dans laquelle elle n’a pas manqué de tomber.
- Les phonéticiens de l’école Rousselot ont cru qu’ils pouvaient analyser la voix humaine à la manière des sons que fournissent les instruments de musique, et qu’ils p o u -vaient, en conséquence, reconstituer artificiellement chacun des phonèmes et des timbres vocaux dans leurs formes standard.
- Prolongeant, dans ce sens, les travaux de Helmoltz et de Kœnig, l’abbé Rousselot avait construit des instruments acoustiques destinés à reconstituer les « vibrations Caractéristiques » des voyelles et des diphtongues. Un grand râtelier comportant 169 diapasons réglables fut même établi par Kœnig en vue de reproduire par quelques sons « simples » (au sens des aeousticiens) toutes les voyelles parlées. Helmoltz avait déjà fait la synthèse de « a », « o » et « é » ; Kœnig avait
- tout de même recomposé le « ou » et le « i ». L’abbé Rousselot découvrit enfin une « loi » qui lui permettait de connaître les sons caractéristiques des voyelles et des diphtongues considérées dans tous les dialectes du monde et dans leurs nuances les plus délicates. C’est ainsi (jue le « à » parisien vibre, selon les mesures de Rousselot, à la fréquence 1812,tandis (pie le même «â» champenois vibre à 1824 et le gascon à 1836...
- Malheureusement pour la logique trop pure de semblables recherches, le phonographe et le film parlant sont v e nu s fournir à leur tour des graphiques d’une richesse imprévue. Des appareils mécaniques amplificateurs permettent de développer en graphiques extrêmement détaillé s les mille variations du sillon phonographique gravé. Quant aux dentelures du film parlant, il suffit de les p r o j e t e r à l’écran pour «visualiser » du même coup les courbes harmoniques des phonèmes les plus nuancés, qui se trouvent ainsi analysés dans leurs moindres détails. Or, il est aisé de se convaincre — comme c'était à prévoir - qu'aucun son articulé, même la voyelle la plus pure énoncée dans la note musicale la plus juste, ne se présentait jamais suivant la même courbe...
- Mieux encore. La diversité des graphiques correspondant à un phonème déterminé ne dépend pas de la personnalité du « producteur », c’est-à-dire des particularités de son organe vocal. Un même orateur, un même chanteur s’avèrent incapables de prononcer deux fois de même manière, rigoureusement
- FIG. 4. -- J.A SYNTHÈSE UES VOYELLES -RÉALISÉE PAU
- LES DIAPASONS RÉGLABLES DE KŒNIG
- Le phonéticien choisit, parmi les cent soixante-neuf diapasons méthodiquement classés, ceux dont la mise en vibration simultanée reproduit exactement le « spectre » d'une voyelle.
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- identiques, les mêmes phonèmes. A ehaque émission, le graphique révèle des harmoniques et des variations d'intensité sensiblement différents.
- Cette constatation restitue à l’organe vocal humain son caractère le plus précieux, qui est de ne ressembler à aucun instrument d'acoustique physique, simplement parce qu’il est vivant. La synthèse de la voix humaine suivant les procédés de l’ancienne phonétique expérimentale est à la voix elle-même ce qu’est un automate au regard d'un individu réellement vivant.
- incapables de reproduire le même phonème suivant la même courbe devant l’oscillographe cathodique (qui analyse le courant microphonique avec une précision inimaginable). Très bien. On fera donc répéter, à ce même personnage, dix fois, cent fois le même phonème. Puisque l’oreille « reconnaît » ce son articulé, puisqu’elle « l’identifie », l’instrument de physique le reconnaîtra bien lui aussi ; il décéléra l'invariant, comme disent les mathématiciens, qui caractérise ehaque phonème, fût-il prononcé de mille façons différentes.
- FIC. Ü. Sl’KCTKOGKAMMES 1)K DEUX VOYKLKKS : « A » KT « I », CUUCIIOTKKS Chacun des points en abscisse correspond à un filtre couvrant un tiers d'octave, l'ensemble s'étendant de 36 éi JS 000 cycles. Le trait vertical marque l'intensité des vibrations dans ehaque intervalle. On voit que. la voyelle a chuchotée a sa principale composante correspondant aux filtres I I à 16, soit de 720 à 1 420 cycles. La voyelle i chuchotée a deux composantes principales : cidre 225-450 cycles et entre 2 250-4 500 cycles.
- Les phonéticiens allemands
- à la recherche des lois statistiques de la prononciation
- Les phonéticiens ont pris acte de cette constatation.
- Mais comme ils disposent, dans leurs laboratoires, d’instruments enregistreurs d’une sensibilité prodigieuse, ils n'ont pu se résoudre à abandonner l’étude rationnelle de la voix humaine prise, cette fois, dans son immense diversité. La nouvelle phonétique a, dès ce moment, participé à une évolution dont le caractère est général pour toutes les sciences qui touchent à la vie, — pour la « psychotechnique », par exemple. Elle a renoncé à formuler des « lois » aussi précises que celles auxquelles aspirait l’abbé Rousselot (voir plus haut). Elle a déclaré se contenter d'observations « statistiques », obtenues par l’accumulation des « tests ».
- Le même chanteur, le même orateur sont
- Effectivement, l’école allemande (professeur Zwirncr) a montré que les nombreux graphiques ainsi obtenus sur un même phonème organisaient leurs fréquences et leurs intensités suivant une courbe moyenne. Cette courbe est d’ailleurs bien connue des statisticiens (ethnographes ou psycliotechni-cicns) : elle n'est autre (pie la fameuse courbe «en cloche » de Quételet (iïg. (5). De même <pie les conscrits belges (à propos desquels le célèbre mathématicien la découvrit) se groupent numériquement en ordonnées croissantes et décroissantes, parfaitement symétriques en fonction de leurs tailles respectives, de même tous les aspects graphiques d’un même phonème, émis par un même chanteur, aboutissent à un groupement suivant la courbe de Quételet. Les variations d’intensité et de fréquence des divers harmoniques s’écartent symétriquement d’une même ordonnée moyenne.
- Reprises sur des « producteurs » différents,
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- F I G . 6 . —
- 1,’KXTltÊM K RÉGULARITÉ STATISTIQUE DES ÉMISSIONS VOCALES FAR UN MÊME SUJET En se référant aux graphiques relevés éi l'oscillographe cathodique, on constate (/w’aucune émission du même mot, par le même sujet, ne ressemble aux autres. D'où la grande difficulté de formuler une « émission-type ». Mais, par contre, si, pour un grand nombre d’émissions d’un même phonème, on groupe les « fréquences sonores » observées en abscisses et que Von porte en ordonnées le nombre des tests (expériences) fournissant l'une quelconque de ces fréquences, ou obtient la courbe classique de Quételet — courbe en cloche — déjà rencontrée en psychotechnique. L'école allemande pense pouvoir fonder sur de telles courbes statistiques des lois phonétiques rigoureuses.
- 54 GO GG 72 78 84 90 p.
- Fréquences
- les émissions se groupent encore suivant (les courbes de Quételet. En sorte que, par loi statistique, la phonétique nouvelle pense pouvoir retrouver des lois plus compliquées certes, mais analogues à celles de l’aneienne phonétique.
- Aussi bien, avouent les phonéticiens modernes, la question des phonèmes pris en soi n’a pas d’importance majeure. Chaque langue comporte ses sons articulés propres, ouverts ou fermés, longs ou brefs, et leur étude regarde précisément les spécialistes de la linguistique. Les mensurations phonétiques ne doivent avoir d’autre ambition que d’enregistrer les « variantes » de ees phonèmes sans s’occuper de leurs causes (psychologiques, physiologiques ou physiques), qui regardent les linguistes. C’est ainsi que la « phonométrie » peut utilement servir la science du langage.
- |I1 convient donc* de distinguer les lois phonétiques du langage de celles de la langue (au sens grammatical). Le langage est chose individuelle ; la langue, chose collective, dépassant l’individu : bref, « objective ». « La phonométrie ainsi comprise ne s’efforce plus de reconstituer le phonème à la manière dont le physicien reconstitue la chute libre des corps d’après les lois de la gravitation. Elle se cantonne dans la description pure. »
- La « description » phonométrique ainsi conçue devait aboutir logiquement à caractériser chaque phonème par une mensuration (moyenne) des positions de la lan-
- gue (fig. 7), des lèvres et des mâchoires relativement à une ligure de référence analogue au trièdre des géomètres. Les phonèmes particuliers qu’utilise chaque langue vivante pourraient alors prétendre à une sorte d’équation caractéristique.
- Tout autre est le point de vue de l’école française que représente le docteur Wicart et qui refuse à la phonométrie môme cette « objectivité » perfectionnée par les moyennes statistiques. Elle considère que le fonctionnement de l’organe vocal possède un rendement optimum à peu près indépendant de la langue étudiée. Qu’il s’agisse de l’arabe ou de l’italien, du français ou de l’allemand, le problème est de se rapprocher autant que possible de cet optimum.
- Le docteur Wicart,
- « ingénieur de la voix... »
- L’importance de ce dernier point consiste en ce qu’il dépasse l’intérêt purement théorique pour aborder de plain-picd la pratique courante du langage.
- Aucun instrument acoustique ne peut rivaliser avec cet appareil de la phonation qui commence à la base du larynx pour finir aux lèvres. L’œil est un paradoxe vivant pour les opticiens, remarquait Ilelmolt/,. Le mécanisme d’émission des sons articulés ne l’est pas moins pour les physiciens de l’acoustique.
- Voici des muscles soutenus par des cartilages recouverts de membranes, évoquant des tubercules végétaux plutôt ((lie des « anches » musicales et, moins encore, des
- FIG. 7. - LE SYSTÈME DE COORDONNÉES
- UTILISÉ FAR LES FIIONÉTICIENS ALLEMANDS
- Dans leur souci, de précision, certains phonéticiens de l'école allemande utilisent des repères géométriques rigoureux, afin de déterminer les positions relatives de la langue et du palais dans l'émission des sons vocaux. Comme, d'autre ]>art, la technique actuelle de. radiographie autorise la cinématographie rapide aux rayons X, il devient possible de mesurer les positions en question au JjJO de seconde.
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- « cordes », bien (jue ce soit « cordes vocale s » qu’on nomme ees protubérances.
- Ce sont ces espèces de « lc-vres », dures et profondes, dont l’écartement et la position relative modulent l'onde sonore, d’une richesse i n o u ï e, lors-qu’un chanteur déploie s a « v o i x ».
- Comment une telle magie sonore peut-elle jaillir de e e s e a v i t é s laryngo-buccales, encombrées de "landes, tapissées de muqueuses, meublées d'une langue évoquant un bouchon bien plus qu’un moyen d’expression ?
- II y eut, jadis, la théorie « aérodynamique » du physicien f rançais Savart. Tenant à relier à tout prix la phonation humaine à des phénomènes sonores connus, Savart concevait l'émission sonore de la glotte humaine à la manière d'un « appeau ».
- L’air emprisonné entre les vraies cordes vocales, profondes, et les « fausses cordes » qui les surmontent donnerait, par ses remous et cyclones, les m odulations variées de la voix. En fait, quand 1 ’ « appeau » de Savart se réalise dans la glotte en phonation, c’est le « cri » qui en jaillit, — c’est-à-dire la forme la plus animale, la moins musicale de la voix.
- N’entrons pas dans le labvrint h e des théories acoustiques défuntes ou encore controversées ; renonçons à savoir si l’appareil vocal humain se rapproche du silllet ou de l’instrument à anche. En réalité, un seul instrument acoustique moderne nous éclaire sur le mécanisme sonore de la voix. Et ce n’est pas un instrument de musique. C’est le « phonographe ».
- Dans le larynx, le souille modulé par les
- Epiglotte
- Lèvres
- supérieun
- Ventricule
- Glotte
- Muscleg
- thyroar
- ténoide
- Thyroïde
- Levres inférieures ou vocales
- Tra-.hée
- Cricoïde
- Premier anneau de la trachée
- Les levres vocales sont normales au tableau
- « INSTRUMENT » I)E I.A VOIX HUMAINE
- A gauche : une coupe, du larynx avec l'indication de ses principaux organes. L'air expiré des poumons passe sous pression, à travers la glotte, passage étroit constitué, par deux « lèvres » cartilagineuses dites cordes vocales, dont le rapprochement et l'écartement sont commandés par divers muscles dont le principal est seul indiqué ici. Une seconde paire de lèvres semblables (fausses cordes) surmonte celles-ci. La glotte, est soutenue extérieurement par l'armature du cartilage thyroïde. — A droite : schéma simplifié, dessinant de manière géométrique les cavités qui s'offrent à la veine d'air, vibrant à fréquence, sonore.
- Epiglotte
- Cordes vocales î^s/inférieures .
- Cordes.
- vocales
- sup.Pes
- Anneaux --nC de la trachée
- Tubercules de SantorunT^ Aufandja trachée
- Cricoïde
- Y'Ventncule^s^T \ Morgagni —-
- Tubercule de Morgagni
- l’IC. 9. - LES « CORDES VOCALES » HUMAINES TELLES QU’ELLES APPARAISSENT DANS LE
- MIROIR DU LARYNGOSCOPE, AU COURS Il’UNE ÉMISSION SONORE A gauche, la phase représentée est celle de la respiration. — Au centre, c'est celle d'une phonation 'ligiie. Ces deux positions sont les deux, extrêmes. — A droite, schéma mécanique du fonctionnement des cordes vocales, arc-boutées sur des leviers de rappel, d'après Bouassc.
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- cordes vocales forme une « onde stationnaire » strictement analogue à celle qui se condense (au sortir du diaphragme) dans l’étroit « col de cygne » du pliono. S’il n’avait pas de « pavillon » pour permettre .à cette onde stationnaire de développer ses harmoniques, son timbre et son intensité sonore, le phonographe serait impuissant, radicalement. Si l’onde vocale, semblablement, ne disposait pas du « pharynx » qui prolonge le larynx en manière de pavillon, l’onde vocale se réduirait à un son de flûte grêle et terne. Mais, développée par réflexion sur les parois osseuses que lui offrent les vertèbres cervicales d’une part, la voûte palatine d’autre part, l’onde vocale stationnaire se développe — cependant que les cavités du nez et des sinus lui offrent une caisse de résonance.
- Si l’on veut (pie la voix atteigne à son plein rendement sonore, il convient en conséquence (pie, par l’écartement convenable des mâchoires et la bonne position de la langue, le maximum d’espace soit réservé à son développement acoustique.
- La diflieulté revient à concilier cette exigence avec les nécessités de l’articulation qu’impose le langage. Pour assurer la prononciation des consonnes, la langue doit se rapprocher des parois réfléchissantes en question : il y a les « gutturales », les « dentales », les « labiales », nous avons tous appris cela. Mais, puisqu’il existe de bonnes et de mauvaises manières de prononcer, puisqu’il existe des « accents » défectueux, des déformations souvent ridicules des « phonèmes » les plus simples, c’est qu’il existe de bonnes et de mauvaises positions des organes de la phonation.
- Mais comment distinguer, métriquement, les bonnes et les mauvaises phonations?
- Le docteur Wicart répond sans hésiter : la qualité d’une phonation s’évalue au rendement sonore, qui est lui-même fonction du volume affecté au développement de l’onde stationnaire initiale dans les cavités supralaryngiennes.
- Si l’on « prononce » du gosier (contacts de la langue réalisés dans la partie postérieure du pharynx), le son « guttural » qui résulte de cette mauvaise manière est sourd et sans timbre.
- Si, tout au contraire, on prononce toujours de l’« avant » de la bouche, les cavités sonores sont dégagées. Le rendement phonétique est excellent.
- Et c’est une illusion de croire que les soi-disant phonèmes « gutturaux » ne peuvent bénéficier de la prononciation opti-
- mum ainsi définie. Une magnifique démonstration nous a été donnée par un savant allemand, doublé d’un artiste, M. Clewing, qui chanta de deux manières strictement opposées (la mauvaise et l’excellente) des phrases extraites de Wagner, et même des motifs arabes : il nous montra que l’arabe, langue sans voyelles, tout en consonnes, pouvait être chanté avec la même sonorité qu’une phrase italienne où les voyelles sont parfois plus nombreuses que les consonnes.
- La rééducation phonétique des masses
- La théorie physiologique de la voix selon le docteur Wicart — théorie vivante, esthétique et dynamique tout ensemble — peut donc, tout compte fait, trouver son critérium dans la mesure des « décibels » (pie fournit un chanteur (ou un orateur) en fonction de sa prononciation.
- Les conséquences pratiques d’une telle conception sont immédiates.
- Pendant que les linguistes continueront d’utiliseï la phonétique expérimentale pour tâcher d’écrire l’histoire naturelle exacte des différents dialectes, les pédagogues — s’ils sont eux-mêmes bien préparés — pourraient enseigner le même « bien parler » dans toutes les écoles d’un même pays : la même méthode appliquée en Auvergne et en Flandre, en Provence et en Normandie, aboutirait enfin à la disparition des accents défectueux. Et l’on s’apercevrait que le parler de la Touraine n’a d’autre cause qu’une phonation de rendement optimum : ce que la Cour de France appelait le langage « noble ». En Allemagne, l’accent guttural du Nord comme les provincialismes de la Forêt Noire s’évanouiraient de même, fondus par exemple dans le musical parler (l’Autriche. 1/Angleterre corrigerait son mauvais accent de Londres, etc.
- Et l’on s’apercevrait que parler, dans ces conditions, devient non seulement plus agréable aux auditeurs, mais beaucoup moins fatigant. Le caractère s'éclaircirait. Les mœurs s’adouciraient par le langage — autant que par la musique. Et celle-ci, d’ailleurs, ne serait pas la dernière à profiter de la nouvelle école de la voix : le cinéma parlant ne connaîtrait plus que des artistes à la voix homogène, telles Grâce Moore ou la célèbre Martha Eggerth de La Symphonie inachevée.
- Les masses seraient enfin rééduquées, « re-sensibilisées » à la belle musique par le haut-parleur qui, pour l’instant, hélas ! est en train d’émousser nos derniers instincts musicaux. Victor Jougla.
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- 1937 : ANNÉE DE L’EXPOSITION DES TECHNIQUES, A PARIS
- LA PLUS GRANDE
- ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE DU MONDE
- Par L.-D. FOURCAULT
- La colossale machine électrostatique (1) que MM. Joliot et La/anl ont réalisée pour le Palais de la Découverte produit des séries d'étincelles de décharge, longues de in, e ntre deux sphères formant les deux pôles, positif et négatif. On a ainsi, sous 5 millions de volts, une reproduction à petite échelle de l’éclair rectiligne, tel <pie les nuages chargés d'électricité statique le p r o d il i s e n t dans le ciel, sous plusieurs centaines de m i 11 i o n s d e volts.
- Les organisateurs du Palais de l'Electricité ont cherché de leur côté à réaliser une décharge électrique spectaculaire, produite en plein air par d n cou ra n t industriel. Les ingénieurs de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité
- (1) Voir La Science et In Vie, n° 238, page 271).
- Fl U. 1. - ENTRE I.ES POINTES DE CHARRON, DISTANTES DE
- 7 .AI AV SOMMET DES COLONNES ISOLANTES, .JAILLIT LA PI.CS GRANDE ETINCELLE HAUTE FRÉQUENCE DU MONDE De la pièce d'eau qui s'étend devant le Palais de la Lumière, èi VExposition de 1937, émergent deux colonnes de matière isolante, maintenant les bobines élévatriccs de tension. Les pointes orientables servent à diriger les effluves pour faire jaillir l'étincelle arborescente soit entre chaque pointe et. l'eau du bassin, soit entre les deux pointes lorsque la puissance est suffisante.
- ont reproduit dans ce but le curieux effet, constaté en laboratoire, de l’étincelle produite par la décharge électrique à haute fréquence. Cette dernière donne une étincelle en efïluve, plus fournie que la décharge électrostatique, et qui a de plus le mérite d’être permanente, c’est-à-dire de rester visible sans interruption pendant les quelques minutes de chaque démonstration.
- L’étincelle « entretenue » à haute fré-quen ce est engendrée par un émetteur de radiophonie
- Une installation électrique importante est nécessaire pour réaliser une telle décharge « entretenue ». Le générateur à haute fréquence est un poste d’émission radiophonique ordinaire d ’ u n e ]) u i s -sance (1e 250 kW. La longueur d'onde a
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- LA PLUS GRANDE ÉTINCELLE DU MONDE
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- été choisie de 18? m, soit 1 (>20 000 périodes par seconde, car dans cette région de la gamme des fréquences hertziennes il n’existe pas d’émissions de radio. Des précautions spéciales ont d’ailleurs été prises pour éviter de troubler les postes de T. S. F. des environs.
- C’est pour ce dernier motif (pie l'on ne pouvait songer à utiliser le générateur à ondes amorties, plus simple et moins coûteux, qui avait déjà permis à M. d’Arsonval de réaliser une étincelle d’un mètre à l’Exposition de 1900. Mais un essai sommaire a montré que l’on ne pouvait éviter avec ce système des troubles radiophoniques sérieux, que l’on
- d’un grand bassin d'eau pour la circulation de refroidissement des lampes d’émission, et ce bassin, en même temps que d’effet décoratif, tient le public à distance de protection des colonnes et pointes d'éclatement, portées à plusieurs millions de volts.
- Des circuits résonnant en « quart d’onde » portent la tension des éclateurs à plusieurs millions de volts
- Cette tension élevée est obtenue dans les deux bobines extérieures émergeant du bassin qui, reliées à l’étage linal, sont montées en opposition et forment circuit résonnant en quart d’onde. Ce dispositif constitue
- l'IG. 2. - l.’Kl'l’J.lJVK A TRKS ltAUTK TKNSION TKULK QU'KI.l.K A PU KTIiK IMIOTOGHAPIII KK I.A NUIT
- ne peut admettre aujourd’hui. Aussi le générateur à ondes entretenues adopté ressemble-t-il à un poste émetteur de radiophonie, hormis la modulation, et avec quelques simplifications. L’oscillateur de 400 W, du type classique, n’a pas besoin du dispositif pour stabiliser la longueur d'onde. Cet oscillateur est suivi d'un premier étage de deux lampes à circulation d’eau de 20 kW, et enfin de l’étage linal d'émission de deux lampes de 120 kW.
- lTn redresseur à vapeur de mercure fournit le courant continu à 5 000 V pour les plaques des lampes, tandis (pie le chauffage des filaments est assuré par une génératrice de 000 A sous 30 V. J.a polarisation des grilles est fournie par une génératrice de 700 V, accouplée au même moteur que la précédente. On voit qu'une véritable sous-station de transformation a dû être établie dans la vaste salle souterraine qui s’étend entre le Palais de l'Electricité et sa cabine de projection.
- Il était nécessaire en outre de disposer
- un transformateur, où la tension est minimum à la base, et maximum au sommet. A chacun de ceux-ci est adapté un support porte-charbon allongcable et orientable. On peut ainsi faire jaillir l’étincelle vers l’autre charbon, ou l’orienter vers le miroir d’eau.
- En réalité, il se produit donc deux étincelles jaillissant en eflluves de chacun des charbons. Le phénomène est, par suite, très différent de « l’éclair » de recombinaison des deux électricités statiques de la machine du Grand Palais. Quoique placée dans des conditions plus défavorables, puisque produite en plein air, l’étincelle haute fréquence est bien plus chaude, plus fournie. Elle est arborescente, généralement fourchue, à deux branches se perdant dans l’air.
- Une longueur de 3 à 4 m est souvent atteinte normalement et lorsque, exceptionnellement, les deux étincelles arrivent à remplir l’écartement de 7 m entre les deux supports, on peut voir incontestablement la plus grande étincelle électrique du monde.
- L.-D. Eoukcaui.t.
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- 1937 : ANNÉE DE L’EXPOSITION DES TECHNIQUES, A PARIS
- LE PLUS « PUISSANT » PHARE DU MONDE : 500 MILLIONS DE BOUGIES
- Par L.-D. FOURCAULT
- A l’occasion (le l'Exposition de 1937, les Parisiens ont eu la primeur des essais et des premiers éelats du plus puissant phare du monde, installé sur une tour de 24 m de hauteur couronnant le Palais de l’Electricité. Il s’agissait là d’une présentation du système lumineux destiné à être monté sur le grand phare de Créac’h d’Ouessant, en remplacement d’une « lanterne » , déjà magnifique, qui fut exposée elle-même à l’admiration des visiteurs de l’Exposition de 1900. D'une puissance lumineuse variant de 20 millions à 30 millions de bougies, selon les besoins, les deux éclats blancs de I/LO de seconde à intervalles de dix secondes du puissant phare breton guident ainsi, depuis le début du siècle, la
- navigation dans les parages dangereux de l’île d’Ouessant, avec une portée normale de 30 milles (55 km), encore efficace à 20 km lorsque la visibilité est médiocre. Mais notre service des phares et balises va réaliser un notable renforcement de cette puissance de signalisation au moyen de la nouvelle tourelle, dont la puissance lumineuse sera plus du double de la précédente.
- L’équipement mécanique du nouveau phare
- En même temps que l’accroissement de l’intensité et, conséquemment, de la portée lumineuse, on a tenu à réaliser ici une augmentation de la durée des éelats, tout en maintenant la caractéristique de feu à deux
- FICi. 1. VUK DK NUIT DU PHARE I)Ii CRÉAC’ll D’OUESSANT, PROVISOIREMENT INSTAURÉ AU
- PALAIS DE LA LUMIÈRE IJE i/EXPOSITION INTERNATIONALE DE PARIS
- Ce phare produit, toutes les 10 secondes, une émission de. deux faisceaux espacés de 2 secondes qui doivent être perçus, même par les brumes les plus épaisses, d'une distance de 4,5 km (région dangereuse pour la navigation au large d'Ouessant). La multiplication des faisceaux lumineux a permis de réduire la vitesse de rotation et par suite d'accroître la durée des éclats lumineux.
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- LE PLUS « PUISSANT
- PHARE DU MONDE
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- Aspirateur-ventilateur
- Moteur de ^ monte- charge
- - -Ventilateur
- Anneaux verrex du système dioptrique
- Lampe à incandescenct 3000 watts___________
- Plancher supérieur
- v- Couronnede guidage! ] roulements a billes
- Lentille
- centrale
- > Partie tournante
- Anneaux verre*7 catadioptriques
- "Lanterne” fixe
- Optique d’un des 2 groupes infe'rieurs , montré avec une lampe
- Plancher inférieur-'
- ___Moteur de
- rotation delà tourelle
- Monte-charge
- Electro-_pompe-___f /
- des vérins
- Colonne support du pivot
- /Vérins de levage
- FIO. 2. - COUPK VERTICALE SCHEMATIQUE IHJ NOUVEAU PHARE 1UOUESSANT
- Les quatre systèmes optiques du plaire son t groupés deux à deux sur deux étages. Les sources lumineuses utilisées sont, soit des lampes à are de 500 A, soit des lampes à incandescence de 3 000 W. L'ensemble des planchers portant les systèmes optiques tourne sur un flotteur éi bain de mercure.
- éclats groupés toutes les dix secondes. Pour obtenir ce résultat, on a dû installer quatre lampes à arc de 50 kW chacune. Ces arcs à courant continu, à forte intensité, fournissent une source lumineuse de relativement grande surface (le cratère éclairant couvre la totalité de la section du charbon positif, soit 28 mm de diamètre), ce qui permet d’obtenir des éclats de 2/10 de seconde, plus visibles que les précédents.
- La puissance installée, qui était de 2 groupes de 38 ch dans l’ancien phare, est portée à 000 ch dans la nouvelle installation, car il faut desservir à la fois le système éclairant, le moteur assurant la rotation et les quatorze ventilateurs nécessaires pour évacuer la chaleur dégagée, évaluée à plus de 130 000 calories/heure. La puissance de 200 kW pour l’éclairage ne sera d’ailleurs employée que pour les temps de brume. Par
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- deux étages constitués par deux plateaux en acier coulé, perforés de trous de ventilation. Sous le plateau inférieur se trouvent le moteur assurant la rotation de la tourelle en 40 secondes et un mécanisme de vérins hydrauliques pour son levage.
- En « grenier » sont placés les ventilateurs, ou aspirateurs, dont un principal au sommet et douze à la périphérie, et un treuil de monte-charge.
- La tourelle du nouveau phare rayonnera
- 500 millions de bougies
- Quant au système optique,'il est composé de quatre appareils disposés par deux sur les deux étages tournants, en direction de projection opposée. Par suite des
- ki<;. 3. i nk optiqik or piiark
- AI.IMKNTKK. CAR INK LAMPK A ARC
- L<i lampe à arc de ôOO A assure la portée maximum du phare. Elle est utilisée par temps de brume. L'éiee-tro d'idlumage décolle les électrodes maintenues eu contact par un eontre-jtoids et provoque la formation de l'are. Le réglage de l'écartement des charbons est automatique.
- temps clair, on utilisera de simples lampes à incandescence de 3 k\Y, substituées aux lampes à are.
- Dans une tourelle vitrée, de 13 m de hauteur et 5 m 50 de diamètre, se trouve la lanterne tournante du phare, dont le poids atteint 30 tonnes et qui est supportée par une cuve à mercure. La rotation est commandée par un moteur électrique à engrenages réducteurs, et le guidage assuré au moyen de deux couronnes de roulements à billes. Cette partie mobile comporte
- Kl(r. 4. - PAR TKMPS CLAIR, UNE LAMPE A 1NCANDKSCKNCK DK 3 000 WATTS KST SUUSTITUKK A J .A LAMPE A ARC
- On aperçoit au fond le sijstéme optique double qui produit, avec une seule source lumineuse, les deux faisceaux du signal.
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- LE PLUS « PUISSANT » PHARE DU MONDE
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- grandes dimensions atteintes, chaque appareil est constitué d’un groupe de deux panneaux, au centre duquel est placée la lampe à arc. Chacun des panneaux, d’une hauteur de 2 m 20, comprend une partie dioptrique, formée d’une lentille centrale et de onze éléments annulaires. Cette partie dioptrique, de 0 m 645 de distance focale et 85° d’ouverture, est intercalée entre seize anneaux catadioptriques, dont huit de « coupole » et huit de couronne inférieure. On sait que ces anneaux, jouant le rôle de prismes à réflexion totale, aident à la concentration du flux lumineux, et par suite à sa meilleure utilisation. La surface utile de verre dans ce phare dépasse ainsi 16 m2.
- Comme nous l’avons indiqué, l’éclairage puissant du phare est réalisé par des lampes à arc à courant continu, absorbant 500 A sous une tension de 85 V. L’avance des charbons, atteignant 0 m 30 à l’heure pour le positif (1), est réalisée par des petits moteurs dont les rhéostats, ainsi que les divers
- (1) En effet, le charbon positif s’use plus que le négatif par suite de l'électrovaporisation (Blondel) résultant des chocs des électrons émis par la cathode qui portent l’anode à l’incandescence.
- organes de contrôle, sont commandés d’un pupitre placé en dehors de la cabine. Les lampes à arc sont montées sur des chariots permettant de les déplacer facilement, notamment lorsqu’on met en service à leur place les lampes à incandescence de 3 000 W pour éclairage réduit par temps clair.
- L’appareillage électrique est naturellement très important, avec connexions mobiles, pour les quelque 2 000 A à fournir à la partie tournante. Il est aussi très perfectionné, avec les systèmes de régulation et contrôle des arcs nécessaires dans un phare dont tout arrêt risquerait la vie des navigateurs. Même le changement des sources lumineuses peut être effectué, en cas de besoin, sans arrêt complet du phare. Celui-ci est également équipé d’un puissant avertisseur sonore, pour les temps de brume intense, et d’un radio-phare de guidage par T. S. F. On voit que la signalisation de la grande route maritime qui contourne nos rocs de Bretagne va être assurée avec tous les perfectionnements dignes de son importance pour la navigation.
- L.-D. Foürcault.
- Ce sont les circonstances économiques de l’après-guerre qui ont conduit l’Allemagne à l’autarcie actuelle (1 ) pour assurer son ravitaillement tant bien que mal. En 1914, l’Empire allemand formait une nation plus industrielle qu’agricole, orientée vers la conquête des marchés internationaux (Russie, Chine, Inde, pour ne citer que les plus étendus). En 1919, la République allemande se trouve en présence de marchés restreints ou disparus (U. R. S. S.), et aussi, par suite, de pays antérieurement « clients » devenus à leur tour producteurs (Asie et Amérique du Sud, notamment), par suite, enfin, d’une concurrence plus âpre, parce que mieux organisée, des grandes nations productrices du globe cherchant à écouler leurs produits aune clientèle moins vaste qu'auparavant. A ces conditions défavorables à l’activité industrielle germanique, il faut encore ajouter la perte du minerai de fer lorrain, des potasses alsaciennes, des gisements métallifères silésiens. Tous ces facteurs ont contraint le Reich actuel à sa politique autarcique, précisément à une époque ou le « libre-échangisme » de 1914 (si conforme aux intérêts de l’expansion de l’industrie allemande) s’effondrait (2) devant les barrières douanières et les contingentements ! Comprimée à l’intérieur de son territoire « surindustrialisé » renfermant près de 70 millions d’habitants à nourrir, l’Allemagne contemporaine se trouve en présence de problèmes économiques particulièrement difficiles à résoudre et qui doivent conditionner sa politique, aussi bien à l’intérieur (substitution de produits synthétiques (3), initiatives de troc, rationnement pour les denrées), qu’à l’extérieur (revendications de matières premières, de colonies). Ceci explique les déclarations des autorités d’Empire en vue de faire comprendre au peuple allemand les raisons impérieuses qui déterminent les restrictions dont il souffre et qu’il pourrait un jour supporter moins passivement.
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 238, page 249. — (2) Voir La Science et la Vie, n° 242, page 241. — (3) Voir La Science et la Vie, n° 227, page 414, n° 231, page 218.
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- LA TRANSMUTATION DE LA MATIÈRE N’EST PLUS UN RÊVE D’ALCHIMISTE !
- Par Jean BODET
- ANCIEN ÉLÈVE DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE INGÉNIEUR DE L’ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ÉLECTRICITÉ
- 11 y a une dizaine d'années —à peine — l'étude expérimentale de l'atome portait presque exclu-ment sur la nuée d'électrons qui entoure le noyau central et qui détermine à peu près toutes les propriétés chimiques, ojHiques, magnétiques des différents corps simples. Aujourd'hui, le problème de la constitution intime de la matière ne peut être considéré comme entièrement résolu. I ne le sera sans doute jamais, mais les principales difficultés résident maintenant dans le noyau même. Le grand physicien anglais Rutherford, qui vient de disparaître, a été le premier, en 1919, capable de désintégrer au laboratoire un noyau atomique (celui de l'azote) pour obtenir un autre élément : l'oxygène. Depuis cette date mémorable, grâce aux perfectionnements des techniques de la haute tension, plus de cent cinquante transmutations ont pu être ainsi réalisées .au laboratoire. Certaines donnent naissance à des éléments nouveaux, inconnus jusqu'ici sur la terre et doués de radioactivité artificielle, dont la découverte a valu à M.F. et Mme I. Joliot-Curie le prix Nobel de Chimie en 1935 (1). Aujourd'hui, le physicien dispose, avec les protons et dénions « accélérés » sous plusieurs millions de volts et avec les neutrons « rapides » ou « ralentis » artificiellement, de moyens efficaces pour poursuivre l'étude expérimentale du noyau de l'atome. Les conquêtes de la physique dans le domaine des électrons planétaires ont élargi — considérablement — nos bases scientifiques et donné naissance à de nouvelles théories philosophiques sur lesquelles est édifiée la connaissance du monde moderne. Il en sera sans doute de même il la suite des découvertes concernant les phénomènes de transmutation de la matière.
- Dans tous les objets qui nous sont familiers et que le commun des mortels a coutume de distinguer d’après leur forme, leur couleur, leur consistance, — laquelle peut aller de la fluidité d’un gaz à la dureté du diamant, — le physicien moderne ne voit plus, à l’échelle atomique, qu’une multitude de petites charges électriques lancées dans tous les sens avec une vitesse inimaginable. « Ma table, a dit le célèbre astronome anglais Eddington, au lieu d’être une substance solide, ressemble plutôt à un essaim de moucherons. » Ce sont même des moucherons extraordinairement petits par rapport aux distances qui les séparent de leurs voisins les plus proches. Gaz, liquides ou solides, toutes les substances, même les plus denses que nous connaissions, apparaissent à l’échelle atomique remarquablement vides de matière, puisque celle-ci n’est représentée que par les particules elles-mêmes. M. Joliot a pu ainsi montrer que si quelque puissant génie comprimait le corps d’un homme jusqu’à amener au contact les unes des autres toutes ces particules, il obtiendrait une boulette si petite qu’on l’observerait difficilement au microscope. (I) Voir La Science et la Vie, n° 208, page 281.
- Mais ce qu’il y a de plus remarquable et ce qui démontre la profonde unité de tout notre Univers, c’est que, quelle que soit la substance considérée, corps simple ou composé, pris sur la terre ou dans les nébuleuse» les plus lointaines, toutes les particules élémentaires sont de même nature, ou plutôt peuvent se ramener à un nombre de types très réduit. Les différences que nous observons à l’échelle microscopique proviennent de la manière dont elles sont groupées pour former les atomes des corps simples, de celle dont les atomes sont combinés entre eux pour édifier les molécules des composés chimiques, de celle enfin dont ces molécules sont disposées pour constituer l’infinie variété des substances naturelles ou artificielles.
- Les constituants ultimes de la matière : électrons, protons, neutrons
- Il y a seulement quelques années, les physiciens pouvaient concevoir l’univers (tous les rayonnements mis à part) comme composé uniquement de deux sortes de particules élémentaires : les électrons négatifs et les protons, grains d’électricité positive, pesant 1 847 fois plus que les premiers.
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- LA TR ANS MUTATION DE LA MATIÈRE
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- Mais de nouvelles découvertes sont venues remettre en question cette simplification par trop admirable et allonger la liste, provisoirement espère t-on. A l’électron négatif et au proton, il faut ajouter aujourd’hui l’électron positif, de même poids que l’électron négatif, mais de charge contraire, et le neutron qui pèse à peu près autant que le proton mais qui est électriquement neutre. Après cette énumération, le physicien prudent ajoutera avec Edding-t o n « sauf erreurs et omissions » et considérera ces diverses entités comme effectuant un stage jusqu’à ce que les progrès de la physique aient montré si, oui ou non, il est possible de concevoir l’une d’elles comme une combinaison des autres.
- C’est ainsi qu’actuelle-ment on s’efforce de ramener l’un à l’autre le neutron et le proton sans qu’on ait pu, jusqu’à présent, trouver d’argument décisif pour décerner à l’un ou à l’autre le titre de particule élémentaire. En outre, les expérimentateurs s’attendent de jour en jour à découvrir une particule nouvelle prévue par d’audacieux théoriciens : le neutrino. Ce dernier pèserait infiniment moins que l’électron, c’est-à-dire à peu près rien et
- n’aurait pas de charge non plus. Cette absence de propriétés n’est pas faite pour faciliter sa recherche.
- Mais revenons à la constitution des atomes dont la représentation approchée la plus
- commode est celle de l’atome de Bohr, bien connu des lecteurs de La Science et la Vie et dont nous ne rappellerons que les dispositions essentielles. Au centre, comme un soleil en miniature, le noyau où est concentrée la presque totalité de la niasse. On considère aujourd’hui ce noyau comme formé exclusivement de protons et de neutrons. Il porte donc autant de charges positives qu’il contient de protons, et comme l’atome à l’état normal (non ionisé) est électriquement neutre, il faut le compléter par un nombre égal d’électrons négatifs, dits « planétaires », parce qu’ils tournent autour du noyau central sur un certain nombre d’orbites bien déterminées.
- Comment on passe d’un élément à un autre élément par transmutation
- Les propriétés chimiques, optiques et magnétiques qui caractérisent les atomes des quatre-vingt-douze corps simples que les chimistes ont immatriculés, et qu’a
- FIG. 1. — LE GÉNÉRATEUR ÉLECTROSTATIQUE A 10 -MILLIONS DE VOLTS, TYPE VAN DE GIIAAFF, DE LA STATION DE RECHERCHES DE ROUND IIILL (ÉTATS-UNIS)
- Les deux sphères d'aluminium de 4 m 50 de diamètre, perchées à 13 m de hauteur sur des colonnes en matière isolante, sont chargées par l'intermédiaire de courroies de papier se déplaçant à la intesse de 1 700 m/?nn à l'intérieur des colonnes. Le débit de celle machine électrostatique est de 350 microampères.
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- classés Mendeleïeff, sont déterminées par la structure de leur système d’électrons planétaires. Il est relativement aisé de modifier ce système en détachant quelques électrons, en particulier ceux qui sont le plus éloignés du noyau et qui sont par conséquent moins fortement attirés par lui. L’atome est alors ionisé sans être profondément modifié, car il complète sa couronne d’électrons dès que la cause d’ionisation cesse.
- Au contraire, on aura réalisé une véritable transmutation lorsqu’on sera parvenu à changer la composition du noyau en protons, puisque c’est leur nombre qui caractérise l’élément. Une telle opération est très dillicile à réaliser. En e ff e t, d’une part, le noyau est de dimensions très réduites (10-13 cm) et les effets d’un bombardement de particules sur une cible aussi petite sont peu sensibles ; d’autre part, étant chargé positivement, il se trouve protégé par une formidable « barrière de potentiel » que seules les particules électrisées douées d’une très grande vitesse peuvent franchir. Pour obtenir ces très grandes vitesses, les laboratoires de physique atomique du monde entier ont dû mettre au point un appareillage spécial mettant en œuvre des tensions allant de 500 000 à 10 millons de volts et plus. Disons tout de suite qu’il est une catégorie de particules pour lesquelles la « barrière de potentiel » ne protège pas le noyau : c’est le neutron, qui est électriquement neutre. Grâce à lui, de nombreuses transmutations ont pu être effectuées. Nous en parlerons tout à l’heure.
- La découverte de la radioactivité par Becquerel, en 1896, a fourni les premières indications sur la constitution des noyaux atomiques. Il s’agit là d’une véritable transmutation naturelle, mais qui ne se manifeste d’une manière sensible que chez quelques éléments lourds, d’autres éléments, comme le potassium, étant eux aussi radioactifs, mais très faiblement. Utilisant les
- particules émises lors des décompositions radioactives, Rutherford parvint en 1919 à réaliser la première transmutation semi-artificielle : des noyaux d’azote bombardés par des particules a (noyaux d’hélium ) sont démolis, expulsent des protons et se trans-forment en noyaux d’oxygène. Enfin, c’est à Cock-roft et Walton que revient l’honneur d’avoir effectué, en 1932, la première transmutation vraiment artificielle, en entendant par là que le jet de particules qui sert au bombardement est produit artificiellement. Ces projectiles sont, en principe, des ions positifs, protons (noyaux d’hydrogène) ou deutons (noyaux d’hydrogène lourd) (1), produits dans un tube à décharge et auxquels on communique une énergie cinétique assez grande pour atteindre les noyaux, en accélérant leur mouvement dans le vide par l’action d’une différence de potentiel très élevée. Pour réaliser ces différences de potentiel, qui peuvent atteindre plusieurs millions de volts, un certain nombre de procédés peuvent être mis en œuvre, dont nous allons succinctement décrire les principaux.
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 202, page 316,
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- Courroies _=!_
- Fenêtre
- d'observation
- Tube à gaz _ _ raréfié
- Isolateur
- Pompe a vide
- FIG. 3. - LK GÉNÉRATEUR ÉLECTROSTATIQUE A 5 MILLIONS DE VOI.TS
- ACTUELLEMENT EN CONSTRUCTION A EAST-PITTSBURGII (ÉTATS-UNIS)
- L'enveloppe métallique, entièrement soudée, mesure 9 m de diamètre et 15 m de haut. Elle doit contenir de l'air comprimé sous une pression de 8 kg par cm2. L'accélération des ions (protons ou deutons) s'effectue dans le tube central.
- dépend essentiellement du rayon de la sphère, de l’état de poli de sa surface et de l’humidité contenue dans l’atmosphère ambiante. Un deuxième générateur identique, mais chargé d’électricité de signe contraire, permet de doubler la différence de potentiel existant entre chaque sphère et le sol. Pour l’accélération des ions, un tube géant où règne un vide très poussé relie les deux sphères. Les ions sont produits à une extrémité et la cible de transmutation est disposée à l’autre bout, les opérateurs s’installant pour diriger leurs expériences à l’intérieur même des sphères.
- Le générateur électrostatique du Palais de la Décou-verte, avec ses sphères de 3 m de
- Les générateurs électrostatiques
- Le générateur électrostatique à courroie, du type imaginé par lord Kelvin et perfectionné par Van de Graaff, est aujourd’hui connu de tous. Les visiteurs du Palais de la Découverte ont pu voir en fonctionnement (1 ) un des plus puissants appareils de ce genre.
- Rappelons qu’un générateur électrostatique de ce genre comprend essentiellement une sphère creuse supportée par une colonne isolante. Une courroie sans fin en matière isolante pénètre dans la sphère et y transporte les charges électriques déposées sur elle à l’autre extrémité par un générateur auxiliaire à haute tension, de l’ordre de 10 000 volts. Les charges s’ajoutent ainsi les unes aux autres dans la sphère dont le potentiel s’élève progressivement. Sa valeur maximum, limitée par l’effet « corona »,
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 238, page 279.
- diamètre, permettra d’atteindre des tensions de l’ordre de 5 millions de volts. D’autres générateurs semblables existent dans le monde. Citons en particulier celui de la station de recherches de Round Hill, aux Etats-Unis, qui appartient au Massachusetts Institute of Technology.
- Equipé de sphères de fig. 4. — schéma d’un tube 4 m 50 de dia- ioniseur pour la charge mètre, il de- des particules vitrifiées vait permet- du générateur ionique
- Fil fin " :*'/ • Cylindre
- ' O * 6 k V
- Poussières * 0 v * o o • 0
- \ > •. » O O 6 $
- U \Terre
- Courant zmz
- d’air
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- tre d’atteindre 10 millions de volts. Actuellement est en construction aux laboratoires Westinghouse, à East-Pittsburgh (Etats-Unis), une nouvelle machine électrostatique devant développer 5 millions de volts (1 ). Construite sur ce même principe de transport des charges par une courroie à l’intérieur d’une sphère, elle se présente cependant différemment, car elle ne comporte qu’une sphère et est logée dans une enceinte métallique en acier soudé où on établit une pression de 8 kg/cm2. Les ions sont accélérés dans un tube central vertical long de 12 m. A la partie inférieure, ils sortent du tube à travers une fenêtre de métal peu épais à des vitesses suffisantes pour provoquer des réactions nucléaires. Cette machine sera bientôt en service.
- Le générateur ionique du professeur Pauthe-nier
- Parmi les appareils générateurs de très hautes tensions conti-
- nues, il en est un, le générateur ionique imaginé par M. Pauthe-
- (1) Voir la couverture de ce numéro.
- B
- Tubes
- isolants
- B’
- FIG. 5. — PR1NCIFE DU FONCTIONNEMENT DU GÉNÉRATEUR IONIQUE Les poussières vitrifiées entraînées par un courant d'air se chargent au passage dans l'ioniseur cellulaire, dont le fil est porté à 12 000 volts, et se déchargent dans la sphère au contact du collecteur.
- l-'IG. G. - I,E GÉNÉRATEUR IONIQUE DU PRO-
- FESSEUR PAUTHENIER, EXPOSÉ AU PALAIS DE LA DÉCOUVERTE, PERMET D’OBTENIR UNE DIFFÉRENCE DE POTENTIEL DE 2 MILLIONS DE VOLTS ENTRE DEUX BOULES MÉTALLIQUES On remarquera la forme spéciale des collecteurs de charges, qui ne sont pas sphériques. Leur forme est dérivée du tore pour réduire la discontinuité due à l'entrée des tubes dans le collecteur.
- nier, professeur à la Faculté des Sciences de Paris, qui peut être considéré comme un parent éloigné des précédents. Comme eux, il vise à transporter des charges électriques à l’intérieur d’un conducteur creux de forme sensiblement sphérique. Mais, ici, au lieu d’utiliser une courroie isolante, on fait appel à des poussières entraînées en circuit fermé par un courant d’air animé d’une très grande vitesse, de l’ordre de 60 m/s. Les poussières employées sont des spliérules vitrifiées provenant de l’appareil de dépoussiérage d’une centrale à charbon pulvérisé. Pour les charger, on leur fait traverser un espace où elles rencontrent des ions électriques libres qui se fixent sur elles. Ces ions, tous de même signe, sont engendrés par un champ électrique établi entre un cylindre métallique et un fil fin placé dans son axe et porté à 12 000 volts par exemple. Tout le champ électrique étant concentré au voisinage du fil, les ions négatifs se précipitent sur lui, tandis que les ions positifs occupent pratiquement tout l’espace entre fil et cy-
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- LA TRANSMUTATION DE LA MATIÈRE
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- lindre. Les poussières ainsi chargées au passage abandonnent leur charge dans la sphère métallique lorsqu’elles entrent en contact avec le coude supérieur de leur circuit. Au Palais de la Découverte était également exposé un imposant générateur de ce type,
- FIG. 7.--LE GÉNÉRATEUR A ULTRA-HAUTE
- TENSION CONTINUE TEL QU’lL VA ÊTRE INSTALLÉ AU LABORATOIRE DE PHYSIQUE ATOMIQUE DE CAMBRIDGE (GRANDE-BRETAGNE) A vide, ce générateur développe 1 250 000 volts ; il peut débiter 4 milliampères. A est le générateur en cascade et les colonnes B sont constituées par les condensateurs. Entre la colonne de mesure D, avec son électrode C, et le générateur en cascade est suspendue la résistance d'amortissement E. F, transformateur à haute tension; G, générateur à haute fréquence. Le pont H comprend un condensateur à faible capacité, et entre les blindages J sont disposées les valves.
- capable de développer entre deux pôles une tension de l’ordre de 2 millions de volts.
- Comment on obtient de très hautes tensions continues par des jeux de condensateurs
- Les générateurs électrostatiques et ioniques, dont nous venons de parler, fournissent de très hautes tensions par des procédés fort différents de ceux que mettent en œuvre les
- laboratoires industriels, lorsqu’ils étudient, par exemple, l’effet « corona », la foudre et les propriétés des isolants, toutes choses qui les intéressent directement pour l’établissement et la protection des lignes de transport de force à haute tension. Ces techniques industrielles peuvent ce-
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- FIG. 8. -— SCHÉMA DE MONTAGE DU GÉNÉRATEUR A HAUTE TENSION DE CAMBRIDGE
- pendant rendre les plus grands services aux physiciens. C’est ainsi que M. Joliot et ses collaborateurs, A. Lazard et P. Savel, ont pu réaliser d’intéressantes transmutations en utilisant l’appareillage du Laboratoire Ampère (I). On sait qu’il s’agit là d’un générateur d’impulsions : on charge sous 150 000 V. par exemple, des condensateurs en parallèle et on les décharge en série. On obtient ainsi, en multipliant le nombre des étages, une tension maximum de 3 millions de volts qui ne dure malheureusement qu’un temps très court, le temps que les condensateurs se déchargent.
- Le montage de la ligure 7 comprend également des étages de condensateurs combinés à des soupapes à gaz ionisé dites « kénotrons » Alimenté en courant alternatif, il permet d’obtenir de très hautes tensions continues. Son principe est dû à Greinaclier et il a été appliqué, presque simultanément et indépendamment, par Cockroft à Cambridge (Angleterre) et par Bouwers, à Eindhoven (Pays-Bas).
- C’est sur ce schéma que les laboratoires Phillips construisent actuellement un puissant
- r FIG. 9. —GRAPHIQUE DES TEN-(1) Voir La
- Science et la Vie SIONS DES DIFFERENTS POINTS n° 81, page 185. ’ DU MONTAGE PRÉCÉDENT
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- générateur pour les laboratoires de physique atomique de l’Université de Cambridge.
- Pour comprendre son fonctionnement, reportons-nous à la fois aux ligures 8 et 9.
- L’enroulement T ( secondaire d’un transformateur) est le siège d’une force électromotrice alternative d’amplitude E. Le point a étant à la terre (pour lixer les idées), le point ax est donc porté à une tension variable d’amplitude E représentée par la sinusoïde ax de la figure 9. Mais la soupape Vx ne peut laisser passer le courant électrique que dans un seul sens : celui de la flèche. Une charge positive, après avoir atteint la plaque supérieure du condensateur Ci, y restera et le condensateur demeurera chargé à la tension constante E, c’est-à-dire que le potentiel du point b sera toujours égal à celui de ax+E. On obtiendra donc, sur la ligure 9, la courbe b en déplaçant la courbe ax vers le haut de la quantité E.
- Autrement dit, le potentiel de b oscille entre 0 et 2 E.
- Si nous considérons maintenant le deuxième circuit, nous voyons (pie la tension alternative 2 E, qui s’exerce sur la soupape Ux, joue le même rôle que E dans le circuit précédent. La soupape V2 ne laissant passer le courant que dans un seul sens, une charge positive qui a atteint la pla-
- que supérieure de C2 y restera également, et ce condensateur se trouve chargé à la tension 2 E. Par conséquent, c est au potentiel de bx -f- 2E, c’est-à-dire, puisque bx est à la terre comme a, que c est à un potentiel constant 2E. Il suffira de superposer des étages analogues pour obtenir, à partir de la tension alternative appliquée à T, des tensions constantes de 2 E, 4 E, etc., aux points tels que c, e, etc. Une colonne semblable, mais montée à l’envers, donnera — 2 E et —4 E. Avec E = 100 000 V, on voit qu’on obtient ainsi aisément 800 000 volts entre les sommets de deux colonnes doubles montées d’une manière symétrique.
- Remarquons qu’en charge la tension continue peut subir des variations appréciables.
- L’accélération des ions par impul~ sions successives : le « cyclotron »
- L’appareillage à très haute tension — toujours imposant par ses dimensions et souvent d’un réglage délicat — coûte, en règle générale, fort cher. Aussi quelques physiciens se sont-ils demandés si une très haute tension continue était vraiment indispensable pour la production d’ions accélérés. Plusieurs dispositifs ont été réalisés pour communiquer à la même particule électrisée des impulsions successives sous une tension
- FIG. 10. —- TUBK PRODUCTEUR UE PROTONS RAPIDES PAR ACCÉLÉRATIONS SUCCESSIVES DE AI. JEAN TIIIBAUD Les protons (ions hydrogène) produits dans le ballon de verre traversent une série de tubes métalliques alignés, de longueurs croissantes et connectés alternativement aux bornes d'un générateur à haute fréquence. A chaque passage d'un tube à l'autre, les ions reçoivent une impulsion nouvelle et acquièrent une vitesse de plus en plus grande. La fréquence du générateur dépend de la longueur des tubes et l'énergie initiale des protons.
- Générateur à haute fréquence
- Champ magnétiq
- Boite de.
- Matière a--' transmuter
- FIG. 11. --- SCHÉMA DE PRINCIPE DU « CY-
- CLOTRON )) DU PROFESSEUR LAWRENCE En réalité, les protons effectuent entre 50 et 400 tours avant de sortir du cyclotron et de tomber sur la cible qui leur est offerte. A chaque demi-tour, leur énergie s'accroît de 10 000 à 20 000 volts suivant la tension d'alimentation, du moins pour ceux qui tournent rigoureusement en phase avec cette tension.
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- LA TR ANS MU T AT ION DE LA MATIÈRE
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- FIG. ] 2. - Vl7E ILENSEMBLE DU « CYCLOTRON )> I)U
- PROFESSEUR LAWRENCE, A L ’ UN I VE RS IT É DE CALIFORNIE
- déjà élevée, mais qui ne dépasse pas 10 000 ou 20 000 volts. La figure 10 montre un modèle de tube, producteur de protons rapides par accélérations successives, réalisé par M. J. Thibaud. Les protons, produits dans le ballon sphérique, traversent une série de tubes de longueurs croissantes. Ces tubes sont reliés alternativement aux extrémités d’un générateur à haute fréquence, réglé de telle manière que les protons passent d’un tube à l’autre au moment précis où la tension est maximum. Ils reçoivent ainsi, par impulsions successives, une énergie de plus en plus grande.
- C’est sur un principe analogue que repose le « cyclotron » construit pour le professeur Lawrence à l’LTniversité de Californie. Les ions, au lieu de suivre un trajet rectiligne, parcourent une trajectoire constituée par des arcs de cercle raccordés les uns aux autres et dont les rayons vont en croissant. Les ions se déplacent, en effet (fig. 11), dans un puissant champ magnétique vertical, et on sait qu’en l’absence de toute autre action les particules électrisées y décrivent des circonférences.
- Dans ce mouvement, elles passent d’une moitié à l’autre d’une boîte en cuivre coupée en deux.
- Chaque partie étant reliée à une extrémité d’un générateur à haute fréquence, les ions
- reçoivent des impulsions à chaque passage, soit deux impulsions par tour, et décrivent de ce fait des circonférences de plus en plus grandes. Il faut, bien entendu, que la fréquence du générateur et la valeur du champ magnétique soient ajustées de telle manière que la fréquence de rotation de l’ion coïncide avec la fréquence du champ électrique alternatif. Le maximum d’énergie qu’un proton ainsi accéléré puisse acquérir est d’autant plus élevé que l’électroaimant est plus puissant. Il est généralement de 6 à 10 millions de volts. Quant à l’intensité du rayonnement, elle peut atteindre des valeurs notables. Le « cyclotron » actuellement en construction et qui doit être monté au laboratoire de physique atomique de M. Joliot pourra débiter près de 80 microampères.
- On sait, aujourd’hui, réaliser plus de 150 transmutations
- Sous l’effet d’un champ électrostatique intense ou, ce qui revient au même, comme nous venons de le voir, par des impulsions successives, les particules électrisées acquièrent des vitesses considérables. C’est ainsi que Rutherford a calculé que, sous une tension de 10 millions de volts, la vitesse d’un proton (noyau d’hydrogène) atteint 44 x I0S cm/s, soit 44 000 km/s. Dans les mêmes conditions, le deuton (noyau d’hydrogène lourd) et la particule a (noyau d’hélium) atteignent tous deux 31 000 km/s, soit plus du dixième de la
- FIG. 13. — LA CHAMBRE D’ACCÉLÉRATION DU « CYCLOTRON » DE LAWRENCE AVEC LES DEUX BOITES SEMI-CIRCULAIRES ET LA SOURCE D’iONS POSITIFS (PROTONS OU DEUTONS) DESTINÉS A PRODUIRE LES TRANSMUTATIONS
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- vitesse de la lumière. Indiquons, à titre de comparaison, que la particule a émise par le radium C et qui parcourt dans l’air environ 7 cm possède à l’émission une vitesse de 19 000 km/s.
- Malgré tout, lorsqu’on essaye de faire agir de telles particules sur des éléments lourds, dont le noyau renferme un nombre élevé de charges positives, on obtient un résultat à peu près nul, à cause de l’énorme répulsion qu’exerce alors le noyau. C’est ici que les autres particules, dont nous avons parlé au début, les neutrons, nous sont d’un grand secours. Etant électriquement neutres, ils échappent à la répulsion des noyaux. Il est même curieux de constater, comme l’a fait le physicien italien Fermi, que les neutrons rapides sont beaucoup moins puissants, comme agents de transmutation, que les neutrons préalablement ralentis en leur faisant traverser, par exemple, une couche de substance hydrogénée.
- Aujourd’hui, à l’aide des unes ou des autres parmi les particules ci-dessus ou même de photons immatériels (grains d’énergie radiante émis par les corps radioactifs), plus de cent cinquante transmutations ont été réalisées ; c’est ainffi qu’avec du soufre on obtient du phosphore, avec du sodium on obtient du néon, avec du fluor on obtient de l’oxygène, etc. Parmi les éléments ainsi fabriqués, beaucoup étaient jusqu’ici inconnus, c’est-à-dire qu’il s’agit d’isotopes (1) d’éléments connus, non réalisés dans la nature ou disparus depuis longtemps parce qu’ils sont instables et radioactifs. On connaît ainsi un radio-aluminium, un radio-zinc, deux radio-azotes, etc., etc. En général, leur « vie » est très brève, de l’ordre de quelques secondes ou quelques minutes. Cependant la période de désintégration du radio-sodium atteint quinze (1) Voir La Science cl la Vie, n° 200, page 105.
- heures (1). C’est à Mme I. et M. F. Joliot-Curie que revient le mérite d’avoir découvert la radioactivité artificielle, dont il est encore impossible de discerner les énormes conséquences tant dans le domaine de la physique théorique que dans celui des applications biologiques ou médicales.
- Signalons encore, à titre de curiosité, que le physicien italien Fermi, en bombardant le dernier et le plus lourd de tous les éléments de la classification de Mendeleïeff, l’uranium, a obtenu un élément entièrement nouveau, l’ékarhénium, qui occuperait le n° 93 de cette classification. Ainsi se trouverait atteint et même dépassé le vieux rêve des alchimistes, au moins qualitativement. En quantité, nous sommes encore et resterons sans doute longtemps loin de compte. Pour les éléments radioactifs provenant de transmutations, leur existence a bien pu être démontrée par des manipulations chimiques ; mais cela n’a été possible que grâce à leur rayonnement qui permet de les déceler même quand le nombre d’atomes « fabriqués » est très faible, ce qui est malheureusement le cas dans l’état actuel de la technique. M. Magat a pu calculer que si Mme I. et M. F. Joliot-Curie voulaient utiliser leur préparation de polonium — qui est une des sources les plus intenses du monde en rayons a — pour fabriquer à partir de l’azote 1 milligramme de bore de transmutation, l’opération durerait 600 millions d’années, en supposant le polonium régénéré au fur et à mesure pour conserver constant son rayonnement. De nombreux progrès restent à accomplir dans le domaine des hautes tensions avant de pouvoir mesurer sur la balance les produits de nos transmutations. J. Bodet.
- (1) On désigne sous le nom de période la durée au bout de laquelle la moitié des atomes présents ont été désintégrés.
- Entre le Reich actuel et le Japon moderne, voici des similitudes : l’Allemagne, pays de transformation industrielle, est pauvre en matières premières ; il en est de même du Nippon. Les deux nations recherchent à la fois ces matières pour fabriquer et des débouchés pour vendre. Dans les deux pays dominent le « clan » militaire et l’organisation des trusts. Même formule financière : les autorités d’Em-pire réarment à outrance et à crédit. Le gouvernement japonais vient d’entreprendre une guerre évidemment à crédit ; pour la mener à bien, il arme à outrance au risque de ruiner son crédit extérieur déjà si compromis : la dette nippone est passée, de 1917 à 1937, de moins de 3 milliards de yen (le yen vaut actuellement 6,2 environ, août 1937), soit 18,6 milliards de francs, à plus de 12 milliards de yen, soit plus de 74 milliards de francs. Une telle évaluation dispense de commentaires.
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- VOICI DE NOUVEAUX PROGRÈS DANS LA MÉTALLURGIE DE L’ALUMINIUM
- L’aluminium a pris dans l’industrie mondiale une place prépondérante au cours du dernier quart de siècle, telle que l’on peut la comparer, quoique d’assez loin, à celle conquise par l’acier au cours du XIXe siècle. Si on examine le marché de l’aluminium, dont les applications sont aujourd’hui si multiples et si variées sous forme de métal et surtout d’alliages, on constate que les prix se sont abaissés progressivement (1), mais sans être soumis aux fluctuations désordonnées qui caractérisent le marché de certains métaux tels que le cuivre et l’étain, par exemple.
- Cela tient à ce que le marché mondial de l’aluminium est solidement tenu grâce à des ententes internationales et que, sur le marché français, il est, en outre, sérieusement protégé contre toute concurrence étrangère. Une surproduction de ce métal paraît donc impossible, mais il n’est pas totalement à l’abri de la concurrence de certains produits de remplacement, tels que le cuivre.
- Ceci dit, il importe d’examiner ici le point de vue technique de la métallurgie de l’aluminium, qui peut évidemment influencer le prix de revient du métal grâce aux perfectionnements techniques récemment réalisés, et dont doit logiquement tenir compte le cartel de vente.
- Certains spécialistes ont en effet calculé que le coût de production de 1 kg d’alu-minium-métal est passé, de 1914 à 1936, de 1,35 f à 5,40 f, alors que le prix de vente a varié de 2,25 f à 11,25 f pendant le même laps de temps. En tenant compte des indices, il est vraisemblable d’admettre que le coût de production du métal est actuellement à l’indice 400 et le prix de vente à l’indice 500. Mais ce qui nous intéresse plus particulièrement, c’est toujours de rechercher comment les progrès de la science appliquée sont susceptibles de modifier les conditions économiques d’obtention des matières premières et des produits fabriqués dans les principaux pays d’Europe et d’Amérique. Là comme ailleurs, on a enregistré dans l’industrie de l’aluminium des améliorations notables pour la préparation du métal brut.
- En ce qui concerne en effet la fabrication de l’alumine à partir de la bauxite, de nouveaux procédés plus économiques, dus à un ingénieur français, M. Seailles, ont été déjà exposés au cours du Congrès de Chimie industrielle de Bruxelles de 1935.
- En outre, pour la fabrication de l’aluminium à partir de cette alumine, une technique nouvelle permettant de réduire la consommation d’énergie électrique nécessaire, ainsi que la consommation de cryolithe, produit coûteux d’importation étrangère, a été récemment proposée par un autre ingénieur français spécialisé, M. Ferrand, dont les travaux font autorité dans ce domaine — relativement nouveau — de la métallurgie des métaux légers.
- (1) Cours successifs en francs par kg de cuivre et d’aluminium, extraits d’une étude détaillée de M. Ferrand, publiée dans La Revue d’Economie politique, numéro de mars-avril 1937, et intitulée Le problème des prix dans la métallurgie de l’aluminium.—1900 : cuivre, 1,90 ; aluminium, 3,25. 1903 : cuivre, 1,58 ; aluminium, 3,50. 1906 : cuivre 2,56 ; aluminium, 4. 1909 : cuivre, 1,62; aluminium, 1,50, 191 « ; cuivre, 2,13 : aluminium, 2,10.1914 ; cuivre, 1,70 ; aluminium, 2,25,
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- Ce processus électrolytique perfectionné aboutirait, en résumé, à abaisser le prix de revient du métal dans des proportions appréciables, qui dépendent, bien entendu, du prix que l’on doit payer l’énergie électrique (en France notamment), dont ce produit est gros consommateur.
- Laissant intentionnellement de côté ici la politique des prix de vente, nous tenons à faire remarquer qu’on doit envisager l’ensemble des industries de transformation dérivées d’un produit déterminé, tel qu’un métal comme l’aluminium qui, par l’importance de ses applications, peut être considéré comme un produit-clé.
- L’évolution d’un tel marché doit nécessairement tenir compte des perfectionnements techniques possibles, si aucune entrave n’est apportée au libre jeu des lois économiques qu’on a trop tendance à violenter aujourd’hui.
- Nul doute qu’à cet égard les travaux récents de M. L. Ferrand, exposés au cours de la XIIIe Semaine de Discussions publiques de la Société Française des Electriciens, en novembre 1936, ne présentent, à ce point de vue, un réel intérêt technique et économique. La lecture de ce mémoire, publié tout récemment (Bulletin de la Société Française des Electriciens de mars 1937), est particulièrement instructive et il est à noter qu’au cours de la discussion publique qui a suivi cette communication les idées de l’auteur n’ont soulevé aucune objection.
- Ces recherches et leurs conclusions permettent, en quelque sorte, de découvrir des horizons nouveaux et autorisent des vues nouvelles sur les problèmes techniques essentiels de la métallurgie de l’aluminium, sur lesquels nous aurons, du reste, l’occasion de revenir.
- Par suite de son emploi, de plus en plus généralisé, en particulier dans la construction mécanique moderne, il constitue en effet l’un des éléments les plus précieux de notre économie nationale dans le domaine des matières premières. Et, au point de vue du minerai d’aluminium (bauxite), la France est privilégiée.
- POUR RÉGLEMENTER LA VENTE DES ENGRAIS
- Avant l’expiration du régime des décrets-lois (31 août 1937), le ministère de l’Agriculture a fort à propos réglementé, par l’un de ces décrets, la vente des engrais dits «composés ». Sous prétexte de servir les intérêts de la culture en France et d’améliorer ses rendements, certains fabricants de produits chimiques « inventeraient » des formules d’engrais plus ou moins complexes, vendus sous des dénominations diverses, sans aucune indication sur la teneur en éléments fertilisants (on a compté jusqu’à I 400 appellations de ce genre !). Non seulement l’acheteur ignorait donc la valeur fertilisante exacte du produit, mais encore il n’avait à sa disposition aucun élément pour apprécier sa valeur marchande par rapport aux engrais chimiquement définis entrant dans sa composition. Les abus se sont ainsi multipliés aux dépens du cultivateur, qui payait trop cher un produit d’une qualité fertilisante trop faible. Le paysan de France, déjà accablé de frais sensiblement majorés pour l’achat des produits industriels indispensables à son exploitation, avait droit au moins à ce que la fraude ne vînt pas encore inutilement accroître ses dépenses. C’est en effet dans ce but que le décret-loi du 31 août 1937 a institué un Comité national des engrais et amendements pour réglementer la composition de ces engrais et amendements, déjà trop onéreux quand ils sont bons, à plus forte raison quand il y a fraude. A ce propos, il paraîtrait, en outre, équitable de fixer officiellement le prix de vente des engrais (pour éviter la hausse parfois injustifiée), car c’est surtout l’engrais qui grève déjà trop lourdement les prix de revient agricoles (1).
- Pourquoi le cultivateur vendrait-il son blé au prix fixé par l’Etat et achèterait-il ses engrais au prix exigé par un consortium de produits chimiques qui agit à sa guise en dépit du Comité National de Surveillance des Prix ? C’est en se plaçant
- (1) On a constaté, au cours de ces six derniers mois, une hausse sur les différentes catégories d’engrais qui atteint déjà 15 à 20 % par rapport à juin 1936.
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- à ce point de vue de l’équité que certaines personnalités compétentes, appartenant au Parlement, envisageraient la création d’un Office des Engrais comme il existe déjà un Office du Blé.
- LA COURSE AU MINERAI DANS LA SIDÉRURGIE ACTUELLE
- La sidérurgie allemande, en dépit de certaines difficultés pour s’approvisionner en minerais, a déjà atteint le tonnage de sa production en acier qui était, en 1929, l’une des plus élevées enregistrées par le Reich. De son côté, la Grande-Bretagne poursuit activement ses fabrications d’armements qui exigent aussi beaucoup de métal. On sait que la sidérurgie anglaise est l’une des plus puissantes du monde par la quantité comme par la qualité de ses produits. Mais elle éprouve également certaines difficultés pour se procurer le minerai nécessaire. Sa politique économique, basée sur une situation financière prospère, lui permet, toutefois, de s’assurer à l’étranger les fournitures indispensables. La Suède (au minerai apprécié), la Norvège (au minerai également à haute teneur), le Brésil se sont empressés de passer contrat avec les métallurgistes anglais afin de leur procurer, pendant une période plus ou moins étendue, la matière première de leurs hauts fourneaux. Plus récemment encore, l’excellent minerai de Biscaye (Bilbao), dont la Grande-Bretagne était momentanément privée par la guerre civile espagnole, va de nouveau être transporté vers les ports du Royaume-Uni, à des prix avantageux grâce à des accords avec le gouvernement nationaliste qui pourra ainsi se procurer des devises appréciées : les affaires sont les affaires. Rappelons, à ce propos, que le minerai d’Espagne extrait de la région de Bilbao est constitué par de l’hématite brune «mamelonnée», à texture cristalline ou fibreuse, forme assez rare en Europe, qu’on ne trouve qu’en Allemagne (Siegen) et en Espagne (Bilbao) (1). Il existe également dans la péninsule ibérique de l’hématite rouge, bon minerai de fer très répandu dans le monde (Amérique du Nord, U. R. S. S., Angleterre, France, Afrique du Nord). Le minerai de Suède noir (magnétite), riche et pur, provenant des gisements de Norberg notamment, est pour ces raisons très apprécié. La sidérurgie moderne utilise aussi les ferrailles (nblons) dont La Science et la Vie a récemment (2) montré l’importance dans l’économie industrielle contemporaine. Quant à la France, son riche bassin lorrain (Briey), découvert vers 1860, la place au premier rang de la production de minerai. Aussi, rien que pour la fonte, elle dépassait, en 1929,10 millions de tonnes, se classant ainsi troisième dans le monde après l’U. S. A. (43 millions), l’Allemagne (13 millions). La crise économique a notablement réduit les tonnages, et notre pays n’a pu encore rétablir la situation de 1929, puisque, actuellement, sa production de fonte doit être encore inférieure d’environ 20 %, d’après la dernière statistique de 1936.
- «RADIO-JOURNAUX» ET «TYPO-JOURNAUX»
- Le Congrès des Dépositaires centraux des journaux de France et des Libraires, qui s’est tenu à Paris en octobre dernier, a voté une motion pour protester contre la concurrence de la presse radioélectrique (3). C’est un signe des temps. Menacée par ce que le vulgaire désigne encore improprement sous le vocable de T. S. F. (radio-journal, émetteur d’informations rapides à travers l’espace, au fur et à mesure que se produisent les événements, devançant ainsi le journal imprimé), la presse typomécanique se vend moins et se vend maintenant plus cher, en dépit des sacrifices
- (1) A propos de minerai espagnol, on doit signaler que, pour les pyrites (Huelva, etc.), des accords ont été signés avec le général Franco pour des fournitures régulières au Reich et à l’Angleterre. Celle-ci recevrait un important tonnage de pyrites de fer (fabrication de l’acide sulfurique et minerai pour hauts fourneaux) en échange sans doute de l’essence d’aviation fournie à l’aviation nationaliste.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 243, page 212.
- (3) Il reste à démontrer, par une enquête méthodique, dans quelle mesure les deux « Presses » interféreraient à tel point qu’elles se nuiraient mutuellement. A notre avis, elles doivent au contraire se juxtaposer et se compléter.
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- consentis par elle. Là encore, le progrès scientifique,de par ses applications techniques, a bouleversé les conditions de notre existence quotidienne. C’est, sur ce terrain, une concurrence analogue à celle qu’exerce la route vis-à-vis du rail. Or, il n’y a pas d’évolution « réversible » : tout organisme le mieux adapté à sa fonction triomphera de tous les obstacles. La radio — même brimée par des réglementations concernant ses émissions — saura s’évader et atteindre son but. La presse quotidienne réagira, elle aussi, à son tour, car elle aura — et saura sans doute — trouver de nouveaux et puissants moyens d’expansion. Qui l’empêchera — un jour — de télécommander (en utilisant les lignes des P. T. T.) d’une centrale d’informations, rédigées et composées à Paris, des linotypes — actionnées ainsi à distance — qui composeront le journal dans des centres régionaux. Là, il sera tiré, distribué sans avoir recours ni aux messageries lentes et onéreuses, ni aux communications téléphoniques et dépêches télégraphiques si coûteuses. Quand on pense qu’en 1937 le « papier » parisien transporté à Nice par les messageries de journaux ne parvient pas au public dans la même journée (1) !
- STOCKAGE OU SYNTHÈSE DES ESSENCES POUR L’AVIATION MILITAIRE?
- La question des approvisionnements et des ravitaillements, en cas de conflits armés, pose aux grandes puissances militaires des problèmes d’une importance primordiale dont dépend l’existence même de la nation. Le développement considérable de la fabrication des munitions, carburants, et des stocks de matières premières pour fournir aux armées des matériels de toutes sortes (fabrications de l’artillerie, constructions navales, constructions aéronautiques) exige aujourd’hui de telles ressources qu’on ne saurait les comparer à celles — déjà immenses — mises en œuvre par la guerre de 1914-1918.
- Parmi ces problèmes, celui concernant les carburants retient tout spécialement 1 attention des gouvernements actuels. La Grande-Bretagne ne vient-elle pas, à ce propos, d’établir un programme visant à « stocker » et à « distribuer » les réserves de produits pétroliers nécessaires à l’Angleterre en cas de guerre? D’après les rapports présentés cette année à l’« Institute of Fuel », l’Angleterre aurait besoin annuellement de : 4,5 millions de t d’essence (environ); 1 million de t de pétrole (lampant) ; 4,5 millions de t de gas-oil et de mazout ; 0,5 million de t de produits lubrifiants. M. Berthelot, expert en la matière, a fait remarquer à ce propos (G. C., 11-9-1937) que la France a consommé en 1936 : 2,2 millions de t d’essence ; 1,4 million de t de gas-oil et de fuel-oil ; 300 000 t (environ) de produits lubrifiants, et qu’elle a dû, par suite, importer près de 6 millions de t de produits pétroliers bruts. De son côté, l’Angleterre importe quotidiennement 30 000 t environ, ce qui correspond à l’entrée régulière dans ses ports de trois « tankers » par jour. Qu’arriverait-il dès lors, au cours d’hostilités, à ces navires pétroliers plus particulièrement visés par les sous-marins ennemis, sans oublier les bombardements aériens? C’est précisément après avoir examiné sérieusement cette situation éventuelle que les autorités britanniques compétentes avaient entrepris la fabrication de l’essence de synthèse obtenue sur leur territoire par voie d’hydrogénation de la houille, très abondante au Royaume-Uni. En dépit de résultats satisfaisants (qualités des essences ainsi fabriquées, amélioration des rendements, etc.), les Anglais ont estimé récemment que ces usines ne pourraient fournir assez rapidement le carburant nécessaire (quantité), même en ne tenant pas compte des sommes énormes à investir dans de telles installations et du prix de revient encore très élevé par rapport aux produits naturels (naphte). De plus, ces usines, réparties en certaines régions du territoire britannique, constitueraient certainement des objectifs aisés à détruire par l’aviation de bombardement. Ce sont
- (1) En Allemagne, des appareils téléimprimeurs de dimensions réduites permettent d’assurer l’impression typographique à distance. Il s’agirait d’adapter ce dispositif au journal... Ce n’est pas impossible.
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- de semblables considérations qui semblent avoir — momentanément du moins — suspendu l’exécution du plan de fabrication des carburants synthétiques (en vue d’obtenir notamment des essences d’aviation) à la suite de l’expérience industrielle de l’exploitation de Billingham (1). Non seulement la dépense à engager pour de nouvelles installations capables de fournir la totalité de l’essence nécessaire à la consommation britannique atteindrait peut-être plus de 20 milliards de nos francs actuels, mais encore le budget de l’Etat perdrait le bénéfice des taxes à l’importation. De là, la tendance à revenir aux anciennes conceptions de ravitaillement par constitution de stocks ; ceux-ci nécessiteraient, en effet, des sommes beaucoup moins importantes que dans le cas précédent, bien que les capitaux à immobiliser soient cependant considérables pour un semblable stockage. En vue d’aménager ces stocks, il faut évidemment construire des parcs à citernes (réservoirs en surface ou, de préférence, souterrains) et étudier la répartition des produits (essences) de qualités différentes suivant leur destination propre. On a ainsi établi, sur l’ensemble du territoire britannique, des régions de stockage de produits pétroliers de façon à satisfaire à la consommation d’une année au minimum. Il s’agit ici, bien entendu, d’une évaluation très approximative, car, en cas de conflit armé, qui peut savoir et ce qu’exigera la guerre moderne (motorisation, aviation, marine), et ce que le bombardement aérien aura détruit dans les parcs? En outre, il va de soi que, dans ce programme, les carburants de remplacement viendront suppléer au pétrole pour les besoins de la population civile (gazogène, gaz comprimés, etc.). Ceci dit, le stockage de 1’ essence (provenant de naphte) serait, dit-on, fixé à 5 millions de t. On distingue différentes qualités d’essence (aviation, automobile) classées suivant leur indice d'octane (2) et leur volatilité. La conservation des essences est assez délicate, par suite de formation des gommes, d’eau (avec le temps), qui modifient sensiblement les qualités du produit stocké, sans oublier les causes d’explosion (3). D’après le plan proposé à l’« Institute of Fuel », 250 parcs de 20 000 t chacun seraient établis sans adopter toutefois (par raison d’économie) des citernes souterraines, qui coûtent cinq fois plus cher que les réservoirs de surface. Par contre, des dispositions seraient prises pour le camouflage, la sécurité des manipulations, etc. Un réseau de pipes-lines répartirait enfin l’essence aux lieux voulus sur les différents points du territoire sans avoir recours aux moyens de transports ordinaires, beaucoup plus vulnérables. On évalue la dépense occasionnée par ce programme à 20 millions de sterling (soit à peu près une dépense supplémentaire de 600 f par tonne d’essence stockée et transportée).
- RÉFORME BANCAIRE ET CONSEIL SUPÉRIEUR DU CRÉDIT
- Un professeur du Centre de Préparation aux Affaiies — fondation de la Chambre de Commerce de Paris — vient, dans un récent ouvrage consacré à l’organisation d’un système bancaire, de nous faire connaître son opinion à ce sujet. La doctrine du laisser-faire était peut-être admissible quand les crises économiques n’avaient encore atteint ni l’acuité, ni la longueur de celles d’aujourd’hui. Tout finissait en effet par s’arranger, et alors la machine repartait toute seule... Mais maintenant, même
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 216, page 474.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 195, page 229.
- (3) C’est pourquoi dans certains pays on emmagasine les essences sous gaz inerte au point de vue chimique. Pour la conservation de l’essence, la « Royal Air Force « exige certaines limites relatives aux quantités de gommes qui, comme on sait, nuisent gravement au bon fonctionnement des moteurs d’aviation (il s’agit des gommes présentes au moment du stockage et aussi des gommes potentielles qui se forment au contact de l’air après plusieurs mois). C’est pourquoi certaines précautions minutieuses sont à prendre en vue de conserver au mieux les essences et d’en surveiller la composition chimique (notamment redistillations des essences stockées, comme on le fait périodiquement aux F,tats-Unis, par exemple). En Amérique, tout un plan de stockage a été, en effet également réalisé en tenant compte do l’expérience déjà acquise par les techniciens américains du pétrole qui, comme chacun sait, sont les meilleurs du monde. Il en résulte qu’une essence d’aviation qui vieillit est un carburant qui perd un nombre plus ou moins grand d’octane et, en aviation, cela est d’une importance primordiale.
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- si l’on demeure partisan de la liberté entière des transactions financières et industrielles, l’intervention de l’Etat se justifie dans une certaine mesure. Pour le domaine bancaire notamment, l’Etat n’a-t-il pas été obligé, dans la plupart des nations, de prendre des mesures afin d’éviter l’écroulement du système tout entier? Il s’agit donc soit de faire participer la puissance publique à la gestion des établissements de crédit, soit de les contrôler, d’une façon permanente. De là cette idée — qui est en marche — de créer un Conseil supérieur du Crédit ayant, en particulier, pour objet la distribution de ce crédit.
- De telles conceptions réformistes prennent corps, peu à peu, au fur et à mesure que les Banques — comme c’est le cas dans de nombreux pays — sont contraintes de solliciter le concours de l’Etat pour ne pas sombrer. Leur mauvaise situation financière provenait surtout de ce qu’elles s’étaient écartées de leur rôle essentiel — et initial — au point de vue à la fois économique et sociologique. L’économie dirigée devait fatalement conduire à envisager une réforme bancaire, puisque, selon nous, le « libéralisme du XIXe siècle a désormais vécu » (1).
- QUE SERA L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE NEW YORK EN 1939 ?
- La prochaine Exposition de New York — qui aura lieu en 1939, en même temps que celle de San Francisco (2) — préoccupe déjà l’opinion américaine, qui s’intéresse vivement à cette grande manifestation internationale. Elle sera consacrée à ce que devrait être la « vie future » en se basant sur les progrès actuels des sciences et des techniques et leurs possibilités de demain dans les domaines — si étendus et si variés — de leurs applications aux conditions de l’existence individuelle et collective : citoyen, cité, nation, continent. Ces conditions matérielles de l’existence humaine évoluent perpétuellement grâce aux conquêtes de l’électromécanique (relations de mouvement) et aux nouveaux moyens de manifester la pensée à travers le monde, grâce à la presse radioélectrique qui s’est juxtaposée à la presse typorré^anique, en attendant la télévision à domicile après le télécinéma at home. Dans cet esprit, les organisateurs de l’Exposition internationale de New York (Pâques 1939) se sont mis à l’œuvre —dès 1937. Sur le vaste emplacement de 160 hectares (soit, par rapport à celle de Paris, 1,6 fois plus) qui leur a été réservé à Flushing Meadow Park, le terrain a déjà été nivelé, nécessitant une dépense de 2 200 000 dollars (soit environ 450 millions de francs au change actuel). L’Administration centrale va incessamment s’installer dans son « building » qui, à lui seul, coûtera pour sa construction plus de 20 millions de francs. Le président du Comité d’organisation, M. Grover-Whalen, venu à Paris au cours de l’été dernier, a annoncé l’édification d’un «Palais symbolique » pour matérialiser, en quelque sorte, cette formule adoptée pour la grande manifestation américaine : « Réaliser le monde de demain » (Building ihe World of to morrow). D’après M. Dorsenne, qui a vu les maquettes, il s’agirait d’édifier (d’après le projet retenu de Harrison et Fouilhoux) une sphère immense d’un diamètre de l’ordre de 66 m, reposant sur huit colonnes de 12 pieds de haut (soit 4 m environ), ces colonnes formant à la fois support et fontaines en verre (lumineuses de nuit, bien entendu) et constituant ainsi des jets d’eau puissants qui paraîtront supporter la vaste sphère sur des colonnes liquides. Du point de vue décoratif et imaginatif, cette conception est bien spécifiquement américaine ; sous l’angle artistique, elle est discutable... Dans le voisinage de cette colossale mappemonde s’élèvera une sorte d’obélisque également géant, mais de section triangulaire, déjà désigné sous le vocable de « trylon » et qui complétera « harmonieusement », dit-on, la « périsphère ». On pénétrera dans celle-ci au moyen d’escaliers mécaniques se mouvant dans des cages de verre verticales jusqu’à la hauteur d’une porte établie dans la sphère à 16 m au-dessus du sol, porte qui donnera accès à l’intérieur de cette sphère où sera disposée
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 242, page 141.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 238, page 304.
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- une galerie circulaire de 150 m de circonférence animée d’un mouvement giratoire et d où l’on contemplera le panorama grandiose et symbolique du « monde de demain »... Là évolueront toutes les machines aériennes perfectionnées, y compris peut-être l’homme volant individuellement, et se manifestera la lumière (1) sous toutes ses formes : luminescence, plus particulièrement. Il faut nous attendre à contempler des aspects inattendus, générateurs de sensations neuves ! La sphère sera reliée à la pyramide voisine par une passerelle et les visiteurs regagneront le sol en pente douce au moyen d’une rampe hélicoïdale ! Le tout, évidemment, puissamment éclairé extérieurement, la nuit venue, par des projecteurs de couleurs variables, aux combinaisons inédites. A plus de dix-huit mois de distance, nous ne pouvons encore concrétiser ce que sera l’âme de cette Exposition de New York, si on en juge seulement par ces « attractions » quelque spectaculaires qu’elles soient ! Mais, selon nous, les grandes manifestations internationales périodiques doivent faire une large place aux synthèses : les génies inventeurs (ingenium) et les constructeurs réalisateurs de tous pays ne doivent-ils pas, en effet, présenter en de telles circonstances les créations à la fois les plus audacieuses et les plus spécifiques du tempérament national des pays auxquels ils appartiennent ?
- RENDEMENT SOVIÉTIQUE INDUSTRIEL ET FORMATION TECHNIQUE
- La production moyenne de fonte par ouvrier et par an est aux Etats-Unis d’Amérique (le plus grand producteur du monde) de l’ordre de 1 800 t ; en U. R. S. S., ce rendement n’atteint pas 600 t. Le même rapport existe entre la production d’acier américain et d’acier soviétique (2 000 t contre 700 t). Ceci explique pourquoi les prix de revient en U. R. S. S. sont particulièrement élevés, comparés à ceux des autres nations industrielles. Et, cependant, les établissements sidérurgiques construits par le gouvernement des soviets sont des plus modernes et possèdent un équipement technique de premier ordre, fourni, du reste, par les meilleures firmes allemandes et américaines. Par contre, la main-d’œuvre soviétique est moins bien adaptée à sa tâche et beaucoup plus nombreuse que dans les exploitations métallurgiques similaires de l’étranger. Ainsi, par exemple, un haut fourneau récemment construit à Dombas (U. R. S. S.) exige plus de 200 ouvriers, alors qu’à Gary (U. S. A.) — sur les bords du lac Michigan (2), centre métallurgique le plus puissant du monde — il n’en faut que 80 ! Un four Martin américain utilise seulement 54 ouvriers ; un four Martin soviétique, 150. Cette surabondance de personnel en U. R. S. S. paraît due à une spécialisation et à une rationalisation à outrance que ne justifie pas le fonctionnement de l’outillage ultra-moderne installé par les ingénieurs allemands et américains. Si on compare — à usine équivalente et à puissance de production égale — l’industrie soviétique et l’industrie américaine, pour la même fabrication, on constate donc un gaspillage d’effectifs invraisemblable qu’on peut évaluer par ces deux nombres : U. R. S. S., personnel employé (pour une usine en tout point comparable à celle installée aux Etats-Unis), près de 1 700, soit approximativement 2,7 fois plus qu’aux U. S. A. (625). C’est plus particulièrement dans le péril) Nous renvoyons ici aux articles de La Science et la Vie sur les nouveaux procédés d’obtention de la lumière en dehors de l’utilisation de l’incandescence, qui sera certainement de plus en plus concurrencés par la luminescence. M. Georges Claude a émis à ce sujet, grâce à ses remarquables découvertes et ses incessants travaux sur l’éclairage, des prévisions qui se réaliseront — pratiquement — un jour. On sait que l’incandescence est caractérisée par le fait que l’énergie des radiations émises est empruntée à la température seule (voir La Science et la Vie, n° 123, page 181), tandis que, dans la luminescence — qui englobe tout ce qui n’est pas incandescence — l’énergie rayonnante provient d’autres formes de l’énergie (mécanique, tel que le frottement ; chimique, comme l’oxydation du phosphore ; électrique, dans l’électroluminescence des tubes; luminescence, phosphorescence et fluorescence). On dit qu’un corps est phosphorescent lorsque la réémission de la lumière se continue un temps appréciable après que l’excitation a été interrompue, et fluorescent quand cette réémission disparait dès que l’excitation cesse. Exemple de phosphorescence : la peinture au sulfure de zinc ; de fluorescence : une solution de fluorescéine est parfaitement incolore si on la regarde par transparence et apparaît verdâtre si on l’examine latéralement. (Voir La Science et la Vie, n° 144, page 447.) — (2) Voir La Science et la Vie, n° 180, page 477.
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- sonnel de maîtrise et le personnel administratif que nous trouvons l’écart le plus grand : 4 fois plus en U. R. S. S. .qu’en U. S. A. C’est là, évidemment, un facteur qui alourdit considérablement le prix de revient des produits sidérurgiques, et, de plus, ceux-ci laissent trop souvent à désirer au point de vue de leur qualité. Il suffit, pour s’en rendre compte, de lire certains rapports techniques publiés périodiquement à Moscou sur ces questions relatives à la production. Ajoutez à cela les frais de transports très élevés — le magnifique et puissant centre sidérurgique de Magnitogorsk (Oural) fait venir son combustible des gisements houillers de Kouznietzk (Sibérie), situés à plus de 2 500 km de distance (1) — et vous vous rendrez compte de la majoration de prix qui en résulte ; le coke métallurgique, entre autres, revient ainsi deux fois plus cher à Magnitogorsk que pour les usines situées dans le sud du territoire russe. Quel dommage que ces installations sibériennes aussi perfectionnées, dépassant en capacité même celles des Etats-Unis, ne soient pas rationnellement exploitées et économiquement administrées comme en Amérique ou en Europe Occidentale ! Nous avons déjà antérieurement, au cours d’une série d’études consacrées à l’économie soviétique (2), montré quelles richesses en matières premières renferment la Russie d’Europe et la Russie d’Asie, et quel avenir industriel était réservé à ce grand pays dont le développement pourrait être comparable à celui des Etats-Unis il y a plus d’un siècle. Nous n’avons pas craint d’affirmer que, pour atteindre un tel degré de perfectionnement dans la production, il fallait former tout d’abord, grâce à un enseignement technique approprié, les cadres et la main-d’œuvre nécessaires à chaque industrie. Cela ne peut se faire évidemment sans le concours du temps et d’une éducation professionnelle du peuple slave qui, au cours de générations successives, sera alors capable de s’assimiler les méthodes européennes et américaines et de rivaliser avec les ouvriers qualifiés des autres pays industriels. Nous n’en sommes pas encore là, et c’est ce qui explique bien des choses... (3).
- COMMENT L’ŒIL ÉLECTRIQUE PERMET DE RÉCOLTER LE COTON
- La cellule photoélectrique (4), que l’on désigne souvent sous le nom d’œil électrique, vient de trouver encore une nouvelle application dans la construction d’un appareil destiné à supprimer la récolte du coton à la main.
- Jusqu’ici, en effet, tous les « mécanismes » essayés présentaient le défaut capital de cueillir aussi bien le coton à point que le coton qui ne l’était pas encore, et c’est ce grave inconvénient qui avait obligé à conserver le procédé manuel de récolte pour effectuer la sélection indispensable au bon rendement de l’exploitation.
- Un inventeur américain, M. Charles-S. White (Moline, Illinois), a pris récemment un brevet assez original : son appareil comporte une cellule photoélectrique qui permet de discriminer le coton mûr du coton qui ne l’est pas. En effet, le coton qu’on ne doit pas encore cueillir ne possède pas un nombre de fibres blanches suffisant pour que la cellule soit suffisamment impressionnée par la lumière émise. Mais lorsque, au contraire, une touffe de coton se trouve dans les conditions requises pour la cueillette et passe en face de l’appareil, le courant électrique engendré dans la cellule déclenche immédiatement un «preneur» qui saisit le coton et le place sur un « transporteur », qui le conduit dans une poche disposée à l’arrière de l’appareil qui le recueille : la récolte est faite, grâce à la sélection électromécanique.
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 166, page 264.
- (2) Voir La Science et ta Vie, n° 213, page 229 ; n° 215, page 391 ; n° 231, page 175 ; n°244, page 261.
- (3) L’U. R. S. S. sans dette extérieure, — et pour cause, — sans dette intérieure, dispose annuellement d’environ 6 milliards d’or métal (évalués en francs), provenant de l’extraction du sous-sol (Oural) qu'il peut jeter sur le marché international de l’or pour se procurer des devises appréciées. Grâce aussi ii une récolte de blé dont il peut exporter environ la moitié, il est également en mesure de s’approvisionner de « change * dans de bonnes conditions (plusieurs dizaines de milliards de francs par an, suivant la valeur de la récolte). L’Etat soviétique est donc actuellement l’un des plus riches du monde en métal précieux ou en devises appréciées. Cela lui permet d’acquérir à l’extérieur ce qui lui manque et de poursuivre â bon compte sa propagande à l’étranger.
- (4) Voir La Science et lu Vie, n° 214, page 265.
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- LA MITRAILLEUSE CINEMATOGRAPHIQUE, « ARME » D’ENTRAINEMENT POUR L'AVIATION DE CHASSE
- Par Pierre KESZLER
- Dans le combat aérien — comme du reste dans les rencontres navales et terrestres — le rendement dépend essentiellement de la puissance du feu. Aux vitesses qu'atteignent aujourd'hui les chasseurs et les bombardiers, de l'ordre de 350 à 550 km/h, le service des engins d'attaque et de défense, mitrailleuses en particulier, est devenu particulièrement difficile. En effet, il s'agit, pendant un laps de temps très court, d'évaluer les corrections à apporter à la visée sur l'objectif en tenant compte et de la vitesse propre du tireur et de celle du but sur leurs trajectoires respectives. L'éducation des réflexes du mitrailleur, dont dépend évidemment l'efficacité du tir, est aujourd'hui assurée, dans la plupart des formations aéronautiques, au moyen de mitrailleuses cinématographiques. Ces engins d'instruction permettent de déterminer avec précision les points d'impact présumés des balles « fictives » au cours de combats d'entraînement. On se rapproche ainsi, autant qu'il est possible, des conditions du combat réel, pour former des mitrailleurs capables de devenir des tireurs habiles et scientifiquement adaptés à leurs fonctions en cas de guerre.
- La question de l’efficacité du tir est, pour les avions militaires, au moins aussi importante que celle de la vitesse. En effet, quelles que soient leurs qualités de rapidité et de maniabilité, ces appareils sont exposés à combattre, c’est-à-dire à essuyer le leu des avions de chasse ennemis et à leur riposter de façon à les descendre au lieu d’être descendus par eux.
- Or, les vitesses couramment réalisées aujourd’hui en aéronautique amènent, dans la conduite du tir, des conditions nouvelles qui modifient considérablement les méthodes antérieures. La trajectoire suivie par les projectiles ne dépend plus, en effet, uniquement de leur vitesse initiale, si élevée soit-elle, mais est tributaire également de la vitesse de l’avion.
- Si nous considérons le cas de la mitrailleuse de capot, tirant à travers l’hélice suivant l’axe de l’appareil, la vitesse initiale se trouve augmentée de celle de l’avion au moment du départ du coup. Il faut donc ajouter à cette vitesse initiale, qui est de l’ordre de 850 m/s, la vitesse de l’avion qui peut aller de 100 à 130 m/s (360 à 460 km/h). Pour certains appareils de chasse qui dépassent les 500 km/h, l’augmentation atteint presque 150 m/s. Si la mitrailleuse tire en arrière, mais toujours dans l’axe du fuselage, ces vitesses de 130 à 150 m/s sont à déduire de la vitesse initiale qui se trouve ramenée à 700 m/s.
- La trajectoire suivie par le projectile ne saurait être la même dans les deux éventualités considérées, et le temps au bout duquel la balle atteindra le but variera dans de larges proportions. Encore ces deux cas sont-ils les plus simples cpie l’on puisse imaginer ; si le canon de l’arme fait un angle avec l’axe de l’avion, il faut « composer » la vitesse initiale et celle de l’appareil pour trouver la direction dans laquelle la balle partira (fig. 1).
- La correction-tireur
- En réalité, les choses ne se passent pas tout à fait aussi simplement que cela à bord d’un engin rapide. La composition des vitesses doit subir quelques corrections supplémentaires.
- Un avion ne se meut pas dans un plan, mais dans l’espace qui a trois dimensions. Sa vitesse n’est pas constante ; elle varie non seulement avec celle du moteur, mais aussi selon qu’il pique ou qu’il se cabre. D’autre part, sa vitesse et sa direction par rapport au sol, ne sont pas les mêmes que sa vitesse et sa direction par rapport à la masse d’air dans laquelle il se déplace, car cette masse d’air n’est pas immobile. C’est également dans cette masse d’air que le projectile poursuit sa trajectoire, et si ladite masse d’air ne se déplace pas parallèlement au plan vertical initial de cette trajectoire, la balle dérive, c’est-à-dire qu’elle s’écarte
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- FIG. 1.
- PRINCIPE DE LA CORRECTION-TI-
- REUR EN VUE DE TENIR COMPTE DANS LE TIR A PARTIR D’UN AVION DE LA VITESSE DE VOL L'avion, au moment du départ du coup, marche dans la direction AB avec une vitesse Va. L'axe de l'arme est dans la direction OM. Pour trouver la direction de départ de la balle, on porte en Om la vitesse initiale Vi du projectile et en Ob la vitesse Va de l'avion, et on trace le parallélogramme Omnb. La direction prise par le projectile est ON. On se sert en pratique de collimateurs de visée, automatiques ou non, qui dispensent le tireur de tout calcul compliqué.
- progressivement de ce plan suivant des lois complexes et difficiles à déterminer. De plus, la rotation de la balle sur elle-même provoque également une dérive.
- Tous ces phénomènes ont fait l’objet de recherches approfondies et il existe aujourd’hui des collimateurs de visée, automatiques ou semi-automatiques, qui permettent de corriger la position de l’arme.
- La correction-but
- Pour un mitrailleur en avion, le but — quant il n’est pas constitué par une troupe, un ouvrage au sol, ou une « saucisse » — est généralement un autre avion, c’est-à-dire un engin se déplaçant, avec une vitesse inconnue et variable, sur une trajectoire inconnue et variable, et qui se trouve, au moment du tir, à une distance inconnue, bien que généralement faible. Il s’agit donc de diriger son arme, non pas sur le but lui-même, mais sur le point où il se trouvera au moment de l’arrivée de la balle et faire en sorte que celle-ci parvienne à ce point à l’instant voulu. Si nous supposons, pour simplifier, que l’avion-but se déplace d’une manière uniforme sur une trajectoire rectiligne, il n’en faut pas moins apprécier l’angle formé par les trajectoires de l’avion assaillant et de l’avion assailli, évaluer la distance et la vitesse du but, et imprimer au canon de l’arme la correction qui en résulte (fig. 2).
- En l’occurrence, la vitesse élevée des avions, précieuse pour s’approcher de l’ennemi, devient un obstacle sérieux à un tir précis. Ces vitesses, de l’ordre de grandeur de
- 100 m/s, obligent, en effet, à ouvrir le feu vers 350 m et à le cesser aussitôt, car, dans la seconde suivante, les deux pilotes, si leurs trajectoires convergent, seront contraints de s’écarter l’un de l’autre pour ne pas entrer en collision ou, si les trajectoires divergent, se trouveront hors de portée.
- Pendant la dernière guerre, on tirait généralement entre 150 et 100 m. Si, aujourd’hui, on attendait d’être aussi près pour ouvrir le feu, on aurait toutes chances de détruire l’avion ennemi par emboutissage réciproque, ce qui n’est, évidemment, pas le but cherché.
- Cette nécessité de tirer de loin a singulièrement compliqué le problème, parce que si on peut admettre que, jusqu’à 150 m, la trajectoire du projectile est rectiligne, il n’en va plus de même entre 300 et 500 m, et qu’il faut, dès lors, trouver la hausse convenable ou bien accroître la vitesse initiale de la balle dans de fortes proportions — ce qui serait, à vrai dire, la solution optimum du problème, mais qui, au point de vue balistique, ne va pas sans de sérieux obstacles.
- En outre, la densité de l’air varie selon l’altitude à laquelle se déroule le combat, ce qui modifie la trajectoire de la balle et, par voie de conséquence, la hausse à adopter.
- FIG. 2. -- PRINCIPE DE LA CORRECTION-
- BUT DANS LE TIR CONTRE UN AVION EN VOL L'avion assaillant se trouve en A2 et sa trajectoire instantanée est figurée par la ligne A2-Ax. L'avion assailli parcourt la trajectoire supposée rectiligne A1-B1-C1-D1. En A2, l'avion assaillant tire une première salve en pointant son arme sur le point Bj où l'avion assailli et le projectile doivent parvenir simultanément. Si la correction est juste, le but est touché. Si, au contraire, l'assaillant a sous-estimé la vitesse de son but, il va tirer de B2 une nouvelle salve en ajoutant à la correction précédente, qui lui aurait donné un axe de visée Bjj-Cj, un nouvel angle qui le fait pointer sur Dx. L'avion assaillant, à partir du moment où il prend en chasse l'avion assailli, maintient constamment sa direction dans celle de l'adversaire en décrivant une courbe complexe A2-B-2C2, appelée « courbe du chien ».
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- LA MITRAILLEUSE CINÉMATOGRAPHIQUE
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- Si l’on considère qu’à tous ces problèmes viennent s’ajouter, pour le chasseur, celui du pilotage et celui de l’esquive devant les coups que tente de lui porter l’adversaire, on conviendra que le tir en avion n’est pas d’une simplicité enfantine.
- La formation du tireur
- Pour l’instruction du tireur, il faut commencer par les principes généraux de la balistique, puis donner les moyens pra-
- L’appareil « Horo-Ciné »
- Né en 1923, l’appareil Horo-Ciné affecte la forme et les dimensions d’une mitrailleuse Vickers ou d’une mitrailleuse Lewis. Le « canon » de l’instrument renferme un dispositif optique de grande luminosité qui projette dans la fenêtre d’impression d’une caméra cinématographique l’image du champ de tir, ainsi que deux droites — verticale et horizontale — formant réticule. D’autre
- FIG. 3. - VUE D’ENSEMBLE UK LA MITRAILLEUSE CINÉMATOGRAPHIQUE UTILISÉE AUJOUR-
- D’HUI POUR L’ENTRAINEMENT AU TIR DES ÉQUIPAGES DE « CHASSEURS »
- La poignée de cet appareil sert à le pointer en direction. Au-dessous, on aperçoit la crosse, qui porte la gâchette de déclenchement du mécanisme de prise de vue. A la partie supérieure, et sur le côté, se trouve le collimateur de visée qui effectue semi-automatiquement la correction-tireur.
- tiques d’effectuer les corrections indispensables. C’est tout un enseignement théorique. Après quoi, il faut passer aux exercices pratiques. L’armée de l’air utilise pour cela un certain nombre de méthodes dont une des plus simples consiste à faire tirer les mitrailleurs avec des balles traceuses sur des ballonnets ou sur mieux encore des cibles remorquées par un avion.
- Quand l’élève-tireur commence à atteindre régulièrement le but, il faut le perfectionner, car autre chose est de tirer sur une cible dont on peut aisément apprécier la trajectoire et la vitesse, et autre chose que de faire mouche sur un appareil simulant les diverses phases d’un combat aérien. C’est alors qu’intervient un nouvel engin d’instruction : la mitrailleuse cinématograhpique.
- part, un chronomètre de précision, donnant les cinquièmes de seconde, est situé dans le champ d’un second objectif. Un magasin de film standard de 35 mm contient environ 38 m de pellicule. Selon la cadence adoptée, l’appareil prend 16 ou 32 images par seconde. Dans le premier cas, il n’enregistre que le champ de l’objectif principal, qui est de 225 millièmes; dans le second, une image sur deux est consacrée à l’impression des indications du chronomètre. Un ressort puissant assure le déroulement du film lorsqu’on agit sur la détente.
- Après avoir développé la pellicule, on étudie attentivement la position occupée dans le cadre du film par l’image du but ; d’après ses dimensions, on est en mesure, connaissant celles de l’avion-but et la focale
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- de l’objectif, de déduire la distance et, d’après les notes du tireur concernant sa vitesse et son altitude, de déterminer si une balle réelle aurait atteint l’objectif. En comparant les films pris par les deux « combattants » et en relevant l’heure exacte indiquée par les chronomètres, on sait lequel des deux tireurs aurait, le premier, abattu son adversaire.
- Les appareils étrangers
- La plupart des formations aéronautiques mondiales possèdent des mitrailleuses cinématographiques ; certaines vont même jusqu’à en équiper tous les avions. Selon les pays, on utilise le film normal ou le film delGmm (auxU.S.A., par exemple). Ces appareils, conçus à peu près tous de la m ê m e f a ç o n que V Iloro-Ciné, donnent des résultats satisfaisants, mais (pie les difficultés soulevées par l’accroissement des vitesses rendent insuffisants dans certains cas, notamment lorsqu’il s’agit de déterminer avec précision le point d’impact présumé de la balle fictive. Les dimensions de l’image, même agrandie, sont trop restreintes pour permettre un contrôle rigoureux.
- Ce sont des imperfections qui ont amené le constructeur de VIloro-Ciné à envisager la création d’un nouveau matériel susceptible de fournir une précision accrue.
- La « ciné-mitrailleuse »
- La ciné-mitrailleuse n’affecte plus la forme et les dimensions d’une arme réelle. Comme toutes les pièces extérieures d’un avion, elle répond aux exigences de l’aérodynamique. On retrouve, dans son fuselage, les mêmes
- organes que dans VHoro-Ciné, disposés différemment et d’une technique plus perfectionnée ; mais le format est agrandi. La pellicule a maintenant 65 mm de large. L’objectif, dont la focale est plus grande — ce qui donne une image plus importante — embrasse un champ de 450 millièmes au lieu de 225. Cette double précaution a été dictée par l’expérience. En effet, avec les vitesses actuelles, la correction-but devenait si importante qu’il arrivait fréquemment que le champ de l’objectif devenait insuffisant et que, pour une bonne correction, l’image de l’avion-ci-ble sortait du cadre du film.
- Par contre, la capacité du magasin a été réduite à 7 m 50 de film au lieu de 38, ce qui correspond à 225 images, chiffre largement suffisant, car les rafales cinématographiques, tirées à la cadence de 15 images/seconde,— e’est-à-dire à peu de choses près au même rythme que les rafales réelles, — n’excèdent pas 5 ou 6 images. Ce ralentissement de la cadence cinématographique, d’une part, et l’importance des déplacements angulaires de l’objet visé, entraînent une obturation relativement longue par rapport au temps d’exposition de la surface sensible, si on veut éviter les images floues ou filées.
- Comme il importe, au premier chef, que les images soient nettes, afin que les comparaisons et calculs postérieurs puissent s’exécuter, la construction de cette caméra spéciale a fait l’objet de soins remarquables, tant dans sa partie optique que dans sa partie mécanique. C’est vraiment un appareil de haute précision.
- l-’IG. 4. — FRAGMENT DE FILM PRIS PAR I.A « CINÉ-MITRAIEI.EUSE »
- Pour que l'objectif soit supposé atteint, il faut que la trajectoire de l'avion assailli prolongée passe par le cadre du réticule et qu'il se trouve, au, moment du départ du coup, à une distance du point de convergence telle que le temps qu'il mettra à l'atteindre soit égal à, celui que mettrait la balle à parcourir la distance qui sépare la mitrailleuse de ce même point.
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- Comment on utilise les épreuves de la «ciné-mitrailleuse»
- Nous avons exposé plus haut comment, en mesurant l’image, on pouvait savoir si, oui ou non, la balle correspondant à une image aurait touché le but. Grâce aux grandes dimensions de cette image, les calculs sont plus précis et, en outre, en comparant la silhouette photographique de l’avion visé à l’ombre portée par ime maquette du même appareil, on parvient à déterminer rigoureusement la trajectoire de l’avion-but au moment du pointage. En continuant le travail avec la même rigueur mathématique, on parvient également à savoir assez exactement en quel point de la cible le projectile a porté. Et ce point est capital. Il est bien évident que, si la balle a fait un trou dans le plan de dérive ou même dans le gouvernail de direction, l’avion ennemi ne s’en portera pas plus mal. Par contre, si le projectile a traversé l'habitacle du pilote ou celui du mitrailleur, touché le moteur ou crevé un réservoir, on peut considérer que l’avion aura été descendu.
- Toutefois, en dépit de la grande précision de ces mesures, pour interpréter les images, on est obligé de considérer comme acquis un certain nombre de points. C’est ainsi qu’on suppose qu’entre le départ du coup et l’arrivée de la balle sur le but, la vitesse et la trajectoire de la cible restent constantes, que toutes les balles obéissent aux mêmes lois balistiques, qu’aucune vibration de l’avion-tireur n’est venu modifier la position du canon de l’arme, que le supplément ou la diminution de vitesse causées par les montées en chandelle ou les descentes en piqué sont négligeables, que la dérive latérale sera régulière, etc...
- Malgré tout, cette méthode de contrôle donne d’excellents résultats, à condition que les tireurs possèdent, outre la science théorique, cet instinct du chasseur qui fait —- l’expérience le prouve actuellement sur différents théâtres d’opérations — que les balles atteignent leur but en dépit de la difficulté pour le pointeur d’apprécier, en une fraction de seconde, des angles, des distances, des vitesses et de traduire ces estimations en gestes précis (1).
- Le contrôle du largage des bombes par la photographie aérienne
- Certains pays étrangers utilisent, paraît-il, des appareils analogues pour l’instruction
- (1) Déjà, à la fin de la Grande Guerre, on avait coutume de chasser en escadrille ; seuls, quelques
- des bombardiers. En France, on n’a pas jugé utile, jusqu’à présent, d’en arriver là. Le bombardier se trouve, en effet, dans des conditions beaucoup plus favorables. Bien qu’il ne connaisse que très approximativement la vitesse du vent dans le lit duquel il se déplace, il peut connaître avec plus de précision sa vitesse par rapport au sol, son altitude et les caractéristiques des bombes qu’il doit larguer. Enfin, et surtout, on peut entraîner les bombardiers sur le terrain avec des bombes réelles.
- Toutefois, lorsqu’il s’agit de juger de l’aptitude du bombardier à atteindre effectivement un ouvrage important, il ne saurait être question de faire sauter une vraie gare pour lui faire la main. On a donc recours à la photographie aérienne. Le dispositif de largage des bombes actionne alors l’obturateur d’un appareil photographique qui prend un cliché du sol survolé. Le chef de bord note, ou fait noter l’heure, le numéro du cliché, la vitesse réelle, la vitesse relative et l’altitude, tandis que le pilote a soin de conserver une trajectoire horizontale et un régime constant du ou des moteurs. Une étude méthodique du cliché obtenu permet de contrôler avec précision l’altitude de l’appareil, par comparaison avec les dimensions connues des édifices photographiés, sa trajectoire instantanée, grâce au réticule de la chambre photographique, et la distance exacte qui séparait l’avion du but au moment du largage. En possession de ces renseignements, on peut déterminer avec une certaine précision le succès ou l’échec du bombardement fictif.
- Bien entendu, ces mesures sont effectuées sans tenir compte du trouble que pourrait apporter au bombardier la défense antiaérienne, ou l’attaque par des avions de chasse. II en est donc pour le bombardement aérien comme pour le combat entre avions : outre l’instruction théorique, il faut au lanceur de bombes un sang-froid particulier qui, dans les circonstances les plus défavorables, lui permette d’accomplir sa mission.
- PlHHKK IVKSZLElt.
- tireurs exceptionnels et remarquables pilotes se permettaient d'attaquer isolément un avion ennemi et parvenaient à le détruire. A plus forte raison aujourd’hui, la technique de l’attaque en escadrille est-elle presque seide envisagée, ce qui n’élimine pas toute chance à un chasseur d’élite de réussir à abattre seul un avion ennemi. De plus, les avions de reconnaissance ou de bombardement de 1918 possédaient des angles morts dans lesquels les avions de chasse tentaient de se placer pour frapper plus sûrement. Aujourd’hui, les appareils correspondants ont une défense intégrale sans angles morts, d’où la nécessité d’attaquer simultanément de plusieurs côtés pour en créer.
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- POURQUOI ON A CONSTRUIT UN AUTO-COMPRESSEUR A PISTONS LIBRES
- Par Jean MARIVAL
- A la suite du dernier Salon de VAutomobile, de nombreux abonnés nous ont demandé des renseignements techniques des plus variés sur les sujets les plus disparates. Au fur et à mesure que notre documentation sera mise au point, les études qui présentent un caractère d'intérêt général pour la majorité de nos lecteurs seront développées selon leur importance au cours de l'année 1938. Parmi les questions posées figurent notamment, à plusieurs reprises, l'examen comparé des différents modes de suspension en automobile, le développement du moteur Diesel dans la locomotion routière et aérienne, les nouvelles boîtes de vitesses, les matières plastiques dans le freinage moderne, les différents types de moteurs de conception neuve, les compresseurs d'air, etc. Dans ce dernier domaine, nous croyons devoir répondre au désir exprimé en décrivant le compresseur à « pistons libres » Pescara, qui constitue une curiosité mécanique peu connue dont les applications pratiques se multiplient sans cesse, depuis l'outillage pneumatique utilisé sur les chantiers de constructions jusqu'à la traction (locomotives il air comprimé), ainsi qu'à la production économique de l'énergie électrique et, demain, à l'aviation.
- L’air comprimé considéré comme fluide moteur a trouvé de nombreuses applications, notamment dans l’outillage pneumatique, dans le décapage au sable, la peinture au pistolet, etc. Toutes les fois que la quantité d’air est assez considérable, on doit le comprimer sur place (à moins qu’une distribution urbaine permette son emploi), tandis que, pour les petites applications, on peut se contenter de bouteilles d’air comprimé.
- Les appareils mis en œuvre pour l’obtention de l’air comprimé sont constitués généralement, personne ne l’ignore, par des groupes moto - compresseurs comprenant, d’une part, un moteur thermique ou électrique, d’autre part, le compresseur proprement dit, à pistons ou centrifuge. Le rendement du groupe dépend donc à la fois de celui du moteur et de celui du compresseur. Réunir les deux organes en un seul devait donc permettre d’améliorer ce rendement total. C’est ce qui a été réalisé récemment par l’ingénieur Pescara, par l’application du principe dit des « pistons libres ». Il consiste à transformer directement l’énergie fournie par la combustion d’un carburant en énergie de pression d’air comprimé, sans autre intermédiaire que l’énergie cinétique des pistons. Ainsi sont supprimées toutes transformations mécaniques du mouvement réalisées dans les machines alternatives par les bielles, arbres-manivelles et volants. Le rendement total doit donc être accru, grâce à la simplicité du système.
- Comment fonctionne
- l’auto-compresseur à pistons libres
- Signalons immédiatement que le volant nécessaire dans les machines ordinaires pour la compression de l’air comburant dans le ou les cylindres moteurs (nous considérons, en effet, le cas d’un moteur à combustion interne, où l’allumage n’est pas assuré par des bougies, mais par réchauffement dû à une forte compression de l’air nécessaire à la combustion) est remplacé, dans le compresseur à pistons libres, par la réserve d’énergie provenant de l’air comprimé pendant la course motrice. Nous verrons comment.
- Pour permettre de comprendre aisément le fonctionnement du compresseur à pistons libres, considérons tout d’abord le cas d’un seul piston (fig. 1).
- Dans un cylindre de moteur Diesel à deux temps, pourvu d’orifices de balayage et d’échappement, peut coulisser un piston de forme spéciale et dont la tête présente un plus grand diamètre que le corps. Cette tête se meut dans un cylindre de compresseur muni de ses clapets d’aspiration et de refoulement. Mais le piston présente une autre particularité. Il est foré suivant son axe, et dans la chambre de compensation ainsi formée s’insère un piston fixé rigidement sur le fond du cylindre compresseur. Nous verrons plus loin le rôle de cette chambre, qui est mise en communication avec le cylindre compresseur par des canaux.
- Voyons maintenant le fonctionnement du
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- système. Sous l’effet de la combustion dans le cylindre Diesel, la détente des gaz pousse le piston vers la droite. L’énergie de détente se transforme donc en énergie cinétique, et le piston comprime l’air dans le cylindre compresseur. Le bloc des pistons s’arrête lorsqu’il a transmis toute son énergie. A ce moment, il est renvoyé en sens inverse par la détente de l’air comprimé restant dans l’espace mort Pendant cette comprime, dans
- Piston Tète du Canaux
- Balayage mobile piston mobile /
- J. /=^-*n
- /Êtt3 • +•
- " Aspiration
- Cylindre' de Diesel
- Echappement |
- Chambré de compensation
- Piston
- fixe
- ï|—.
- ^Refoulement.
- 'Cylindre compresseur
- FIG. 1. -- SCHÉMA DE PRINCIPE DU FONCTIONNEMENT
- d’un AUTO-COMPRESSEUR A PISTONS LIBRES
- Sous l'effet de la combustion dans le cylindre du Diesel, le piston est poussé vers la droite. Dans cette course, il comprime l'air dans le cylindre compresseur et le refoule. Lorsque l'énergie cinétique du piston est absorbée, la détente de l'air restant dans l'espace mort du cylindre compresseur renvoie le piston vers la gauche. Pendant cette course, le piston comprime dans le cylindre du Diesel l'air comburant nécessaire à la combustion pour le cycle suivant. La chambre de compensation a pour but de maintenir constante l'énergie renvoyant le piston vers la gauche lorsque le régime varie. En effet, l'espace mort du cylindre compresseur ne reste pas constant lorsque le régime varie, et la quantité d'air disponible pour assurer le retour du piston pourrait devenir insuffisante. Mais, lorsque l'espace mort diminue, la compression augmente dans la chambre de compensation.
- du cylindre compresseur, course de retour, le piston le cylindre du moteur Diesel,
- l’air comburant nécessaire à la combustion pour le cycle suivant.
- Dans un tel système, il est aisé de comprendre que toute l’énergie cinétique du piston est utilisée pour comprimer et refouler l’air. Si on augmente la puissance motrice (c’est-à-dire la quantité de combustible injecté dans le cylindre Diesel), la course du piston s’accroît et le refoulement d’air également. Mais, dans
- ces conditions, l’espace mort diminue et, en même temps, la quantité d’air disponible pour assurer le retour en arrière du piston
- CPA
- FIG. 2. - COUPE d’un AUTO-COMPRESSEUR « PESCARA », A DEUX PISTONS OPPOSÉS
- A, cylindre Diesel ; B, orifices de balayage ; C, chambre de compensation ; D, embiellage de synchronisation ; E, orifices d'échappement ; F, injecleur de combustible ; G, cylindre compresseur ; H, clapet de balayage ; J, réservoir d'air ; L, piston de blocage des clapets de refoulement ; M, clapet auxiliaire de refoulement; P, pistons moteurs; Q, pistons compresseurs.
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- utilisé pour la compression de l’air comburant. C’est ici qu’intervient la chambre de compensation dans laquelle la pression d’air et, par conséquent, l’énergie emmagasinée s’accroissent avec la course du piston. Les dimensions de cette chambre sont précisément calculées pour que l’énergie totale (espace mort du compresseur -f- matelas d’air de compensation) soit constante à tous les régimes, de la marche à vide à la puissance maximum.
- La régulation d’une telle machine con-siste donc simplement à proportionner la quantité de combustible brûlé au volume d’air refoulé.
- Le régulateur, soumis aux variations de pression du réservoir d’air, agit donc sur le débit de la pompe à combustible, ce qui su Hit pour modifier simultanément la puissance motrice, la course du piston et le débit d’air de l’appareil.
- Ainsi que nous l’avons signalé, il n’y a pas, dans un tel dispositif, d’ac-cumula t i o n permanente d’énergie (pas de volant), ce qui permet d’atteindre une grande souplesse de marche. En effet, satisfaction peut être donnée instantanément à toute variation de débit d’air, et un arrêt subit peut être obtenu au cas d’une avarie quelconque ou d’une résistance anormale.
- Voici l'ingénieuse réalisation pratique
- des compresseurs à pistons libres
- La machine schématisée comme nous venons de le faire ne serait pas pratiquement réalisable, car les oscillations d’un seul bloc de pistons donneraient lieu à des réactions importantes sur le carter. Or, l’équilibrage nécessaire a été obtenu très simplement, en disposant dans un même cylindre-moteur deux pistons identiques opposés, se déplaçant en sens inverse, disposition qui a d’ailleurs fait ses preuves depuis long-
- temps dans certains moteurs Diesel (fig. 2).
- Considérons le piston compresseur refoulé vers la gauche par les gaz de combustion. Au début, l’air qu’il comprime s’échappe par des lumières spéciales, le clapet H et s’accumule dans le réservoir d’air de balayage pour s’échapper à fin de course par les lumières B. Les gaz brûlés sont entraînés vers l’échappement E. Continuant sa course, le piston Q obture ces lumières et comprime l’air dans le cylindre G (le piston de droite effectue en même temps les mêmes opérations). La synchronisation des mouvements des deux pistons est assurée
- par des bielles légères reliées à deux balanciers oscillants. Elles n’interviennent que pour compenser des efforts secondaires (différences d e frottement des segments, par exemple).
- Comment est assuré le démarrage, pourrait-on objecter, puisqu’il n’y a pas de réserve d’énergie dans ce système ? Il faut, en effet, obtenir la compression de l’air nécessaire à la première combustion. Dans le cas des machines de faible puissance, on utilise un ressort puissant, préalablement bandé à la main, et, pour les grosses machines, un dispositif pneumatique de lancement.
- Mais ce n’est pas encore suffisant, car, à ce moment-là, le réservoir J, et par suite, les espaces morts des cylindres compresseurs ne sont pas sous pression. Aussi bloque-t-on les clapets de refoulement au moyen d’un piston L poussé par des ressorts pour isoler momentanément les espaces morts d’avec le réservoir.
- Le refoulement ne peut se faire alors que par un petit clapet M, de sorte que la pression obtenue dans l’espace mort suffit pour renvoyer les pistons. Quand la pression dans le réservoir d’air est devenue normale, une soupape commandée par le régulateur met la surface externe du piston de blocage L
- FIG. 3.---ni.OC-MO'J'EUR D ’ AUTO - CO MP RES S1Î UIl DE 16 CH
- Ce type <!'auto-compresseur débite 1 500 litres d'air par minute, ét la pression de 7 kgjcin2. Sa consommation horaire pratique est de 2,400 kg de gas-oil et de 60 g d'huile. Pesant 700 kg, eet appareil est surtout destiné aux entreprises de travaux publics.
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- en communication avec l’atmosphère. Ce piston est alors repoussé par l’air comprimé et libère le clapet de refoulement normal.
- Ainsi l’auto-compresseur Pescara présente une grande simplicité mécanique ; son rendement est élevé ; toutes les forces alternatives y sont parfaitement équilibrées ; les démarrages sont toujours assurés, même par temps très froid ; le réglage du débit est automatique et instantané, à la demande des outils pneumatiques qu’il est susceptible d’alimenter, de zéro au maximum.
- De l’auto~ compresseur d’air à la tui>
- bine à gaz
- Actuellement, un petit modèle de compresseur de 16 ch est couramment utilisé par les entreprises de travaux publics. Il débite 1 500 litres d’air par minute à la pression de 7 kg/ cm2 et peut alimenter un gros brise-béton. Il est établi par la maison Bré-guet, qui a construit également un type de 32 ch dont un modèle a fonctionné jour et nuit, sans entretien, pendant plusieurs semaines, sur les chantiers de l’Exposition.
- Il a été également construit une machine de 200 ch qui a été montée, à titre d’essai, sur une locomotive de manœuvre, aux lieu et place de la chaudière. L’air comprimé à la pression de 10 à 15 kg/cm2 était envoyé directement aux cylindres de la locomotive.
- Dans le domaine de la traction sur rails, de nouvelles machines d’encombrement plus réduit sont actuellement à l’étude ; elles permettront d’équiper des locomotives beaucoup plus puissantes par le groupement d’unités indépendantes, d’où plus de souplesse et de sécurité.
- La consommation a été abaissée à 176 g
- de combustible par ch.heure en air comprimé adiabatique (1). Dans ces conditions, le rendement ressort à 25 à 26 %. Avec les nouveaux types de machines, ces chiffres, déjà excellents, seront améliorés.
- M. Pescara a étudié également une autre classe de machines à pistons libres, qui utilisent un nouveau cycle à pression variable et destinées à l’alimentation des turbines à gaz à basse pression et à basse température. Ces générateurs, où la pression
- moyenne est élevée dans le cylindre moteur, sont susceptibles de fournir une grande puissance sous un encombrement réduit et un faible poids. Leur application semble donc particiiliè renient intéressante dans les centrales électriques, et surtout dans la marine, et même l’aviation.
- Le rendement thermique des installations de ce genre atteindrait 36 à 38 %, soit les meilleurs rendements des moteurs Diesel, sans que la température des gaz envoyés aux turbines dépassent 500°. Ainsi se trouverait résolue industriellement la turbine à gaz, qui se heurte encore actuellement à de nombreuses difficultés dues notamment soit aux températures des gaz de combustion, difficilement compatibles avec une bonne marche des turbines, soit à des rendements insuffisants, si l’on se limite à des températures acceptables.
- On attend beaucoup des prochains essais industriels du premier générateur de ce type actuellement en montage. J. Mari val.
- (1) Cela signifie que la quantité d’énergie que l’on obtiendrait par la détonte adiabatique (sans échange de chaleur avec l’extérieur) de l’air comprimé serait de 1 ch.h nour une consommation de 176 c.
- FIG. 4. — AUTO-COMPRESSEUR « PESCARA », TYPE VERTICAL INDUSTRIEL FIXE DE 150 CH
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- LES LIVRES QU’IL FAUT MÉDITER
- Sous cette rubrique, une personnalité éminemment qualifiée pour chaque genre d’ouvrage analyse les livres les plus récents, qui font époque dans les différents domaines de la pensée humaine appliquée à l’interprétation des faits et des idées modernes.
- CIRCUITS D’ÉCHANGES ET CIRCUITS MONETAIRES DOCTRINES DE LIBÉRALISME ET D’AUTARCIE DANS L’ECONOMIE MODERNE
- Depuis que les «expériences» de MM. Hitler, Mussolini, Roosevelt et Staline se poursuivent systématiquement dans le domaine économique, avec plus ou moins de bonheur, une branche de la littérature internationale s’est consacrée à l’examen des deux grandes doctrines — libéralisme et dirigisme — qui, actuellement, s’affrontent dans les différents Etats de l’ancien et du nouveau monde. L’expansion économique qui, de 1932 à 1937, s’est à nouveau manifestée avec une grande intensité, sinon avec toute la régularité désirable, a cependant, hélas ! laissé de côté la production industrielle de la France. (L’indice 100, en 1913, est passé à 107 en 1937 pour l’ensemble des autres grandes nations, alors qu’il a oscillé entre 96 et 101 dans notre pays, pour ne citer ici que ces deux indices au point de vue comparatif). Ce retard, ou plus exactement, ce déséquilibre de l’économie française résulte de causes multiples, parmi lesquelles figurent la hausse des prix intérieurs, la sous-production, la diminution du pouvoir d’achat découlant de la dégradation de la monnaie. Si les nouvelles lois concernant le travail ont occasionné de nouvelles charges à la production, elles n’interviennent cependant que pour une part relativement minime (par rapport aux charges fiscales, par exemple, sans cesse accrues). Du reste, la situation économique de la France était aussi précaire (voir les indices comparés) dans les années antérieures où la nouvelle charte du travail n’existait pas encore. Ces considérations nous incitent donc, en toute objectivité, à chercher, dans les œuvres françaises et étrangères, les études consacrées tout spécialement aux questions « brûlantes » de l’économie politique actuelle. Parmi celles-ci vient de paraître en France un livre traduit de l’allemand digne de retenir l’attention. Il est intitulé : Le circuit économique (libéralisme ou autarcie), par Ferdinand Grünig (traduction Gaël Fain) (1). L’auteur en (t) Prix franco: France, 39 f 60; étranger, 41 f 60.
- conçut le plan en 1932, alors que le IIIe Reich subissait une crise aiguë, comme la plupart, du reste, des autres nations du globe à cette époque. Il s’agissait pour lui d’examiner les moyens de ranimer le mouvement des affaires en se plaçant au point de vue de la production, des circuits d'échange, de la consommation. C’est là une « tentative » méritoire puisqu’elle a pour but d’expliquer et de faire mieux comprendre en quoi consiste l’organisme économique, en étudiant sa structure, son fonctionnement en vie normale, ses tares, ses maladies. M. Grünig a établi à cet effet des « modèles économiques » et des « tableaux de relations statistiques » d’après les différentes manifestations de l’activité nationale. C’est, en somme, la méthode analytique appliquée au contrôle des affaires dans les divers domaines de cette activité. De là, l’auteur a tiré une doctrine, une méthode, des conclusions pratiques qu’il expose, tout au long, dans son important ouvrage logiquement bâti, clairement aménagé. L’économiste si averti des phénomènes financiers qu’est le traducteur M. Fain, devait donner à ce livre la meilleure chance de pénétrer dans les milieux intellectuels français. Voici donc ce dont il s’agit : une orientation exagérée de la pensée économique contemporaine a tourné, au cours des dernières années, la plupart des écrivains qualifiés vers l’expression financière (lisez « bancaire ») de la vie économique actuelle. Cela tient évidemment aux récents bouleversements des parités monétaires, des fluctuations désordonnées des prix, aux problèmes angoissants d’équilibre des budgets d’Etat en déficit chronique, etc. Or, il importe, pour tout économiste, de ne pas considérer les données monétaires comme des « fins en soi », mais seulement comme des moyens d'expression numérique d'une réalité économique. Nous savons, par expérience, ce que valent maintenant les prévisions de certains oracles, par exemple, sur les guerres prolongées à crédit, les conséquences « inéluctables » des dévaluations,
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- l’exécution de plans autarciques qui étaient voués à l’échec... et tant d’autres pronostics qui se sont effondrés devant les faits. Entre les théories et la pratique, il y a le stade
- — éliminatoire — de l’expérimentation « clinique »... Le temps n’est plus où la vie économique d’une nation devait être considérée comme conditionnée par un régime à la fois juridique et monétaire hors duquel il n’y avait pas de salut. Les « sages » (sapiens) admettent aujourd’hui que production, échanges, consommation constituent essentiellement les facteurs déterminants de l’activité économique. Ces trois grandeurs vectorielles (forces) remplacent les données du droit et de la finance dans la « marche » des affaires. Voilà ce que M. Grünig s’est efforcé de mettre en évidence au cours d’un exposé de quatre cents pages consacrées aux principes de la mécanique économique, aux enquêtes sur le « modèle économique », à la restauration de l’économie allemande, y compris la partie constructive relative au « modèle économique » en vingt-quatre tableaux. Pour ce savant auteur, dégagé de tout conformisme, la production comme la consommation commandent en effet l’activité économique tout entière. Quant à la répartition, elle ne jouerait, selon lui, qu’un rôle moral et social. Ce rôle est d’arrière-garde ou d’avant-garde suivant qu’une poussée massive de la production aboutit
- — automatiquement — (sous peine d’être stoppée dès le début) à une élévation générale des niveaux d’existence, ou provoque au contraire (par suite de changements dans cette répartition) un essor ou une régression de l’activité dans la production: Ainsi, on est amené à concevoir ce que M. P’ain désigne très expressivement sous le vocable de « revenu national réel » et que les Allemands appellent « produit social ». C’est, en somme, l’ensemble des marchandises et services qui sont mis, sur Je marché, à la disposition du consommateur (1). Les citoyens de chaque nation n’ont à se partager que ce revenu réel et la fraction des marchandises et services à prélever sur le produit social. C’est ainsi qu’on peut définir le fameux « pouvoir d’achat », dans le cas bien entendu où le citoyen ne thésauriserait pas... Mais alors, si le revenu réel national s’affaisse (production moindre de marchandises et de services), ce pouvoir d’achat — du moins pour le citoyen moyen — diminue aussi. Et vous aurez beau faire : ni artifices monétaires, ni autres moyens trompeurs ne pourront y apporter de remède ; ils ne feront que « camoufler » la régression... Certains ne manqueront pas de faire remarquer qu’on peut améliorer ce « pouvoir » en modifiant la répartition des droits de propriété sur les capitaux générateurs de revenus. M. Grünig, se basant sur le principe de continuité, admet
- (1) Il faut y ajouter évidemment les marchandises çt services fournis par l’étranger à titre d’échanges.
- que si cette répartition des revenus subit une transformation trop rapide, elle aboutit inéluctablement à l’immobilisation d’une partie des installations existantes et, par suite, à la mise en chômage d’une partie de la main-d’œuvre qualifiée. Nous voulons bien le croire, car les consommateurs dont les revenus auront diminué s’orienteront, par voie de conséquence, vers les marchandises et services moins coûteux, entrant ainsi, de ce fait, en concurrence directe avec les autres catégories de consommateurs (par exemple: les grands appartements seront abandonnés au profit de logements plus petits parce que moins chers). 11 s'agit ici de bénéfices et de rentes distribuables qui constituent le revenu proprement dit des capitaux. Mais, à ce propos, il est logique de noter que si la collectivité était amenée à reprendre tout l'actif, mais aussi tout le passif des particuliers, — se substituant ainsi à eux dans leurs droits comme dans leurs charges, — il est probable qu’une telle mesure ne changerait pas grand’chose au pouvoir d’achat du citoyen moyen... Pour qu’une réforme de structure aussi profonde ait quelque chance de réussite, il faudrait envisager simultanément la réforme de l’organisation dans la production... Mais ce principe de l’économie « rationnelle » cher à M. Grünig entraîne d’autres conséquences, parmi lesquelles nous mentionnerons ici l'inefficacité de réduction des salaires et les dangers de la déflation, à laquelle l’auteur dénie toute efficacité. Il prescrit, au contraire, de tirer le meilleur rendement de l’instrument existant (main-d’œuvre, outillage, capitaux), et ici il faut bien reconnaître que M. Grünig n’écarte pas ce facteur (mis en avant par tant d’autres ces derniers temps) : essor trop rapide du progrès technique et surproduction. Et voici comment il justifie sa manière de voir à ce sujet : si des usines ultra - rationalisées fabriquent des produits destinés à la consommation des masses, tout en n’employant qu’une main-d’œuvre restreinte, le circuit des échanges cessera de fonctionner ; si des sociétés investissent des capitaux, par exemple, dans la construction en grande série de logements à bon marché, elles ne pourront trouver de locataires que si ceux-ci « touchent » des salaires qui leur permettent d’en acquitter le loyer. Au point de vue du circuit des échanges, on doit admettre, par contre, que celui-ci s’élargit en s’étendant à l’ensemble des travailleurs qui, directement ou indirectement, participent à la confection d’un objet (ici bâtiment). Dès lors, on peut se poser cette question : à combien d’ouvriers devrait-on faire appel pour construire ces immeubles et combien d’années seraient nécessaires pour que la quantité de logements soit suffisante pour abriter — décemment — la totalité des familles françaises ? Dans ces conditions, il est certain
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- que la grande majorité des immeubles seraient alors occupés...
- Un autre problème à résoudre pour remédier au déséquilibre entre la production et la consommation consiste à transférer, entre les marchés, les énormes dettes accumulées (résultant à l’origine de dépenses improductives, notamment pour les armements, etc.) et qu’il faudrait définitivement liquider. D’après M. Grünig, il semble que l’ampleur et la prolongation d’une crise économique tiennent à ce que les possesseurs de droits de créance ont souvent refusé à leurs débiteurs (intérieurs et extérieurs) les moyens de s’acquitter avec les produits de leur travail (marchandises, services) ; de là, la paralysie des échanges puisqu’il y a impossibilité de transferts de richesses, sans négliger cet autre grave facteur de paralysie : la thésaurisation... Voilà deux causes principales de la crise actuelle. Et on le conçoit aisément : le revenu national réel est constitué, nous l’avons vu, par la masse des marchandises et des services produits annuellement ; une certaine fraction n’est pas susceptible d’être échangée ou consommée (soit qu’ils soient mal adaptés aux besoins du marché, soit qu’ils soient en surproduction momentanée), mais la majeure partie de ees marchandises et de ces services doit — normalement — être absorbée par ceux qui détiennent un pouvoir d’achat. Il arrivera également ceci (pie le phénomène de thésaurisation des épargnes intervenant (pour des causes diverses : habitudes de restriction, craintes d'événements et pessimisme) détermine, lui aussi, la sous-consommation. Autrement dit, si on additionne les revenus consommés et les revenus épargnés (ou investis), d’une part, et, d'autre part, la totalité des marchandises de consommation et de services disponibles, on aboutit à l’égalité entre les deux membres de cette équation. 11 est facile d’en tirer alors cette déduction : si un équilibre relatif existe entre la production globale (marchandises et services) et le pouvoir d’achat de la consommation totale (salaires et revenus), et si une fraction, plus ou moins importante, de ce pouvoir d’achat demeure thésaurisée, il y a mévente inévitablement — et cela en dépit des saerihees de prix consentis par le producteur ! Il en résulte, par suite, une situation dangereuse ; car, la production étant de plus en plus réduite, la création de capitaux productifs est suspendue. Il semble alors, a priori, que le procédé le plus simple pour déclencher la « reprise » (et aussi pour la consolider) consisterait à développer la production des marchandises et services de consommation et celle des biens durables. Mais, là encore, on doit tenir compte de la thésaurisation, cet obstacle — le plus sérieux — à surmonter avant d’atteindre le but. A ee propos, M. Gaël Fain a très judicieusement souligné l’influence démesurée qu’exerce maintenant, sur la vie économique, le « plé-
- biscite » des épargnants (la « structure » des placements étant devenue de plus en plus démocratique) et aussi cet autre facteur impondérable : la confiance. Une telle constatation semblerait nous autoriser à concevoir une notion de l’épargne obligatoire et un contrôle par l’Etat des investissements à long terme... Telle serait du moins l’une des conclusions de M. Grünig, fondée sur l’observation directe et l’analyse statistique. Et c’est ainsi qu’il est arrivé à définir les « états économiques », qui correspondent expérimentalement aux variations des différentes données précédemment énumérées. C’est de là qu’est née, dans l’esprit de l’auteur, cette autre conception des tableaux synthétiques construits sur le modèle économique. Et voici en quoi cela consiste :
- • M. Grünig regroupe tous les éléments productifs et consommateurs de l’économie nationale (1) en un certain nombre de sections ; il remplit ensuite les cadres de chacune de ces sections (travail de statistique), afin de mettre en évidence les relations s’établissant entre elles selon que les compensations s’effectuent plus ou moins totalement, c’est-à-dire suivant que les « circuits d’échanges » fonctionnent plus ou moins parfaitement. Ainsi se trouvent placés en présence : ensemble des producteurs, ensemble des consommateurs, ensemble des épargnants, et enfin Etat. Tel est, schématisé, le dispositif d’analyse économique imaginé par M. Grünig, qui fournit ainsi aux « planistes » une documentation très précise (chiffres exacts) et fort complète (ensemble de tous les facteurs intervenant). D’après les calculs du savant et laborieux statisticien sur la production allemande non affectée par les opérations d’échange (de groupe à groupe), celle-ci atteindrait 45,5 % si on tient compte de la production absorbée par l’autoconsommation (fermiers, etc.) et la compensation directe (2)...
- Telle est exposée, dans ses grandes lignes, la doctrine économique de M. Grünig. Il examine ensuite son application au Reich de 1933 en vue d’y déclencher le rétablissement de ces circuits d'échanges si fâcheusement interrompus. II y a là des aperçus et des propositions qui méritent d’être médités par les économistes de tous les pays. On sait, du reste, qu’en France la solution proposée en matière d’échanges extérieurs consistant dans la généralisation du système des accords de compensation ne rencontre plus beaucoup de partisans depuis leur échec retentissant dans le domaine des exportations (clearings, notamment). C’est, en effet, une technique de transferts qui s’est révélée jusqu’ici inefficace. Par contre, à notre
- (1) Sans oublier les Services publics et les Institutions de Prévoyance publique ou privée.
- (2) En France, pays agricole, ce pourcentage est sans doute plus élevé, ce qui expliquerait la résistance relative de notre pays à la crise économique au cours de ces dernières années.
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- LES LIVRES A MÉDITER
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- point de vue, l’action des crédits à long terme (à taux d’intérêt fixé par décret) mérite qu’on discute une telle suggestion, en dépit des sérieuses objections qu’elle soulève dans certains milieux. Elle entraînerait évidemment un contrôle rigoureux des exportations de capitaux, notamment... mais le problème de la distribution du crédit par l’Etat n’en demeure pas moins posé. Quoi qu’il en soit, dans cette œuvre magistrale, due à M. Grünig, il y a des vues originales dont l’intérêt est immédiat. Ainsi, sa politique des grands travaux — si on ne cite ici que cet exemple — pour développer l’activité des industries du bâtiment mérite toute notre attention, même en 1937, bien que l’auteur l’ait élaborée dès 1933...
- En résumé, toute activité économique se traduit par des circuits d'échanges qui relient les producteurs aux consommateurs et auxquels correspondent des circuits monétaires fonctionnant en sens inverse. Si le fonctionnement régulier de ces circuits est obstrué, l’équilibre économique est rompu, et c’est alors la crise qui éclate ! Or, la principale cause de ces troubles organiques réside dans les dillicultés de transfert (marchés extérieurs et aussi marché intérieur). Celles-ci se manifestent lorsque les créanciers se refusent à accepter et les produits et les services offerts par leurs débiteurs, préférant thésauriser des revenus dont le recouvrement, par contre-coup inéluctable, s’avère de plus en plus dillicile, sinon impossible. C’est en tenant compte d’une telle situation que M. Grünig a dressé alors ses différents « états économiques » qui caractérisent, suivant lui, la situation d'une nation selon qu’on y applique une politique de restriction ou une politique d’expansion (thésaurisation stérile ou investissement productif). De là, des mesures de redressement préconisées que tout esprit impartial doit analyser en toute objectivité, en vue de savoir si l’on doit s’orienter vers le « dirigisme » et l’« autarcie » pour s’évader du cadre du « libéralisme » économique. Nous avons déjà à ce sujet exposé ici (1) certaines conceptions émanant de personnalités éminemment qualifiées — telle que celle de M. Detœuf, directeur géné-
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 242, page 141.
- ral de l’Alsthom — qui démontrent que nous devons renoncer à conserver intégralement certaines formules « économiques » aujourd’hui plus ou moins périmées.
- Les solutions suggérées par M. Grünig peuvent fort bien, du reste, s’adapter à une forme de libéralisme économique évoluée, en tenant compte de l'évolution des faits dans le temps comme dans l’espace. L’important est de savoir si ce libéralisme économique est viable ou non, en tenant compte et des circonstances actuelles (1) et du domaine économique où se manifeste ce phénomène permanent de la « résonance » politique. B. G.
- (1) Pour bien comprendre la « thèse » de M. Grünig que nous venons d’exposer, et qui peut paraître quelque peu hermétique aux non-initiés, nous tenons à rappeler ici quelques données générales de l’économie politique. La balance commerciale (qu’il ne faut pas confondre avec la balance des comptes) embrasse les échanges de marchandises entre un pays et les autres nations ; ce n'est qu’une fraction de l’activité économique de ce pays. C’est, au contraire, la balance des comptes seule qui embrasse la totalité de cette activité ; cette balance résultant des créances et des dettes engendrées précisément par les échanges de marchandises et de services (au cours d’une année) ou du règlement (en espèces) d’opérations antérieures, mais donnant lieu à des paiements (intérêts et capital) effectués dans la même année. Alors, ceci dit, noire balance des comptes englobe notre balance commerciale, les dépenses de nos nationaux à l’étranger et des étrangers dans notre pays, les frets et assurances, les commissions versées aux banquiers et agents étrangers, les revenus des capitaux placés à l’étranger, etc., cl tout ceci'constitue ce que l’on peut appeler la balance des revenus. Ce sont précisément ces catégories de revenus qui peuvent — et c’était le cas pour la France il y a encore quelques années de 1929 à 1931 — combler le déficit de la balance commerciale. Ainsi, celle-ci était bien réellement déficitaire dans ces trois années ; mais les importations dites « invisibles » des touristes étrangers avaient rétabli l’équilibre (déficit commercial, 13 milliards environ en 1930 ; plus de 12 milliards entrés en France par suite des dépenses effectuées par les étrangers qui y sont venus pendant la même année). Actuellement (1936, 1937), le déficit commercial est trop grand pour être comblé par ces revenus de source étrangère. Alors, notre balance des comptes se solde par des sorties d’or. D’autre part, il ne faut pas méconnaître non plus les méfaits de la thésaurisation de l’or (due aux bouleversements monétaires) qui, en général, se traduisent par la baisse des prix, qui engendre à son tour la crise économique. C’est pourquoi les Etats s’efforcent de faire « sortir > les capitaux stériles. Mais, de tout cela, on doit surtout retenir que le « repliement sur soi-même * — dérivé du défaut de concordance entre les productions nationales et les échanges internationaux •— a conduit certains doctrinaires à ce paradoxe : produire plus et échanger moins...
- Sur quatre citoyens français (population active), il y a un exploitant agricole. Or, actuellement, l’indice des revenus bruts provenant de l’agriculture est à peu près de 376, par rapport à l’indice de base 100 pour l’année 1913 ; mais le pouvoir d’achat correspondant est seulement de 71 par rapport à 100 (en 1913), soit une diminution de près de 30 %. La revalorisation insuffisante des produits agricoles, la fixation officielle du prix de vente pour certains d’entre eux ont donc provoqué actuellement un déséquilibre persistant aux dépens des producteurs. Il ne s’agit ici ni des intermédiaires, ni des revendeurs qui continuent à prélever un bénéfice au moins égal à celui qu’ils prélevaient en 1913 en ajustant eux-mêmes leurs prix de vente.
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- 1937 : ANNÉE DE L’EXPOSITION DES TECHNIQUES, A PARIS
- LES RÉALISATIONS DE LA TÉLÉVISION ALLEMANDE SURCLASSENT
- ACTUELLEMENT TOUTES LES AUTRES
- Par P.-M. DELAUNAY
- La Deutsche Reichspost a présenté, à VExposition de 1937, une installation en fonctionnement de Vappareillage utilisé en Allemagne pour les émissions de télévision. Qu'il s'agisse de téléphonie-télévision, de télécinéma, de caméra électronique, les principes (1) mis en œuvre pour l'exploration des images et la transmission des < signaux » sont à peu près les mêmes dans tous les pays. Aussi doit-on attribuer surtout l'excellence des résultats obtenus par la Reichspost — au point de vue luminosité, netteté et stabilité des images — à la précision et aux soins minutieux apportés dans la fabrication et l'installation. Les techniciens allemands, en effet, ont su résoudre ainsi tous les problèmes d'ordre mécanique, optique, électrique, en les étudiant et en les mettant patiemment et méthodiquement au point un à un. Aujourd'hui, un service de visiotéléphonie (téléphone-télévision) fonctionne régulièrement entre Berlin, Leipzig, Nuremberg et Munich, et c'est là un résultat pratique encore unique au monde. On annonce déjà la mise en service prochaine d'un réseau d'émetteurs de télévision avec des stations à IVitzlebe i (près de Berlin), dans le Taunus (près de Francfort) et sur le Brocken (près de Hanovre). L'industrie allemande surclasse actuellement, dans ce domaine, la production étrangère. C'est elle qui a fourni le câble coaxial qui relie, à Paris, l'émetteur de télévision installé au pied de la Tour Eiffel avec l'antenne disposée au sommet. A ce propos, qu'il nous soit permis de regretter que les essais de cette nouvelle installation émettrice, qui devait fonctionner au cours de l'Exposition de 1937, n'aient pas encore abouti à une mise au point satisfaisante. Dans de telles conditions, on peut se demander si la puissance de 30 kW prévue pour la fin de 1937 sera réalisée. Dans le domaine des réalisations de la télévision — comme datis certains autres relevant des sciences appliquées et de leurs techniques — la France est considérablement en retard. L'œuvre de synthèse présentée à l'Exposition de Paris — résultante des activités constructives des autres nations — autorise un tel jugement. Tout observateur impartial doit le reconnaître après examen comparatif des « réalisations » offertes à notre entendement.
- Dans le Pavillon de l’Allemagne, à l’Exposition internationale de Paris 1937, le llcieh a présenté, par les soins de la Deutsche Reichspost (les P. T. T. allemands), une partie de ses services de télévision. C’est ainsi que le public a pu assister à des transmissions de vues prises directement, sans film intermédiaire, des retransmissions de films cinématographiques, ainsi qu’au service de visiotéléphonie à deux cabines.
- Le matériel mis sous les yeux des visiteurs offre un intérêt indéniable du fait qu’il a été présenté là sous la forme même (1) Voir La Science et la Vie, il0 221, page 403.
- qu’il revêt, en Allemagne, pour le service commercial.
- Les procédés d’analyse mis en œuvre sont les procédés aujourd’hui classiques. Le premier est mécanique, et donne 25 images par seconde, images entrelacées (1), pour une définition de 180 lignes (40 000 points explorés). C’est ce procédé qui est utilisé pour la visiotéléphonie, la transmission de films ou de diapesitifs sur verre. La finesse de la trame est suffisante pour le service visiotéléphonique.
- (1) Rappelons que, dans les systèmes à entrelacement, chaque ligne n’est explorée que toutes les deux images.
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- FIG. 1. — APPAREIL ANALYSEUR EMPLOYÉ EN ALLEMAGNE POUR LA VISIOTÉLÉPHONIE, LA TRANSMISSION DE VUES DIAPOSITIVES SUR VERRE OU DE FILMS CINÉMATOGRAPHIQUES
- Le « spot » d'analyse est projeté au travers de l'objectif visible an centre. Il prend son origine à l'arc de 6/impères placé ail milieu de l'appareil et en liant. Le film, dans le eas du cinéma télévisé, se déroule à partir du magasin supérieur. Il est entraîné par le passe-film et s'enroule dans le magasin inférieur. La synchronisation est assurée, pour les lignes, par la coupure périodique, au moyen du tambour d'analyse, d'un faisceau lumineux reçu par une cellule. Pour les images, on a recours, afin de réaliser cette synchronisation, à un disque perforé situé au bas de la colonne de support.
- Le deuxième procédé est électronique : principe Zworykine (1). Sa souplesse permet d’atteindre 375 lignes avec 50 images entrelacées par seconde, chiffres actuels, et même 441 lignes pour les nouveaux services.
- Ces deux dispositifs n'ont pas un carac-(1) Voir La Science et la Vie, n° 2U‘J, page 111.
- tère de nouveauté qui puisse explique l’avance allemande actuelle sur les autres pays.
- C’est uniquement au souci de perfection qui a présidé à l’étude de chaque organe que ces résultats sont dus.
- On sait que des cabines de visiotéléphonie, reproductions exactes de celles qui furent exposées à Paris, sont en fonctionnement sur la ligne Berlin-Leipzig, première en date, et sur celle, plus récente, Berlin- Munich par. Nuremberg (fig. 3.)
- Tout en conversant, les interloeu-s e voient écran de 20 x 30 cm, d’une brillante coloration sépia. Sous l’écran, un petit disque lumineux projette une lueur. C’est la source lumineuse qui éclaire le sujet, sans l’éblouir.
- En outre, au Pavillon de l’Allemagne, deux récepteurs de télévision et téléphonie sans fil étaient à la disposition du public. Ils permettaient de reproduire soit des prises de vues directes effectuées du haut de la terrasse du pavillon, au moyen de la caméra électronique, soit des lilms transmis par les appareils disposés dans la petite centrale intérieure.
- Comment fonctionne le « visiotéléphone »
- l/un des plus importants était précisément le « visiotéléphone ». Cet appareil se pré-
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- l’IG. 2. - COUFK SC 11K M ATI Q U F. DE L’ANALYSEUR UT II.ISF
- PAU I.F SERVICE I)E VISIOTÉLÉPHONIE DE I.A UEICIISPOST
- Le moteur synchrone tourne à 3 000 tours/mn et porte, en bout d'arbre, le tambour porte-objectifs. Son axe prolongé, entraîne également le passe-film et le diaphragme tournant (cuvette à fentes). La couronne circulaire d'objectifs sert à l'analyse des films et, par l'intermédiaire d'un dispositif optique spécial, à la production du « top » de synchronisation, de ligne. La couronne inférieure comporte deux spires de perforations munies aussi d'objectifs et sert à l'exploration des images réelles ou des vues diapositives. Le « spot » est envoyé alternativement sur les deux spirales d'objectifs par la cuvette à fentes, de telle manière que, le tambour tournant à 50 tours/s, chaque objectif reçoit la lumière 25 fois par seconde. Ce spot est alors envoyé sur le sujet à téléviser au moyen de l'objectif de projection. Enfin, la synchronisation d'image est assurée par le disque à la base de l'appareil.
- sente sous l'aspect compact d'un double appareil de projection muni d'un tambour horizontal. Effectivement, eet analyseur consiste en une cuvette supportée par une colonne. Dans cette dernière, se trouve le moteur électrique synchrone qui entraîne tout le mécanisme (lig. 1 et 2).
- La cuvette contient un tambour porte-objectifs, animé d'un mouvement de rotation. Ce tambour comporte trois rangées de 5)0 trous espacés régulièrement : une rangée circulaire, les deux autres en hélice. Dans chacun de ces trous est logé un petit objectif à haute définition.
- C’est ce tambour qui sert à l’analyse de
- l’image. II remplace le disque de Nipkow, simplement percé de trous, primitivement utilisé pour eet usage.
- Ce dernier procédé avait de nombreux inconvénients. Le rendement lumineux était 20 fois inférieur à celui obtenu avec le tambour à objectifs. L’image est bien mieux définie, cela se conçoit, par un objectif soigné que par un simple trou ; ce dernier s’obstrue assez facilement, ou bien sa section devient irrégulière par suite de la présence de poussières microscopiques collées sur ses bords (effet électrostatique). De ce fait, certains signaux sont absents ou d’intensité inégale.
- En outre, toujours pour le disque de Nipkow, le rendement est égal au rapport de la surface du point à celle de l’image entière. Ceci explique la nécessité d’utiliser des projecteurs de grande puissance pour l’éclairage du sujet.
- Le disque donne, de plus, une déformation de l’image, en secteur de cercle.
- Le « signal » correspondant à
- FIG. 3. — LA CABINE DE VISIOTÉLÉPHONIE DU PAVILLON DE L'ALLEMAGNE A I.’EXPO-SITION, REPRODUCTION EXACTE I)E CELLES DE LEIPZIG, BERLIN, MUNICH ET NUREMBERG
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- chaque point n’est pas obtenu, comme d’ordinaire, par l’envoi de la lumière réfléchie par le sujet, à travers le dispositif analyseur jusque sur une cellule placée derrière cet analyseur, mais, au contraire, par l’envoi d’un spot lumineux qui éclaire 40 000 points différents par seconde. C’est la lumière réfléchie par chacun de ces 40 000 points qui est reçue sur les cellules photoélectriques convenablement disposées.
- cylindrique dont la paroi verticale porte quatre fentes en spirales.
- La rotation de cette cuvette a été calculée de telle sorte que les fentes suivent alternativement les spirales d’objectifs supérieure et inférieure. De cette façon, chaque système optique n’est éclairé que tous les 1/25 de seconde, au lieu de 1/50. On obtient, dans l’ensemble, 50 demi-images par seconde.
- Le synchronisme entre l’émission et la
- FIG. 4. --- VUK INTÉRIEUR!; DE LA COURONNE PORTE-OJUECTIFS DU (( VISIOTÉLÉR1IONE »
- Ces objectifs sont disposés sur trois rangées ; l'une, circulaire, sert pour l'ém ission du « top » de synchronisation et l'exploration des films; les autres, en spirales, sont utilisées pour l'analyse des vues diapositives ou des sujets mobiles. Les fentes spirales des cuvettes agissent comme des diaphragmes mobiles.
- Voici comment ce principe est appliqué dans le système présent il entrelacement.
- Le moteur synchrone tourne à 0 000 t/mn, soit 50 tours à la seconde. Il entraîne le tambour à la même vitesse. Chaque objectif passe donc 50 fois par seconde devant la source lumineuse. Or, le système à entrelacement exige que chaque objectif ne fonctionne qu’une fois sur deux. Il faudra donc aveugler un tour sur deux une des spirales d’objectifs.
- Pour cela, à l’intérieur du tambour porte-objectifs, tourne, entraînée par un engrenage fixé sur l’axe du moteur, mie cuvette
- réception est obtenu par l'envoi de « tops » produits, pour le synchronisme de lignes (90 fois par image), par le tambour lui-même et, pour le synchronisme d’images (50 fois par seconde), par un disque placé au bas de la colonne de support de la machine et entraîné par l’axe du moteur.
- On utilise, dans le premier cas, la ligne supérieure d’objectifs. Un système optique conduit le faisceau lumineux d’une lampe à incandescence au foyer des lentilles. Une cellule photoélectrique reçoit le signal lumineux coupé 180 fois par seconde, mais avec la variation dans le temps qui pourrait sur-
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- Miroirs
- oscillants
- Ecran ou mosaïque
- FIG. 5. — PRINCIPE DU DISPOSITIF OPTIQUE UTILISÉ EN ALLEMAGNE POUR LES PROJECTIONS CINÉMATOGRAPHIQUES AVEC DÉROULEMENT CONTINU DU FILM Des miroirs oscillants suivent chacun une des images du film et assurent la projection simultanée de trois images successives sur l'écran immobile, supprimant ainsi tout scintillement. Ce principe est actuellement appliqué aux appareils de télécinéma utilisant l'iconoscope.
- venir, en cours de fonctionnement, pour n’importe quelle cause accidentelle, électrique ou mécanique.
- Dans le deuxième cas, le faisceau agit de la même façon, mais il est coupé synchroniquement à la marche du tambour par le disque perforé placé dans le trajet du spot.
- Si le disque de Nipkow donne naissance à une déformation optique, le tambour porte-objeetils provoque, lui aussi, une déformation due à la trajectoire courbée du spot (en raison de la giration du tambour). Mais une lentille cylindrique disposée dans la trajectoire, à la sortie du système optique, rattrape cette courbure ; la trajectoire ainsi redressée, l’image ne subit plus aucune déformation.
- La transmission de vues diapositives et de films par le « visiotéléphone »
- L’appareil que nous venons de décrire est employé, en dehors du service visioté-léplionique précédent, à la station émet-trice de radiotélévision de Berlin-Witzle-ben depuis 1936. Il sert à la retransmission de vues diapositives sur verre, de films cinématographiques et, accessoirement, de petites scènes de studio.
- Dans le cas des vues diapositives, le document est placé devant l’objectif à telle distance, et avec un tel diaphragme que l’ouverture corresponde, pour l’image, au foyer optique du dispositif. Une cellule reçoit par transparence les 40 000 points que constituent, chaque seconde, les spots d’analyse qui ont exploré le cliché.
- Pour la transmission des films cinématographiques par « visiotéléphone », on fait usage de la rangée circulaire d’objectifs. L’image est complètement explorée par les 90 objectifs en 1/25 de seconde suivant 180 lignes. Le film se déplace d’im mouvement continu, sans qu’intervienne de croix de Malte, complication mécanique inutile et dont la présence entraînerait une réduction sensible du temps disponible pour l’exploration. Cependant, le déplacement de haut en bas de l’image provoque un léger scintillement dû à son instabilité dans l’espace.
- C’est pour éviter ce phénomène de scintillement qu’un autre appareil de télé-cinéma, en fonctionnement aussi au Pavillon allemand, a été étudié, mis au point, réalisé et mis en service dans les stations allemandes pour l’analyse des films à transmettre.
- Le principe de la projection cinématographique avec déroulement continu du film appliqué au télécinéma
- La projection des films de cinéma dans les salles pbscures, exécutée avec des appareils ordinaires, est souvent « scintillante ».
- FIG. 6. -- SCHÉMA DU FONCTIONNEMENT
- DE L’APPAREIL DE TÉLÉCINÉMA Le projecteur adapté à l'iconoscope est. celui utilisé, depuis plusieurs années déjà, en Allemagne pour le cinéma. Il comporte un dispositif optique à miroirs oscillants, suivant le principe de la figure 5, pour éviter le scintillement. L'iconoscope comprend une mosaïque photosensible, balayée ligne après ligne par le faisceau électronique.
- lconoscope
- Miroirs fixes,
- Source
- umineuse
- -Miroirs oscillants
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- C’est ce phénomène qui provoque la fatigue du nerf optique dont souffrent parfois les spectateurs au sortir d’une séance de cinéma.
- En effet, l’image reçue persiste sur la rétine de l’œil humain un certain temps encore après sa perception; e’est d’ailleurs ce (pii permet l’illusion du mouvement continu au cinéma comme en télévision.
- On comprendra aisément que si, pendant le temps de la perception de l’image, celle-ci n’est pas fixe, la sensation enregistrée par la rétine ne sera pas stable et la succession des images se traduira par un scintillement.
- Depuis plusieurs années déjà, les Allemands ont étudié un dispositif optique destiné à corriger ce défaut et à permettre le déroulement continu du film. Il a été appliqué aux appareils de projection dès 1980.
- L’image du film n’est pas projetée directement sur l’écran, mais le faisceau lumineux est reçu (fig. 5) par un miroir dès que l’image arrive à une certaine distance de l’axe optique du système projecteur. Ce miroir accompagne l’image dans sa course au delà de cet axe. Le faisceau lumineux passe donc ainsi par un point fixe, placé sur cet axe optique, à partir duquel s’effectue la projection sur l’écran.
- Un dispositif analogue fait varier l’éclairement des vues successives en fonction de leurs distances à l’axe, de manière à obtenir une densité constante d’éclairement de l’écran de projection. En pratique, les miroirs sont disposés sur une couronne, qui en assure le mouvement circulaire et oscillant au moyen de cames. Us sont en nombre suffisant pour ne pas avoir à se déplacer avec une vitesse trop grande et
- pour que trois d’entre eux servent à l’éclairement simultané et à la réflexion synchrone de trois images.
- Un miroir sert, en effet, à la projection d’une image ; le suivant accompagne déjà l’image suivante ; le précédent abandonne seulement la vue qui est passée à la projection. Il en est de même pour ce qui concerne le réglage de l’éclairement des images.
- Pour le télécinéma, ce même principe a
- été appliqué, mais ici l’objectif de projection a été remplacé par un iconoscope.
- Le télécinéma par l'iconoscope de Zworykine
- Les lecteurs de La Science et la Vie connaissent déjà le principe de l’iconoscope (1). Rappelons seulement que l’image est reçue sur une mosaïque photoélectrique, qui agit comme autant de petites cellules distinctes que la mosaïque comportera de points frappés par le faisceau électronique qui la balaye. Ce balayage, dénué d’inertie, est commandé par la déflexion des électrons, (1) Voir La Science ci la Vie, n° 209, page -111.
- FIG. 7. — VUK D’ENSEMBLE DE L’APPAR12II, DE TÉLÉCINÉMA UTILISANT L’ICONOSCOPE POUR L’EXPLORATION DES IMAGES
- La stabilité des images de télécinéma est due. dam cet appareil, autant au système optique qu'au système électronique, qui réalise une sorte d'accumulation énergétique. Le film se déroule du magasin supérieur au magasin inférieur, en passant par la cuve renfermant les miroirs oscillants (voir figure 5).
- 4!)
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- au moyen d’un champ électrostatique ou magnétique, selon des lignes horizontales superposées et des réseaux entrelacés.
- L’inertie de ce dispositif étant réduite à une quantité négligeable, l’ensemble télécinéma employé par la Reichspost peut atteindre la trame de haute définition que représente une exploration de 441 lignes.
- La combinaison du mécanisme de correction d’image et de l’ieonoscope confère à la transmission une stabilité d’images parfaite, une grande précision de trame et de points, — enfin, une netteté accrue.
- La stabilité duc au système optique employé s’ajoute à l’effet d’accumulation de la mosaïque de l’ieonoscope, évitant ainsi tout papillote-ment.
- L’analyse du film devient ainsi indépendante du mouvement d’avancement de celui-ci et il devient inutile d’employer des dispositifs de synchronisation de l’exploration et du passage des images, dispositifs dont la mise au point est très délicate et dont le maintien en service continu n’est pas sûr.
- La nouvelle caméra de prises de vues directes
- C’est le meme ico-noscope qui est utilisé en Allemagne dans la caméra de prises de vues directes. Mais un dispositif optique supplémentaire lui confère une précision, donc une supériorité sensible sur les appareils analogues en service dans les autres pays.
- Il ne servirait à rien, en effet, d’employer une aussi haute définition que celle de 441 lignes et 50 réseaux entrelacés si l’image reçue par l’ieonoscope avait elle-même une définition inférieure.
- La qualité des objectifs allemands, leur luminosité en ont fait des auxiliaires précieux dans l’appareil décrit ici ; mais, cependant, pour que les scènes transmises soient toujours au. point sur la mosaïque, il est indispensable que cette mise au point soit, comme dans un appareil cinématogra-
- phique courant, assurée pour toutes les distances de ces scènes au foyer de l’appareil, c’est-à-dire sur la mosaïque.
- Cette difficulté a été tournée fort élégamment.
- •L’image est envoyée par l’objectif sur la mosaïque. Celle-ci réfléchit une quantité suffisante de lumière pour assurer une visiefn des scènes télévisées comme sur un verre dépoli.
- Dans la caméra en usage à la Reichspost, l’image réfléchie par la mosaïque est renvoyée au moyen d’un système prismatique, tel que celui des jumelles de campagne, dans un oculaire double par lequel l’opérateur peut non seulement maintenir la mise au point, mais encore suivre le sujet, s’il est mobile, interpréter la scène, la cadrer enfin, comme un « cameraman » en a la facilité au cours d’une prise de vues.
- Maintenant que l’Allemagne a un matériel d’un rendement satisfaisant, elle érige trois stations : à Berlin même ; à Feldberg (Taunus), dans la région de Francfort ; au Brocken (entre Mag-debourg et Hanovre) sur la montagne du Hartz.
- Le territoire allemand est ainsi à peu près couvert par l’ensemble du réseau. La Reichs-Rundfunk Ge-sellschajt (Société de Radiodiffusion du Reich) est chargée de la composition des programmes. Le réseau doit entrer en service effectif au début de l’année 1988.
- De cette synthèse de la télévision allemande qu’a présentée le Reich au Pavillon allemand, il est facile de déduire l’état d’avancement de cette nouvelle industrie de l'autre côté du Rhin. Il faut reconnaître que — grâce aux soins multiples apportés à chaque étude, comme dans chaque réalisation, au choix judicieux des dispositifs mécaniques et électriques bien connus — l’Allemagne a su prendre rapidement une place de premier plan dans la télévision mondiale que, jusqu’à maintenant, nous sommes réduits à lui envier. P.-M. Delaunay.
- Oculaire
- Miroir
- Mosaïque
- -Tube a rayons
- cathodiques
- Amphficateu
- El G. 8. — SCHÉMA DE LA NOUVELLE CAMERA ÉLECTRONIQUE UTILISÉE EN ALLEMAGNE POUR LES PRISES DE VUES A L’EXTÉRIEUR La scène télévisée est reçue à travers l'objectif sur la mosaïque de l'iconoscope. Cette image est assez lumineuse pour pouvoir être observée par l'intermédiaire d'un miroir (en l'espèce, un prisme) et d'un oculaire. L'opérateur peut ainsi suivre la scène enregistrée et assurer la mise au point constante sur la mosaïque.
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- MARINE NIPPONE, AVIATION SOVIÉTIQUE
- Les conflits armés se multiplient dans le monde au lieu de s’apaiser. Aussi nous a-t-il paru opportun de montrer ici quelles seraient les forces en présence — du Nippon et de l’U. R. S. S. — au cas, toujours à envisager, où les hostilités sino-japonaises déborderaient le cadre des opérations actuelles.
- Il n’est pas en effet téméraire de prêter au gouvernement de Tokio des visées conquérantes, par exemple, sur certaines régions sibériennes confinant jusqu’au fleuve Amour et sur certains territoires riches en naplite dans la partie de l’île Sakaline qui n’appartient pas encore aux Japonais (I). Ceux-ci, victorieux de l’ancienne Russie après la guerre de 1904-1905, n’ont pas oublié non plus que le port de Vladivostock (sur la mer du Japon), tourné vers l’océan Pacifique, constitue une base aéro-navale de première importance menaçant ainsi l’archipel nippon.
- Comme l’a très justement fait remarquer un publiciste très averti des choses d’Extrême-Orient, les forces asiatiques et slaves qui pourraient éventuellement s’affronter à nouveau ne disposent pas de moyens équivalents pour conduire une guerre. En effet, la marine nippone surclasse de beaucoup la marine soviétique actuelle. Qu’on en juge : la flotte militaire du Japon dépassera bientôt 800 000 t, alors que celle de l’U. R. S. S. n’atteindrait pas 300 000 t. De plus, la première dispose de bâtiments de combat très modernes et d’états-majors entraînés et qui ont fait leurs preuves, des équipages également entraînés et dont la valeur militaire est universellement admise. Au contraire, la seconde comprend peu de navires de guerre, pour la plupart démodés, et même son programme de constructions neuves n’est pas très impressionnant comme on le verra ci-dessous. Enfin, le personnel (officiers, spécialistes et matelots) ne saurait être comparé, quant à sa valeur professionnelle, à celui dont dispose l’Empire du Soleil Levant.
- Vojci des chiffres qui seront plus démons-
- (1) Au moment de traiter la paix russo-japonaise en 1905, le pétrole ne jouait pas dans l’économie nationale le rôle d’aujourd’hui, et ce furent les vaincus qui conservèrent les gisements de naphte non encore exploités et même insuffisamment reconnus.
- tratifs que tous commentaires. La flotte de combat nippone comprend, en 1937, neuf bâtiments de ligne, dont le total atteint à lui seul 272 ()()() tonnes, alors que la flotte soviétique tout entière ne dépasse pas aujourd’hui 275 000 t. Six cuirassés japonais sont armés de pièces de 355 mm. Chacun de ces bâtiments de ligne en comprend 12. Deux cuirassés ont comme artillerie principale 8 pièces de 400 mm. Les croiseurs qui complètent le corps de bataille possèdent comme artillerie principale du 355 mm (8 pièces par unité). Puis viennent 5 porte-avions (d’un tonnage global de 80 000 t), 12 croiseurs équivalant à ceux de notre catégorie A, et ceux-là sont des plus modernes (vitesse maximum 33 nœuds, calibre des pièces 205 mm, protection renforcée). Il existe aussi 18 croiseurs (déjà anciens), beaucoup moins rapides, moins bien armés, et encore moins bien protégés, mais c’est là une force (pii est loin d'être négligeable. Leur valeur militaire est encore en effet très appréciable. Enfin, l’Amirauté nippone possède des flottilles nombreuses de torpilleurs et de sous-marins, plus ou moins modernes suivant les types, mais dont le nombre et la qualité surclassent indiscutablement les bâtiments de ces catégories dont dispose la flotte soviétique. Actuellement, la flotte nippone comprend 70 000 t de sous-marins, ce qui représente approximativement plus de 50 unités. D’autre part, ses constructions neuves, actuellement en chantier, vont progressivement et assez rapidement — on travaille vite au Japon — renforcer ces forces navales au cours des prochaines années. Ce programme comprend en effet, d’après les autorités officielles, encore 2 porte-avions (c’est dire l’importance que le Japon attache à l’aviation maritime), une quinzaine de bâtiments de moyen tonnage se rapprochant sans doute de nos destroyers (contre-torpilleurs), et en outre 7 sous-marins du plus récent modèle — très amélioré, dit-on (1) —
- (1) Les Services centraux des Constructions navales du .Japon se montrent, cela va de soi, fort discrets sur l’emploi du moteur unique pour sous-marins dont. La Science et la Vie a exposé le principe dans son n° 234, page 490, et dont la mise au point aurait, dit-on, avancé en Allemagne ces derniers temps. Là aussi les secrets sont bien gardés.
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- qui compléteront utilement les flottilles actuellement en service et y remplaceront au fur et à mesure les unités trop anciennes. L’arme sous-marine a lait de grands progrès techniques depuis une dizaine d’années, surtout en Allemagne. L’Amirauté de Tokio ne semble pas, elle non plus, méconnaître son efficacité dans les eaux de l’Extrême-Orient et a suivi de près les perfectionnements réalisés par le Reieli.
- Ces indications, même sommaires, suf-lisent pour se rendre compte de la puissance navale du Japon, la troisième du monde. L’U. R. S. S. ne saurait, en effet, lui opposer qu’une flotte très inférieure en tonnage, et encore plus inférieure au point de vue de ses (qualités militaires : quatre cuirassés, relativement lents puisqu’ils ne dépassent pas 22 nœuds, alors que les cuirassés modernes atteignent 30 nœuds et plus (voir notre cuirassé de 25 000 t Dunkerque) possédant une artillerie principale insuffisante (calibre maximum 305 mm), des méthodes et instruments pour le tir à la mer peu modernes. Quant aux croiseurs (catégorie A, 8 000 t environ), leur nombre est de 7 seulement et, comme ils supportent déjà le poids de l’âge, ils ne marchent pas vite. Parmi les bâtiments plus légers et plus modernes, il faut citer les torpilleurs (12 récents contre une vingtaine démodés), et surtout les sous-marins (une quinzaine de construction récente et une vingtaine appartenant à l’ancienne marine impériale). Dans ee pays, où chacun n’ose parler, surtout de ee qui touche à la défense nationale, — et cette attitude se justifie, — on peut cependant affirmer (pie l’on envisage un développement nettement marqué des flottilles de sous-marins, bien (pie leur ensemble dépasse déjà la centaine. On ne cache pas, par contre, que 2 cuirassés (artillerie de 405 mm), 7 ou 8 croiseurs de 8 000 t, une cinquantaine de sous-marins de moyen tonnage et perfectionnés, font déjà partie du programme de constructions navales en cours (l’exécution. Quoi qu’il en soit, il n’en résulte pas moins que le tonnage de la flotte soviétique (évalué à 300 000 t vers 1030) ne saurait être comparé aux 800 000 t (minimum) dont disposera le Nippon à pareille époque. Sur mer, en cas d’une nouvelle guerre russo-japonaise, l’issue d’un combat naval ne semble pas devoir tourner à l’avantage de l’U. R. S. S.
- Mais il n’en est pas de même en ee qui concerne les forces aériennes qui, demain, auraient à intervenir dans un conflit asiatique. Et voici pourquoi : le gouvernement
- des Soviets a porté — à juste titre — son principal effort sur l’aviation, cette arme nouvelle convenant merveilleusement aux jeunes générations slaves, s’adaptant à un pays si favorable à l’aviation de par son étendue même et à extension quasi illimitée soit vers les régions arctiques, soit, au contraire, vers les rives du Pacifique. On dit, dans certains milieux qui passent pour renseignés, que l’U. R. S. S. possède déjà, en 1937, 6 000 appareils militaires, plus ou moins modernes il est vrai, mais dont plus d’un millier au moins constituent de puissants bombardiers. S’inspirant des meilleures techniques étrangères, — notamment de celles en faveur aux Etats-Unis et aussi en France, — les établissements constructeurs soviétiques sont parvenus à mettre au point d’excellents avions en particulier pour la chasse, qui ont montré leur réelle valeur au cours de la guerre civile espagnole (1). Leurs équipages dénotent également de réelles qualités dans la navigation aérienne comme dans le combat aérien et n’ont rien à envier aux pilotes et au personnel combattant des autres nations. A ce point de vue, le Nippon apparaît comme moins bien placé ; sa flotte aérienne ne déliasserait pas actuellement 1 000 appareils en service (y compris l’aviation maritime des porte-avions et de l’aviation embarquée). C’est peu. Une autre constatation émanant d’un spécialiste impartial est plus inquiétante encore ; celle-ci concerne la qualité des appareils. Us sont déjà, en effet, de construction assez ancienne ; ils ne possèdent pas tous les perfectionnements récents au point de vue armement, navigabilité, maniabilité, etc., dont sont dotées les forces aériennes soviétiques. L’U. R. S. S. a su « copier » les meilleurs « types » construits à l’étranger et elle a eu le mérite d’arriver à les fabriquer elle-même à l’intérieur de son immense territoire, si riche en ressources industrielles. La construction aéronautique de l’Empire du Soleil Levant a, au contraire, beaucoup à faire à ce point de vue capital pour égaler les grandes puissances militaires des divers continents. En outre, on reconnaîtra en toute impartialité (pie si le Nippon est un excellent marin, il n’est pas aussi bon aviateur ; mais c’est là un point que les événements seuls peuvent infirmer ou confirmer en cas d’hostilités, et celles entreprises contre les Chinois nous fixeront peut-être prochainement à cet égard.
- D’ores et déjà, on peut retenir que les formations aériennes de l’U. R. S. S. réparti) Voir La Science et la Vie, n° 241, page 63.
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- lies dans ces régions qui confinent à l’océan Pacifique constituent une force armée de l’air très importante. Elles comportent au moins, en permanence, un millier d’appareils qui supporteraient avantageusement, d’après l’opinion des initiés, la comparaison avec ceux des meilleures aviations étrangères. Une telle flotte aérienne prenant pour base de départ Vladivostok (terminus du Transsibérien) se trouve à peine à 1 200 kilomètres de Tokio, soit à quelques heures de vol de l’archipel nippon. Des escadres volant à 250 km/h par exemple (et cela n’a rien d’exagéré), avec une autonomie de 2 500 km (au minimum) et 1 000 kg de chargement utile à bord de ses bombardiers, pourrait ainsi, en moins de cinq heures, se rendre au cœur du territoire nippon dès le début des hostilités. Déjà les Soviets ont équipé, encore partiellement il est vrai, leur territoire dans cette partie méridionale au point de vue infrastructure, afin de pouvoir déplacer aisément des groupes aériens de la Russie centrale vers la Sibérie. Par contre, les escadrilles japonaises pourraient difficilement atteindre, à cause de leur éloignement même, les centres et les usines d’aviation soviétiques qui ont la facilité de se disséminer sur un immense territoire. Cette dissémination et eet éloignement des fron-
- tières atténueraient considérablement leur vulnérabilité. En prévision d’événements toujours à redouter, c’est donc du côté de l’Extrême-Orient que les autorités de Moscou ont cherché à parer à toute éventualité ; l’imposante concentration de forces dans la région comprise entre le lac Baïkal et la côte (Vladivostok) en est le probant témoignage. C’est là, paraît-il, que s’entraînent depuis des années les meilleurs éléments de l’armée de terre et de mer, munis des armements les plus perfectionnés, y compris la motorisation et la mécanisation de certaines unités prêtes à entrer en campagne... Nous aurons l’occasion de revenir, du reste, sur la technique des nouveaux matériels —-ceux-là vraiment modernes — dont sont dotées les deux armées en présence formées par deux des plus grandes nations du monde, disposant chacune d’un potentiel industriel de premier ordre mais de ressources en matières premières très inégales. C’est une banalité d’appeler l’attention des lecteurs de La Science et la Vie sur ce dernier facteur essentiel et déterminant dont dépendent le ravitaillement des armées en campagne et les fabrications de matériels de guerre, et par suite le succès même des opérations militaires sur terre, sur mer, dans les airs.
- L’Amirauté du IIIe Reich a classé ses sous-marins en deux catégories : les grands sous-marins de 1 200 à 1 500 t et au-dessus, qui tiennent bien la mer — même par gros temps — et sont mieux armés (mise à feu automatique des pièces), mieux protégés et plus rapides que les autres submersibles. Ils sont, par contre, plus visibles et, en plongée, leur vitesse est évidemment plus réduite. Au contraire, les petits sous-marins sont plus maniables (plongée plus rapide), moins coûteux et moins longs à construire; leurs qualités militaires sont moindres et les missions qui leur incombent diffèrent de celles attribuées aux grands sous-marins. Ils sont seulement, en effet, de l’ordre de 250 t, de 500 t, de 750 t, avec des rayons d’action respectifs de 5 600 km, 7 400 km, 12 200 km, pour des vitesses qui varient en fonction du tonnage et qui sont en fonction inverse de ce tonnage, suivant qu’ils naviguent en surface ou en plongée. De ceci, il résulte que, pour la guerre sous-manne à grande distance, les gros submersibles s’imposent (Wilhelmshaven-Amérique du Nord — 11 000 km). Rappelons à ce sujet que du 19 août au 26 décembre 1917, le sous-marin allemand U.-151 a couvert 21 000 km en « faisant » la guerre de course ! Mais s’il s’agit, au contraire, d’un secteur tel que Wilhelmshaven-Plymouth (2 400 km), alors le petit sous-marin de 250 t suffit à. sa tâche (rayon d’action 5 600 km et 25 % de déplacement pour loger le combustible). Alors, dans le cas choisi ici (Angleterre ou France), il ne s’agit plus de tonnage par unité, mais bien du nombre de ces unités. Le Reich, en 1937, possède déjà au total, 12 4201 de sous-marins (soit une moyenne de 3501 par unité) ; de plus, le programme en cours augmentera rapidement ce nombre. N’oublions pas que le principal but, pour cette flotte sous-marine, est d’interrompre — ou tout au moins de compromettre — le trafic sur mer de l’ennemi.
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- Pour améliorer le moteur d'automobile. — Injection et carburation dans les moteurs à combustion. — Plaidoyer pour le moteur à l'arrière de l'automobile. — La France dans les compétitions automobiles internationales.
- Pour améliorer encore le moteur d’automobile
- u dernier congrès de la S. A. E. aux Etats-Unis (à Detroit, centre de l’industrie automobile américaine), un rapport remarquable a été présenté par M. Ileldt sur l’avenir du moteur d’automobile (au point de vue de ses améliorations encore possibles et désirables). Il a également rappelé les perfectionnements acquis à ce jour, qui en font l’une des « réalisations les plus parfaites de l’esprit inventif en mécanique industrielle et l’une des applications les plus démonstratives de la technique de construction en grande série ». L’orientation des recherches des ingénieurs va sans doute se poursuivre maintenant dans le sens et de l’accroissement de la puissance spécifique, (1) et de la réduction de la consommation dans les moteurs à carburation. Il s’agit aussi (le donner aux véhicules mécaniques routiers une « vie » plus longue, si possible, pour diminuer les frais de l’amortissement. Au fur et à mesure (pie la puissance spécifique des moteurs à carburation (moteurs à explosions à combustible liquide) augmentait, des difficultés apparaissaient dans leur construction pour réaliser, industriellement, un moteur à la fois souple, silencieux (pour toute la gamme des vitesses), robuste (durée) et. pouvant être fabriqué en série à bas prix de revient, même pour un 8 cylindres en ligne ou un 8 cylindres en V (et même un 12 cylindres). En effet, pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement, le dispositif à cylindres multiples s’est imposé, pour une cylindrée donnée, de telle sorte que lés cylindres sont maintenant plus petits, mais plus nombreux. Nous avons déjà signalé (2) comment avait évolué la puissance en ch par litre de cylindrée, en faisant remarquer toutefois que les pertes d’énergie par frottement sont plus grandes dans un moteur à 8 cylindres (ceux-ci plus petits) que dans un moteur à 4 cylindres (ceux-là plus grands), par exemple, où le remplissage s’effectue en moins de temps que pour les moteurs à cylindres de plus faible volume unitaire. C’est donc une question de calcul pour fixer les dimensions
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 210, page 49*1.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 241, page 71.
- (le la tuyauterie (l’aspiration quant à sa section transversale (1). Il y a lieu de rappeler, en outre, que le prix de revient pour la fabrication d’un moteur à carburation est d’autant plus élevé que le nombre de cylindres est plus grand. Comme, à partir du G cylindres, les constructeurs ont reconnu qu’il n’y avait aucun intérêt au point de vue de T équilibrage, on n’a pas tendance à multiplier le nombre des cylindres, et les fi et 8 cylindres répondent parfaitement (suivant la puissance de la voiture) aux conditions voulues pour une fabrication normale : prix de revient le plus bas possible tout en réalisant les qualités exigibles d’une voiture moderne. Une autre qualité appréciable dans ces moteurs modernes à 6 et 8 cylindres consiste dans leur douceur d’entraînement, qui croît précisément avec le nombre des cylindres. Dans ces conditions, le moteur présente en outre un meilleur ralenti ( à vide) et les efforts imposés à la transmission, aux vitesses d’utilisation, sont d’autant moins ressentis par les passagers dans une voiture propulsée par un moteur à nombre plus grand de cylindres.
- Mais revenons à cette puissance spécifique caractéristique du moteur actuel. Pour lui donner une valeur plus grande, il faut logiquement accroître soit la pressioti moyenne effective, soit la vitesse de rotation, soit enfin les deux à la fois. On sait déjà que la pression moyenne peut être augmentée en fonction du rapport volumétrique (2). Mais alors intervient un phénomène bien connu : la détonation (3), qui limite évidemment cet accroissement. La détonation, rappelons-le,-dépend de la nature du carburant, de la forme de la chambre de combustion du moteur, de la nature du métal (ou alliage) qui le constitue, car plus les parois sont bonnes conductrices de la chaleur, plus le rapport de compression peut être élevé. Une grande conductibilité est notamment avantageuse pour les parties de la chambre à combustion qui sont les plus éloignées de la bougie (l’allumage du mélange détonant au point
- v1) Voir à ce sujet l’ouvrage remarquablement documenté de H. Petit sur le Moteur, édition 1937.
- (2) Le rapport volumétrique de compression est le rapport entre le volume du cylindre (piston ou point mort bas), augmenté de celui de la chambre de combustion au volume de cette chambre.
- (3) Voir La Science et la Vie, n° 241, page 70.
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- précisément où la détonation prend naissance. C’est pourquoi de nombreux constructeurs se sont montrés partisans de l’emploi de l’aluminium qui autorise cet accroissement du rapport de la compression. Le cuivre lui aussi possède cette propriété. Nous exposerons un jour pourquoi les avis ne sont pas encore unanimes en ce qui concerne la « matière » avec laquelle on doit construire les culasses : nous présenterons donc, à côté des avantages, certains inconvénients constatés par les spécialistes de moteurs. Signalons dès maintenant qu’au voisinage de la bougie d’allumage du mélange carburé, une paroi constituée par un métal offrant une conductibilité particulièrement élevée provoque toujours des pertes de calories inutilisées. Or, comme c’est précisément la portion non brûlée des gaz qui, comprimée par les gaz brûlés, produit la détonation, il en résulte que ce phénomène se manifeste importunément quand la paroi métallique avec laquelle cette fraction de gaz est en contact ne possède pas une conductibilité suffisante. Afin d’éviter ce grave inconvénient, on a alors imaginé ces nouvelles culasses dites « composites » en y ménageant rationnellement des zones à faible conductibilité aux points de la paroi les plus éloignés. En théorie, cette solution est satisfaisante ; dans la pratique, elle se heurte encore à certaines difficultés de fabrication pour établir des culasses « composites » avec des métaux de conductibilités différentes, à dilatations également différentes et supportant en outre alternativement des réchauffements et des refroidissements. Quoi qu’il en soit, on admet actuellement que le taux de compression sera plus élevé, et par suite la puissance spécifique plus forte, le jour où la culasse « composite » sera pratiquement au point. Ajoutons encore qu’avec la matière à haute conductibilité (c’est-à-dire autorisant de grands refroidissements), les bougies s’encrassent d’autant plus que ce refroidissement est plus bas. Il n’en serait plus de même évidemment avec les culasses « composites », puisque, dans le voisinage de chaque bougie, la paroi est au contraire relativement moins conductrice de la chaleur. 11 y a lieu de noter également à ce sujet cette remarque de M. Heldt que souligne l’ingénieur H. Petit, à savoir que si les parois de haute conductibilité pour la chambre à combustion sont avantageuses, — lorsque le moteur tourne à pleine charge ou au voisinage de cette pleine charge, — il n’en est plus de même quand, au contraire,* le papillon du carburateur est assez fermé pour que le danger de détonation n’existe plus. C’est alors que la paroi à coefficient de conductibilité élevé entraîne des pertes en calories, ce qui est regrettable. Quant à la forme de la chambre de combustion dans ses rapports avec le phénomène de détonation, rappelons que la condition la plus impor-
- tante réside dans ce fait : la portion de la chambre éloignée de la bougie où le front de flamme parvient en dernier lieu réalise un volume aussi réduit que possible. Autrement dit, le piston se déplaçant dans le cylindre doit arriver à la fin de sa course aussi près que possible de la culasse. Ainsi, on peut éviter que la détonation prenne naissance dans cette région. (Voir T. A. A., n° 178, et Rapport P.-M. Heldt, dernier Congrès de la S. A. E., aux Etats-Unis.) Ces considérations générales permettent à ceux qui s’intéressent aux progrès de l’automobile — même en dehors des spécialistes — de se faire une idée plus exacte de l’importance considérable des travaux poursuivis dans le monde entier par les ingénieurs et les constructeurs en vue d’améliorer sans cesse le moteur d’automobile, déjà si voisin de la perfection. Elles montreront aussi au vaste public des usagers combien sont utiles ces manifestations techniques internationales (Congrès, Sociétés d’Etudes, Salons), où sont présentés et discutés les résultats les plus récents des recherches et inventions qui améliorent sans cesse les produits de cette prodigieuse industrie.
- Injection et carburation dans les moteurs à combustion
- Au récent Congrès international du Pétrole, qui s’est tenu à Paris au cours de l’été dernier, M. Mandel a abordé l’un des problèmes les plus importants et les plus actuels de la mécanique automobile. C’est celui de la carburation et de l'injection dans les moteurs à combustion interne. Nous avons déjà exposé ici (1) ce point de vue qui domine l’évolution actuelle de la technique. L’important mémoire de M. Mandel mériterait une analyse détaillée de ces phénomènes minutieusement et scientifiquement étudiés. Nous nous proposons du reste de revenir sur ce sujet capital en.ee qui concerne l’évolution des tendances dans le domaine du moteur appliqué à la locomotion. M. R.-C. Faroux a déjà résumé ces conclusions (F. A., n° 1119). On y verra notamment que, dans un moteur à carburation préalable, la combustion interne s'effectue dans des conditions différentes de celles réalisées dans le moteur rapide à injection directe. Avec l’injection et la pulvérisation du mélange dosé de combustible détonant et d’air, non seulement la combustion s’effectue plus rapidement, même au début après l’étincelle et plus complètement, mais encore le diagramme obtenu se rapproche beaucoup plus du diagramme théorique (cycle classique à quatre temps de Beau de Rochas), qu’avec le moteur à eombusti m préalable. Cette combustion rapide des hydrocarbures dans les moteurs à injection exige une homogénéité aussi parfaite que possible du
- (1) Voir La Science et la Vie n° 240, page 476.
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- combustible introduit, dont dépendent précisément les avantages eonstatés par M. Man-del. Une telle introduction du combustible par l'injection exige donc une grande finesse de pulvérisation minutieuse et un dosage approprié et rigoureux. Pour réaliser de semblables conditions, il appartient aux radineries de pétrole de préparer des produits homogènes répondant strictement aux exigences des moteurs dépourvus de carburateurs. En particulier, les fabricants doivent tenir compte des caractéristiques de la culasse spécialement adaptée à ces nouveaux moteurs rapides à injection. On voit, par ces quelques aperçus concernant les différents 'phénomènes observés, quelle importance pratique présentent les délicates recherches théoriques et expérimentales actuellement en cours pour s’efforcer sans cesse de mieux connaître « ce qui se passe » dans le moteur à injection (rapide) comparé au moteur à carburation. De tels problèmes, si complexes, sont l’objet, de la part des savants chercheurs, en Allemagne, Hollande, U. S. A., etc. de travaux encore peu connus mais combien intéressants à suivre pour l’avenir du moteur même.
- Aux Etats-Unis, la General Motors et Ford viennent de commencer la construction en série de nouveaux moteurs à injection qui étaient à l’étude et aux essais depuis plus d’un an. Certains de ces modèles seront exportés en Europe en 1938.
- M. Mandcl, au cours d’une conférence faite cette année même devant la S. I. A., a exposé sa manière de voir concernant les combustibles convenant le mieux aux moteurs à injection à haute performance et la préparation de combustibles économiques répondant aux besoins de l’industrie française. Il a ajouté qu’en Angleterre, en vue de résoudre les mêmes problèmes qu’en France, différents types de culasses ont été examinés et que Y injection directe à turbulence dirigée a de nombreux partisans parmi les techniciens, car elle autorise les grandes vitesses de rotation en vue, précisément, de réaliser ces moteurs à haute performance. Quant à l’Allemagne, elle semble s'orienter non plus vers l’injection directe, mais plutôt vers la gazéification préalable en utilisant l'antichambre à carburation instantanée (culasse à antichambre) en opposition aux culasses à haute turbulence. Le dispositif dit « à antichambre » a, entre autres avantages, celui de permettre l'emploi de combustibles très variés et d'origines diverses.
- Plaidoyer pour le moteur « à l’arrière » de l’automobile
- ans une conférence récente faite à Paris (S. I. A.) par l’ingénieur en chef de la Société Mercedes-Benz (M. Rohr), le problème de la voiture de tourisme à grande vitesse a été examiné avec l’autorité qui revient au technicien
- allemand dans le domaine de la construction automobile en général et dans celui de la propulsion en particulier, soit par moteur avant, soit par moteur arrière, sans omettre celui des roues indépendantes dont il fut l’un des premiers propagandistes. Il a montré que les propriétés de conduite et de rendement d’une voiture de tourisme (et aussi d’une voiture de compétition) dépendaient de sept facteurs principaux : mode de propulsion ; moment d’inertie du véhicule par rapport à la verticale du centre de gravité ; altitude de ce centre de gravité ; empattement ; forme de la carrosserie ; rigidité transversale des bandages, sans oublier la répartition des charges avant et arrière. Comme le fait remarquer l’un de nos plus éminents collaborateurs en matière d’automobile, M. Faroux, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, docteur ès sciences, « on ne peut songer simplement aux conditions statiques. En déplacement rapide, la résistance de l’air crée un couple ainsi que l’action motrice. Celle-ci tend à « asseoir » la voiture sur les roues arrière, le freinage chargeant l’essieu avant par effet d’inertie de la masse suspendue », et il ajoute fort judicieusement : « Aux éléments ci-dessus indiqués par M. Rohr, il y aurait lieu d’ajouter l’élément « suspension » dont le rôle est également important pour la conduite d’une voiture rapide ». Ainsi pour une voiture de course, la suspension est « dure » (ressorts courts, épais, presque pas de flèche), afin de réaliser un tout aussi indéformable que possible dans lequel les ressorts jouent le rôle d’organe de liaison beaucoup plus que celui de suspension proprenlent dite. L’importance du moment d’inertie par rapport à la verticale du centre de gravité incite les ingénieurs à réduire ce facteur en condensant les masses autour de ce centre de gravité. On l’élèvera donc en éloignant certaines masses telles que les roues de rechange placées à l’arrière. Si un grand moment d’inertie présente des avantages pour la stabilité de route lorsque la voiture roide en ligne droite, par contre, un faible moment d’inertie est préférable lorsque le véhicule roule dans une courbe. M. Faroux a cité à ce sujet la formule du constructeur Brasier : « Sur un circuit sinueux, il faut grouper le poids d’un véhicule de course au centre et rejeter loin les quatre roues », rappelant l’exemple du lévrier qui effectue de foudroyants changements de direction.
- L’ingénieur allemand, lors de sa récente conférence à Paris, a conclu que la voiture à moteur et traction arriére (c’est le cas des « Auto-Union » de course) offrait certains avantages que voici : exécution en « monobloc » et du moteur et de la boîte et du différentiel ; meilleure visibilité ; suppression de la chaleur, du bruit, de l’odeur produits par le moteur situé à l'avant; carrosserie pro-
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- filée aisée à établir ; grande adhérence des roues motrices. Voilà pour les avantages du moteur arrière. Il présente aussi certains inconvénients : commande de grande longueur, refroidissement moins facile à assurer, etc. Quoi qu’il en soit, il résulte de l’étude approfondie de l’ingénieur en chef de la firme « Mercedes. » qu’il est fort probable que la tendance, de plus en plus marquée, de réaliser des formes de moindre résistance amènera les constructeurs à placer le moteur à l'arrière du châssis. D’autre part, aux grandes vitesses, même en ligne droite, pour une voiture de course ou de sport, les efforts verticaux dus aux oscillations croissent considérablement, ce qui amène les constructeurs à adopter les roues indépendantes pour les véhicules rapides (« Mercedes » « Auto-Union », Alfa-Romeo », etc.). Malheureusement, ces puissantes voitures sont encore trop lourdes, et alléger c’est progresser en matière de construction mécanique. Cela est vrai, qu’il s’agisse de la locomotion à moteur (essence, huile lourde) ou de l’établissement d’un pont métallique. La mise au point d’alliages, d’aciers légers et résistants n’est-elle pas, par exemple, à l’origine de l’évolution de l’aviation moderne où la puissance s’allie à la légèreté ?
- La France dans les compétitions automobiles internationales
- Dans les compétitions internationales concernant l’automobile, la France, en 1937, aura figuré honorablement parmi les pays où l’industrie mécanique avait pris l’habitude de triompher, « surclassant » de loin les voitures françaises. Or, en août dernier, une 12 cylindres « sport » Delahaye réalisait une moyenne supérieure à celle imposée (146 km/h) sur le circuit routier de Montlliéry, et cela avec un véhicule dépourvu de compresseur, alors que les constructeurs étrangers les plus réputés font presque toujours appel à la suralimentation. C’est un résultat qui fait honneur à la construction automobile française. Il en fut un autre non moins appréciable : en septembre dernier, la plus grande épreuve automobile organisée par l’Angleterre, le « Touris Trophy », a été gagnée par une marque également française qui parvint à « placer » deux voitures dans les deux premières places, alors que la troisième revenait à une voiture de construction allemande. C’était la première fois que, dans cette course, la victoire revenait à notre industrie, alors que, précédemment, Anglais, Allemands, Italiens se disputaient seuls cette épreuve en s’en partageant les lauriers. Il y a là un commencement de « redressement » dans le domaine du sport mécanique
- qui nous permet d’espérer qu’en 1938 les « Mercedes Benz », les « Auto-Union », les « Alfa-Romeo » (pour ne citer ici que les firmes les plus glorieuses) auront' désormais à compter avec les concurrents venant de France pour affronter les compétitions internationales de l’an prochain.
- L’essor de l’industrie allemande de l’automobile en 1937
- uelques chiffres suffisent à montrer le prodigieux développement de l’industrie automobile en Allemagne de 1932 à 1936 : la production des voitures est passée de 51 000 à 293 000 ; le nombre des permis, de 104 000 à 457 000 ; l’exportation de 3 000 à 27 000 voitures (France, 21401 seulement en 1936). Simultanément, le nombre d’ouvriers dont le travail dépend directement de cette industrie a cru de 33 000 à 118 000, sans compter ceux (130 000) qui construisent des autostrades, préparent les matériaux nécessaires (120 000), entretiennent le réseau routier (115 000). Ce développement, aussi rapide que considérable, est dû, pour une certaine part, à une série de mesures prises par le chancelier actuel, dès son arrivée au pouvoir (mars 1933). lin effet, en deux mois seulement, il a exempté d’impôts les voitures neuves pour l’usage privé. Cette décision fut bientôt suivie d’une seconde (31 mai 1933) diminuant les taxes applicables aux anciennes voitures. Le 1er juin 1933, non seulement tous les impôts sont supprimés, mais encore les acquéreurs de véhicules industriels sont autorisés à déduire de l’impôt général sur le revenu le prix des camions et voitures de livraisons achetés chez les constructeurs et destinés à remplacer les anciens matériels. Même les droits d’examen pour permis de conduire sont réduits. De plus, on crée des autos-écoles dont la fréquentation est obligatoire. Le 23 septembre 1933; le chancelier inaugure le premier chantier du réseau d’autostrades qui comprendra 7 000 km et nécessitera une dépense de 4 milliards de marks (1). Près de 1 000 km sont déjà en service au 1er janvier 1937, et environ 3 000 km seront terminés dès le début de 1938. Pour favoriser l’exportation, d’importants crédits sont alloués aux constructeurs de voitures de compétition. On connaît les magnifiques performances accomplies dans les courses d’automobiles au cours de ces dernières années ’ par les « Mercedes » et les « Auto-Union ». Pour coordonner rail et route, les autorités d’Empire répartissent judicieusement le trafic au mieux des intérêts des exploitants et des usagers.
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 240, page 461.
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- A TRAVERS NOTRE COURRIER...
- Chaque mois, des milliers de lettres arrivent à « La Science et la Vie» de tous les points du monde. Nous nous efforçons toujours d’y répondre avec précision. Mais ce courrier abondant et varié aborde parfois des questions d’ordie scientifique et industriel qui peuvent être portées à la connaissance de tous. Aussi, sous cette rubrique, nous nous proposons de sélectionner les plus intéressantes d’entre elles pour la majorité de nos lecteurs.
- A propos de la formule pour les courses d’automobiles
- Ainsi que nous l’avons signalé, les moteurs des voitures de courses pour les années 1938-39-40 devront satisfaire à une des deux conditions suivantes : 3 000 cm3 de cylindrée avec compresseur, ou 4 500 cm3 sans compresseur. La Commission Sportive Internationale a, en effet, admis comme eoellieient de compensation pour le moteur sans compresseur le chiffre 1,5 (1). Ce choix paraît quelque peu arbitraire, et les enseignements déjà acquis laissent prévoir qu’un moteur de 3 000 cm3 suralimenté développera plus de chevaux qu’un de 4 500 cm3 non suralimenté, du moins si l’on n’apporte pas de restriction sur la qualité et la quantité du carburant et sur le taux de compression. Rappelons à ce sujet que, contrairement à l’idée couramment admise, le compresseur n’est pas un gaspilleur de carburant, puisque, d’une part, il autorise une réduction de poids et que, d’autre part, l’accroissement de rendement réalisé aboutit finalement à une économie. Le moteur le plus petit, tournant le plus vite, à compresseur, n’a-t-il pas gagné un Grand Prix de l’A. C. F. (formule de la consommation limitée)? Les futures compétitions nous apporteront des indications à ce sujet. I! est désirable, toutefois, que les parcours choisis permettent de juger de la résistance du moteur suralimenté et non*pas seulement de ses qualités au point de vue vitesse sur un parcours peu accidenté (2).
- Lumière zodiacale
- Un de nos lecteurs, M. R. Monié, veut bien me demander de préciser les points de vue actuels sur la nature de la lumière zodiacale. Chacun sait que deux explications sont proposées. La première met en cause la réllexion et la diffusion de la lumière solaire par des grains de poussière ou des molécules gazeuses situés dans le plan de l’éeliptiqiic ; elle s’appuie
- (1) Cela signifie que, pour fournir la même puissance, un moteur sans compresseur doit avoir une cylindrée 1,5 [ois plus grande qu’un moteur avec compresseur.
- (2) En effet, dans les côtes (régimes moins rapides), le moteur à grosse cylindrée conserve un couple plus élevé que le petit moteur surcomprimé (souplesse).
- sur les observations spectroscopiques et, en particulier, sur celles de Fath, au mont Wilson, (pii, avec une pose de 12 heures dans un spectroscope très lumineux, a obtenu un spectre continu, coupé par les raies sombres G, II, K : donc exactement le spectre solaire diffusé par des grains de matière ; les mesures de polarisation ayant donné des résultats contradictoires, il est impossible de trancher le point de savoir si ees grains de matière sont de la poussière solide ou des molécules gazeuses.
- Dans une autre théorie, on met en cause l’action des rayons cathodiques émanés du Soleil, mais il est malaisé de préciser cette explication : en frappant la matière, ees rayons cathodiques (dont l’existence, d’ailleurs, n’est pas contestée) produiraient non de la lumière visible, comme la lueur zodiacale, mais des rayons X qui ne parviendraient pas jusqu’à nous, étant arrêtés en route par notre atmosphère; des phénomènes de fluorescence produits par le choc des électrons sur la matière donneraient des bandes lumineuses que l’analyse spectrale de la lueur zodiacale n’a pas révélées.
- En résumé, il paraît prudent, dans l’état actuel de nos connaissances, d’accepter provisoirement la première explication, sans méconnaître pourtant que les électrons solaires peuvent jouer un rôle qu’il paraît dillicile de préciser. L. H.
- Liaisons aériennes transocéaniques
- Il n’est pas niable, en effet, que la France accuse un retard d’environ trois ans sur l’étranger au point de vue des matériels destinés à un service aérien régulier sur l’Atlantique-Nord. Si, en effet, un premier prototype de 40 t vient d’être commandé et si la construction d’un autre de 50 t est envisagée, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont déjà parvenus au stade des réalisations pratiques (1) avec le Cale-donia et le Sikorsky S.-42 B, qui, avec régularité, ont déjà accompli la traversée de l’Océan. Les Etats-Unis ont, de leur côté, organisé un service aérien transpacifique (de San Francisco à Manille, prolongé aujourd’hui jusqu’à IIong-Kong, soit 13 000 km au-dessus de l’eau avec escales à Hawaï, Midway, Wake et Guam) à la
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 243, page 238.
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- vitesse de croisière de 250 km/h, avec 13 passagers et 500 kg de lret (22 passagers sur les étapes autres que San Francisco-Honolulu). Us envisagent eux aussi, de préférence, pour le problème de l’Atlantique-Nord, des traversées avec escales (soit Terre-Neuve-Irlande, soit les Bermudes et les Açores). L’étape la plus longue serait de 3 250 km (le trajet de San Francisco à Honolulu compte 3 850 km). Un nouvel hydravion de 50 t serait, dit-on, à l’étude. Quant aux Anglais, ils disposeront pour 1939 d’hydravions de 40 t. L’Allemagne, qui possède déjà des hydravions catapul-tables de 10 à 12 t, construit actuellement un hydravion de 50 t (Dornier).
- La conception française envisagerait, paraît-il, la traversée sans escale Paris-New York (0 000 km) à la vitesse moyenne de 200 km/h (plus tard 300 km/h) avec vent contraire de 60 km/h. Mais ee ne sont que des paroles en l’air, car des visées ambitieuses exigent des études et essais prolongés et onéreux entre des mains expertes et qui ne sauraient aboutir, au point de vue utilisation commerciale, avant quatre ans, et nous sommes optimistes.
- Reprise de Uactivité économique en Belgique
- Si l’on prend en effet comme base l’année 1929, en affectant l’indice 100 à l’activité économique belge à cette époque, on constate que cet indice, après être tombé au minimum de 54 en 1931, s’est assez rapidement relevé pour atteindre aujourd’hui 91. Mais si l’on prend l’année 1931 (minimum) comme base (indice 100), la moyenne de janvier 1936 ressort à 127, celle d’avril 1937 à 137. Le redressement économique est indéniable. Il est du reste confirmé par l’accroissement de la production d’électricité, du commerce extérieur, notamment dans le domaine des industries lourdes (métallurgie). L’augmentation des salaires — qui n’a pas été suivie d’un accroissement proportionnel du prix de la vie, bien qu’il ait amélioré le pouvoir d’achat des masses de 22 % — n’a pas exercé une influence grave sur le volume des transactions à l’intérieur du pays.
- Matériel de guerre tchécoslovaque
- La Tchécoslovaquie ne compte, en effet, que 15 millions d’habitants, mais dispose d’une armée de 175 000 hommes en temps de paix (2 500 000 hommes mobilisables, dont 1 000 000 entraînés et armés). En ce qui concerne le matériel, il provient des ateliers Skoda, réputés bien avant la guerre, qui, en 1914-18, fournissaient les pièces de 105 et 210 mm aux empires centraux. Us sont aujourd’hui en territoire tchécoslovaque, ainsi que les usines de
- Brno, Bratislava et Ostrava. Ces ateliers fabriquent actuellement des 77 de campagne, des obusiers de 100 et 105 mm, des canons lourds de 210 à 315 mm. Le fait que l’Angleterre et le Portugal commandent certains matériels d’infanterie en Tchécoslovaquie suffit à prouver la qualité de ces fabrications-Au point de vue de l’aviation, la Tchécoslovaquie disposerait actuellement de 1 000 appareils. Compte tenu de la population, ce chiffre correspondrait à 3 000 avions pour la France, 5 000 pour l’Allemagne, 10 000 pour l’U. R. S. S. Au Salon de l’Aéronautique de Paris 1936, nous avons apprécié un appareil militaire volant à 380 km/h et dont l’armement lui assure une puissance de feu que les bombardiers les plus modernes ne sauraient affronter : 4 mitrailleuses (2 en bout d’ailes, 2 au centre) ; tube-canon automatique de 20 mm; chargement en bombes, 1 000 kg.
- Quand les agents des P. T. T. usent du sifflet
- le long des lignes téléphoniques
- Vous vous demandez pourquoi on peut parfois observer un agent (les P. T. T. installé le long d’une ligne téléphonique et soufflant dans un sifllet métallique. C’est l'application d’une nouvelle méthode pour appeler 1’opérateur du Service des Essais et Mesures. Car vous avez dû remarquer aussi 'que le son était émis devant un microphone. En effet, les agents chargés de l’entretien des circuits interurbains en fils nus aériens ont souvent à demander à la table d’essais et de mesures du Bureau central des renseignements concernant les dérangements des lignes, et ils doivent signaler également les réparations effectuées. Us sont munis pour cela d’un poste téléphonique portatif qu’ils branchent sur les deux conducteurs du circuit. Une magnéto actionnée par une manivelle était jusqu’ici utilisée pour provoquer l’appel du Central. Mais le courant à basse fréquence (20 périodes/s) ainsi produit ne peut être utilisé sur une paire de conducteurs affectés simultanément à la télégraphie par courant continu et à la téléphonie sans gêner les communications. Aussi a-t-on adopté de bonne heure la signalisation à 135 p/s obtenue au moyen d’un interrupteur coupant le courant de la magnéto à cette fréquence de 135 p/s.
- Plus récemment, on a utilisé la signali--sation à fréquence vocale, les courants correspondants (1 000 p/s) étant automatiquement amplifiés par les répéteurs installés pour les conversations ordinaires. Toutefois, ces courants sont interrompus 20 fois par seconde, de manière à fournir un signal qui ne puisse être confondu avec la voix et auxquels les récepteurs spéciaux des signa-leurs sont, par contre, très sensibles. Si,
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- dans les bureaux centraux, ce courant à 1 000 p/s interrompu 20 fois par seconde est aisément obtenu au moyen de groupes électriques munis de régulateurs de vitesse, il fallait doter les agents circulant sur les lignes d’un appareil léger et simple pour effectuer leurs appels. C’est précisément le rôle du sifflet que vous avez entendu. Sa longueur (11 c/m environ) est calculée pour produire un son de 1 000 p/s. D’autre part, une lame métallique située à son intérieur vibre sous l’effet de l’arrivée d’air, ce qui interrompt le son de 1 000 p/s à la fréquence convenable. En sifflant ainsi devant le microphone de son appareil téléphonique, branché sur la ligne, l’agent chargé de l’entretien appelle donc tout simplement le Bureau central.
- Bombes d'avion contre cuirassé
- L’attaque du « cuirassé de poche » allemand Deutschland, — dit de 10 000 t alors qu’il atteint au moins 13 000 t, — le 30 mai 1937, dans les eaux espagnoles confirme la théorie développée ici même par l’ingénieur en chef du Génie maritime Itougeron (1). Deux bombes de 250 kg, lancées de 1 200 m de hauteur, ont frappé le pont avant — non protégé — du navire, le mettant en quelque sorte hors de combat. Il semble donc démontré que le bombardier léger est aujourd’hui l’un des plus redoutables adversaires du bâtiment de ligne. La construction navale doit évidemment tenir compte de ce nouveau danger constitué par les bombes et les torpilles aériennes. En dehors des dispositifs spéciaux de défense passive (double cuirasse adoptée en Angleterre avec de robustes grilles pare-bombes, situées au-dessus des points les plus vulnérables, pour provoquer l’éclatement prématuré des projectiles), la défense active (artillerie antiaérienne) doit pouvoir réaliser une puissance de feu sans cesse accrue. Ainsi, l’armement des nouveaux cuirassés anglais, actuellement en chantier, comprendra 12 pièces de 152 mm pouvant tirer presque à la verticale, 12 de 102 mm et 20 de 37 mm sans compter un nombre impressionnant de mitrailleuses de différents calibres et diversement groupées.
- L'usure des cylindres de moteurs d'automobiles
- En dehors de l’usure inévitable consécutive au frottement des pistons dans les cylindres, — usure que diminue d’une part la lubrification, d’autre part le durcissement des parois internes par cémentation et nitruration, — certains phénomènes en effet, tel que celui de la corrosion notamment, contribuent à la détérioration
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 238, page 265.
- plus ou moins rapide de ces organes essentiels. Si la combustion du mélange carburé (air et vapeur d’essence) est incomplète (mauvaise carburation, départ à froid), certains acides organiques (acétique, formique, etc.) s’ajoutent aux produits normaux de cette combustion (anhydride carbonique, vapeur d’eau). On y trouve aussi de l’anhydride sulfureux lorsque l’essence contient du soufre. En présence d’eaw, ces anhydrides carbonique et sulfureux se transforment évidemment en acides qui attaquent les parois du cylindre. Toutefois, il faut pour cela que l’eau soit à l’état liquide, c’est-à-dire que la température du cylindre soit inférieure à 100° C et voisine de 80° C (point de rosée où l’eau se condense nettement). Or, cette condition est précisément réalisée lorsque la combustion est incomplète (départ à froid). D’où cette conclusion pratique : il faut favoriser le réchauffement rapide du moteur. Le thermostat, qui interdit la circulation de l’eau tant que celle-ci n’a pas atteint une température déterminée, constitue un remède préventif contre la corrosion. Il en est de même pour la présence d’huile dans l’essence, qui, en lubrifiant les cylindres, rend plus difficile leur attaque par les acides résultant de la combustion.
- Autorails à hélices
- Il est exact que le réseau des chemins de fer du Nord a fait construire une rame double destinée à circuler à de très grandes vitesses (180 km/h) sur les sections de voie autorisant de telles performances. Mais on sait que s’il est aisé d’accroître la vitesse des autorails grâce aux progrès réalisés dans les moteurs, il est, par contre, délicat d’assurer un bon freinage. Aussi une nouvelle solution sera-t-elle adoptée sur ces rames rapides. En effet, en dehors du frein oléopneumatique, on utilisera l’effet retardateur obtenu au moyen d’hélices à pas variables (une hélice avant et une arrière) actionnées chacune par un moteur à combustion interne de 500 ch. Il suffit de faire varier le pas de l’hélice pour régler l’effort de traction et, en renversant le pas, on obtient un freinage très progressif et elficace. L’emploi des hélices a permis de résoudre également le problème de la transmission, car, bien entendu, elles seront utilisées pour la propulsion du véhicule. Si le rendement d’une telle transmission de la puissance motrice en effort de propulsion est assez faible (00 %), cet inconvénient peut être compensé par l’emploi de moteurs plus puissants. La rame double, de 44 mètres de long, pèse 50 t pour 91 voyageurs. Au point de vue de l’insonorisation, signalons que le fond de la caisse sera entièrement clos par une tôle latérale, ce qui permettra, en outre, de réduire la résistance à l’avance-
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- ment (aérodynamisme); que les parois des revêtements intérieurs et les glaces seront montées élastiquement sur des matériaux insonores, et que les parois latérales, intérieures et extérieures de la toiture et les gaines d’aération, seront « flockées ». Le « flockage » consiste à projeter de la bourre de feutre sur les surfaces revêtues au préalable d’un enduit adhésif.
- Orthodromie et Loxodromie
- A propos de la course Istres-Damas-Paris, voici les renseignements demandés au sujet de la route aérienne suivie par les pilotes. On sait que le trajet le plus court, géométriquement, d’un point à un autre de la Terre est celui qui suit le grand cercle — dont le centre coïncide avec celui de notre planète — passant par ces deux points. Toutefois, cette ligne, dite orthodromique, ne coupe pas les méridiens des lieux rencontrés (grands cercles passant par les pôles géographiques et par ces lieux) suivant un angle constant. Elle ne peut donc être suivie qu’au prix d’un incessant changement de cap (1). Aussi préfère-t-on souvent — c’est le cas des navires — suivre une ligne dite loxodromique faisant un angle constant avec tous les méridiens. Elle correspondrait à tin cap invariable du compas si le nord géographique était confondu avec le nord magnétique. Les aviateurs italiens ont notamment suivi la loxodromie de Damas à Paris et ont ainsi évité, au prix d’un parcours supplémentaire, lé survol de grands massifs montagneux. Cette ligne est. en effet, située dans notre hémisphère, au sud de l’orthodromie.
- L’évolution de la production de la soie artificielle dans le monde
- Les statistiques établies récemment en Angleterre montrent que l’année 1936 est une année record pour la production de la rayonne dans le monde. Le tonnage total fabriqué en 1936 a atteint en effet 463 000 t contre 422 000 t en 1935 et 355 000 t en I 934. Il convient de remarquer que c’est le Japon qui vient cette année au premier rang parmi les producteurs de rayonne, avec 129 000 t contre 126 000 t aux Etats-Unis, qui n’occupent plus ainsi que le second rang. Ce recul est dû en particulier à l’influence des inondations du printemps 1936 qui, pour n’avoir pas été aussi tragiques que celles du début de 1937, ont apporté un
- (1) Angle formé par l’axe de l’avion et la direction du nord géographique. En pratique, on n’eiîectue le changement de cap qu’à des intervalles réguliers révus à l’avance et pour lesquels on a calculé le cap adopter. La boussole indiquant le nord magnétique, il y a lieu d’effectuer une correction à ses indications égale à la déclinaison, angle du méridien du nord magnétique et du nord géographique. Cette déclinaison varie avec le lieu où l’on se trouve. En France, elle oscille entre 8° à Strasbourg et 14° à Brest.
- trouble profond dans l’industrie américaine. De ce côté, la France ne se place qu’au sixième rang avec 19 000 t, après le Japon (129 000 t), les Etats-Unis (126 000 t), la Grande-Bretagne (53 000 t), l’Allemagne (51 000 t) et l’Italie (40 000 t). Alors que la production mondiale de rayonne a augmenté de 23 % entre 1934 et 1936, celle de la France a, par contre, décru de 26 000 t à 19 000 t, soit 27 % environ de baisse.
- A l’assaut du record de vitesse en automobile
- La voiture du coureur automobiliste anglais G.-E.-T. Eyston a couvert le 6 novembre dernier 1 mille (1 609 m) à la vitesse moyenne de 503,616 km/h ; elle aurait même dépassé cette vitesse au cours de sa tentative. Cette voiture, de 10,20 m de long, de 2,50 de large et de 1,27 de haut, pesant 7 366 kg, était propulsée par deux moteurs Rolls-Royce (type aviation) de 12 cylindres et de 36,582 1 de cylindrée chacun (73,164 1 au total). La puissance motrice était de 4 765 eh au régime de 3 200 tours/mn. Quant au châssis, il comportait quatre roues simples directrices et quatre roues motrices jumelées. On sait qu ' officiellement le record de Campbell (484,619 km/h) n’a pas été battu (1), /viiisque Eyston n’a pu accomplir le trajet imposé que dans un seul sens. Déjà le 26 octobre, Eyston avait réalisé 498,251km/h, mais un accident survenu à la boîte de vitesses l’avait empêché de poursuivre son essai.
- (1) Rappelons que la voiture de Campbell, pesant 5 000 kg, était propulsée par un moteur Rolls-Royce (type aviation), de 36,5 1 de cylindrée, développant 2 500 ch. Ainsi, pour gagner environ 14 km/h, il a fallu une puissance voisine du double de celle de Campbell, et un véhicule pesant 2 366 kg de plus.
- A PROPOS DES HYDRAVIONS GÉANTS
- La rédaction de l’article de M. Verdurand sur les hydravions géants, paru dans le n° 245 de La Science. et la Vie (novembre 1937), pourrait laisser croire que les dispositifs de refroidissement pour moteurs à air en étoile représentés sur les figures qui accompagnent cet article sont dus aux travaux du National Advi-sorif Comittee for Aeronautic (N. A. C. A.). Nous tenons à signaler que ces dispositifs résultent des recherches et des travaux poursuivis par la Société des Etablissements Lioré et Olivier et par la Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Sud-Est, et sont Couverts par des brevets déposés au nom de M. P.-E. Mercier et appartenant, pour la France, aux sociétés ci-dessus désignées.
- N. D. L. R. — Dans le tableau indiquant les variations de la composition en poids de l’atmosphère terrestre avec l’altitude (n° 244, octobre 1937, page 255). il y a lieu de rectifier une erreur typographique concernant la teneur en hélium à~150 km. Il faut lire 90,5 au lieu de 0,5.
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- XXXII
- LA SCIENCE ET LA VIE
- LES DONNEES FINANCIERES DE L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE
- DEruis la guerre, l’industrie électrique a poursuivi, avec persévérance, l'équipement du pays en vue de la production de l’énergie électrique. Deux chiffres suffisent à faire saisir l'ampleur de l’œuvre réalisée dès à présent : 94 % des communes françaises, représentant 98 % de la population française, sont alimentées en électricité. Les progrès accomplis dans les transports à haute tension ont permis de réaliser l’interconnexion des usines productrices : d’où amélioration de la régularité et de la sécurité du service électrique et abaissement des prix du courant. Ceux-ci, évalués en or, ont été réduits en moyenne de 70 % depuis 1914.
- La réalisation de cette œuvre a exigé des capitaux extrêmement importants : les immobilisations totales nécessaires pour assurer la production, le transport et la distribution de l’énergie électrique en France s’élèvent à la somme de 25 milliards de francs-Poincaré, et la valeur de remplacement de cet ensemble excéderait, à l’heure actuelle, 50 milliards de francs. Sur ce total, l’Ktat et les collectivités ont fourni environ 7 milliards de francs-Poincaré ; encore faut-il remarquer que, sur cette somme, 3 milliards 500 millions ont été prélevés par l’Etat sur le chiffre d’affaires de l'électricité elle-même.
- Quoi qu’il en soit, l’initiative privée a dû fournir plus des trois quarts des capitaux nécessaires à l'équipement électrique de la France. Ces milliards, l’industrie française de l’électricité se les est procurés, avant tout, grâce à l'épargne, à la petite épargne surtout. M. Henry Truehv, professeur d’Economic politique à la Faculté (le Droit de Paris, chiffrait, récemment, à environ 1 million le nombre des porteurs des valeurs d'électricité. Et le total des litres d’électricité (actions et obligations) cotés à la Bourse de Paris s’élève, en valeur nominale, à près de 12 milliards de francs actuels. Si l’on songe que ce chiffre ne tient pas compte des ] tri mes d’émission, parfois considérables, on mesurera l'importance du concours apporté par l’épargne à l’industrie électrique. Ce concours, toutefois, n’était pas suffisant, et ne pouvait pas l’être. L’énorme accumulation de capitaux nécessités par l'équipement des distributions a, dès l’origine, imposé aux sociétés des méthodes de financement et de gestion tout à fait particulières. Les sommes indispensables sont d’autant plus importantes qu’aucune industrie n’a connu un progrès technique aussi rapide que l’industrie électrique. « Nous passons notre temps à nous rattraper nous-mêmes », disait un ingénieur. Pour maintenir les installations à la hauteur du progrès, il a fallu — et il faut encore — renouveler sans cesse le matériel, bien avant qu’il ait fourni tout l’usage dont il était susceptible, ce qui alourdit considérablement la charge d’amortissement.
- Aussi, les conseils d’administration ont-ils dû adopter une large politique de réserve et réinvestir chaque année des sommes très importantes, au détriment de la part des bénéfices mise en distribution. C’était demander aux actionnaires, par l'intermédiaire des assemblées générales qui consentaient ces réinvestis-sements, d’assurer eux-mêmes une partie notable de la charge des travaux nécessaires pour les développements ultérieurs. Du moins
- étaient-ils encouragés par la perspective d’une croissance, lente, mais progressive, de leurs dividendes. Cet espoir était d’autant plus légitime que la politique de réserve, adoptée par la presque unanimité des sociétés, était tout à l’avantage immédiat des consommateurs. En effet, si les sociétés avaient distribué des dividendes aussi larges que possible dès le début de leur exploitation, elles auraient demandé ensuite aux actionnaires d’en reverser une part contre l’émission d’actions nouvelles, de sorte que, pour réinvestir les mêmes capitaux, les sociétés auraient dû faire face à des frais bien plus considérables provenant de l’inscription à leur passif d’un capital accru. Il en serait indiscutablement résulté un accroissement du prix de vente au public. Mais, pour que les actionnaires ne soient pas définitivement sacrifiés aux consommateurs, il aurait fallu que, conformément aux prévisions des administrateurs, les dividendes puissent s’élever progressivement avec le temps.
- L’examen des résultats de 1936 montre que, malheureusement, ces justes espoirs ont été trop souvent déçus. Pour l’exercice 1936, les dividendes des sociétés de distribution se sont élevés, en moyenne, à 7, 6 % brut par rapport au capital nominal.
- Mais, comme on l’a déjà remarqué, il ne faut pas tenir compte seulement du capital nominal ; il faut considérer le total des sommes effectivement versées par les actionnaires et rapporter le montant des bénéfices distribués au capital nominal, augmenté du montant des primes d’émission. Dans ces conditions, la rémunération du capital s’établit à 6,68 %, et ce chiffre même appelle encore une importante réserve, étant donné que les actionnaires touchent des dividendes dans une monnaie dont la valeur est, en général, moitié moindre que celle qu’ils ont versée lors de l’achat des actions. De sorte que, si l’on tient compte des dévaluations monétaires, le taux moyen de rémunération des capitaux dans l’industrie électrique est inférieur à 4 %. Si l’on songe que l’Etat lui-même a proposé récemment aux épargnants, pour un emprunt pourvu de sûretés particulières, le taux de 4,5 %, on devra conclure (pie les dividendes des sociétés d’électricité, loin d’être plus élevés que la moyenne, — comme ils devraient l’être après des années de sacrifices, — sont, au contraire, anormalement bas.
- Cette situation est d’autant plus grave que l’œuvre de l’industrie électrique est bien loin d’être achevée. 11 faudra construire de nouvelles usines, augmenter la puissance de celles qui existent, renforcer les réseaux de distribution, parachever le réseau d’interconnexion.
- On s’accorde à chiffrer à une cinquantaine de milliards de francs-Poincaré le coût de cette « électrification en profondeur », d’après les prix de revient actuels du moins.
- C’est dire que l’épargne devra apporter longtemps encore et, largement son aide aux industriels et aux techniciens de l’électricité, et cette aide, elle l'apportera à l'avenir aussi largement qu’elle l’a fait dans le passé, à une seule condition : que la puissance publique, garant suprême du respect des contrats privés, prêche l’exemple et se montre résolue elle-même à respecter le statut contractuel des sociétés concessionnaires.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- XXXIII
- L’EXTINCTION DES BOMBES ELECTRON
- L’avidité de l’aluminium pour l’oxygène l’a fait utiliser pour la préparation de certains métaux d’extraction difficile à partir de leurs oxydes dès que l’Allemand Goldschmidt eut l’idée, pour favoriser la réaction, d’accroître au maximum la surface libre du métal à oxyder, c’est-à-dire de l’aluminium, en le réduisant en poudre fine. La réaction très violente qui se produit si l’on a chauffé suffisamment un point de la masse, poudre d’aluminium-oxyde métallique, se poursuit d’elle-même par suite de la grande chaleur dégagée (1). Ainsi est née l’aluminothermie (2), procédé de soudure autogène du fer (rails, etc.). Mais cette propriété de l’aluminium a été utilisée aussi, on le sait, pour la confection des bombes incendiaires dites bombes électron. La combustion du mélange aluminium-oxyde métallique (3) atteignant une température de 1 700° C, on conçoit la difficulté présentée pour en assurer l’extinction. En effet, tous les liquides, solides ou gaz extincteurs sont décomposés, et leurs constituants ainsi libérés non seulement activent la combustion (4), mais encore peuvent provoquer l’explosion alors que, normalement, l’engin brûle sans exploser.
- M. Herbline vient cependant d’apporter une solution à ce problème de défense nationale.
- Son procédé consiste à projeter tout d’abord sur la bombe en ignition un corps gras (produit n° 1) au moyen de gaz carbonique sous pression (bouteilles). Ce corps gras isole la bombe enflammée de tout contact
- (1) Le pouvoir réducteur de l’aluminium est tel que sa combinaison avec l’oxygène dégage 131 calories par 16 g d’oxygène.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 8, page 163.
- (3) Cette combustion est amorcée par une composition d’allumage, produit en forme de cigare placé au centre de la bombe. Il est allumé par un percuteur et allume à son tour l’électron.
- (4) L’eau ou l’humidité apporte de l’oxygène et de l’hydrogène ; le bromure de méthyle donne du brome, du carbone et de l’hydrogène ; le tétrachlorure de carbone fournit du chlore (oxydant) et du gaz carbonique.
- avec l’air et la refroidit suffisamment pour désarmorcer la réaction aluminotliermique. Bien entendu, le corps gras spécial se met à brûler lui-même, mais il est ensuite aisé de l’éteindre avec un produit n° 2 d’un principe analogue à ceux des extincteurs courants. Au cours de quatre essais exécutés à l’Office national des Recherches et Inventions, dans des conditions différentes, l’appareil Le Chimiste — qui permet, sous la protection d’un bouclier spécial, de projeter successivement les deux produits — a révélé son efficacité sur des bombes d’aviation de 1 kg, même lorsque la bombe était allumée sur un plancher combustible dans le voisinage de planches, de fibres de bois, de chiffons. Dans ce dernier cas, le plus défavorable, l’incendie provoqué fut éteint en 3 nui 25 s ; l’électron proprement dit n’avait perdu que 122 g sur 972 et la bombe contenait encore une certaine quantité de la composition d’allumage.
- On a précônisé aussi le sable pour l’extinction de ces bombes. Mais cette méthode exige deux conditions : d’abord que la bombe soit facile à repérer (circonstance rare), ensuite que le sable n’apporte aucune trace d’humidité (danger d’explosion). M. Herbline a mis au point, pour cela, un seau spécial où le sable est toujours maintenu absolument sec. Cependant, l’inventeur déconseille vivement l’emploi de sable et préconise, lorsque l’on peut s’approcher de la bombe, de la saisir avec la pince réfractaire Le Chimiste, l’opérateur étant protégé par le bouclier spécial qui accompagne tous les appareils, et de la placer dans le seau dessiccateur liquide qu’il a imaginé.
- Ainsi peut être écarté un des plus graves dangers des attaques aériennes sur les villes : l’incendie.
- La documentation concernant ce nouveau procédé nous a été fournie par M. Herbline, directeur des Extincteurs « Le Chimiste », 5, impasse Thoréton, Paris (XVe).
- LES A COTÉ DE LA SCIENCE
- Que réalise 1937 au point de vue électrique ?
- Un ouvrage remarquable sur ce sujet vient de paraître, signé des meilleurs techniciens et des artistes les plus en vue de notre temps.
- Cet ouvrage, où les progrès de la technique et de l’art dans divers domaines sont exposés par des hommes aussi qualifiés et aussi divers
- que MM. Raoul Dautry et Louis Jouvet, traite des réalisations électriques types dans l’industrie, les chemins de fer, la marine, au music-hall et au théâtre, dans l’éclairage urbain et particulier, etc.
- Monument remarquable à la gloire de 1937, cet ouvrage illustré de 130 photographies et de 4 pages en couleurs est vendu 15 francs franco.
- Adresser demandes avec chèque ou mandat à Arts et techniques de l’électricité, 38, rue du Rocher, Paris (8e).
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- XXXIV
- LA SCIENCE ET LA VIE
- FIG. 1. - VUE
- DIFFUSEUR
- EN COUPE DU < FORMOZ »
- Pour l’hygiène et le confort du «home»
- Voici, dans le domaine de la désodorisation et de l'assainissement de l’atmosphère, une nouvelle création qui nous paraît apporter, à ce problème d’hygiène et de confort, une heureuse solution grâce au dégagement de vapeurs d’aldéhydes formiques, non toxiques. Le fonctionnement de ce diffuseur (Formoz) est
- fondé sur les propriétés catalytiques de certains métaux chauffés qui permettent l’oxydation de l’alcool par l’air ambiant. L’appareil, branché sur une prise de courant (consommation : 4 centimes à l’heure à Paris) et chargé de produits à base d’alcool mé-thylique, produit, après la simple manœuvre d’un bouton, ces aldéhydes formiques, puissants réducteurs et bactéricides, en même temps que de la vapeur d’eau qui
- favorise l’action des produits actifs (fig. 1). Ainsi, une diffusion de 20 à 30 minutes absorbe les fumées (tabac, etc.), supprime toutes odeurs
- désagréables, désodorise tentures, tapis, vêtements, etc., assainit une atmosphère confinée (chambres de malades, placards, etc.), chasse les insectes (mouches, moustiques, mites, etc.).
- A propos de la destruction des mites — et. surtout de leurs larves qui font tout le mal, — voici comment l’emploi du formol
- naissant a été rendu complètement efficace au moyen du souffleur tue-mites. Cet appareil produit, comme le diffuseur, des vapeurs de formol qui sont souillées dans un tube, de sorte qu’en appliquant l’embouchure de celui-ci sur les tissus à préserver le formol pénètre partout (et on sait
- 1, capacité garnie de feutre et chargée d’alcool ; 2, ouvertures ; 3, toiles métalliques assurant le passage de l’air et la carburation ; 4, four électrique ; 5, catalyseur.
- FIG. 2. - COMMENT ON UTI-
- LISE LE SOUFFLEUR «FORMOZ»
- que les larves se cachent dans l’épaisseur même du tissu, dans les coutures, etc.). Les vapeurs sortant à 70° C environ possèdent le maximum d’efficacité. Selon le modèle, cet appareil peut soit se brancher sur un aspirateur (réglé en soufflage), soit être muni d’un souffleur à main, soit comporter un turbo - souffleur électrique
- (fig- -2).
- M. Bieuville, constructeur, 122, rue du Faubourg-Saint-Martin, Paris (10e).
- Voici le réglage automatique des appareils électriques ménagers (fers, bouilloires, etc.)
- Pour ceux qui ne possèdent pas un fer électrique automatique, dont nous avons déjà montré ici les qualités, voici une fiche fort simple qui permet de régler le chauffage selon le tissu à repasser. Cette fiche, qui se place sur les broches mâles du fer, comporte naturellement deux douilles. L’une est directement connectée à un des deux fils du cordon d’alimentation, tandis que l’autre est reliée au deuxième par le dispositif spécial. Dans ce dispositif, le contactest normalement assuré par l’élasticité d’une lamelle. Mais lorsque la température du fer atteint le degré voulu, un bilame (ensemble de deux plaquettes mé-talliques de coefficients de dilatation différents) se recourbe,écarte la lamelle élastique et rompt le contact. Quant au réglage de cette température, il est obtenu au moyen d’une manette latérale dont la manœuvre fait varier la position de la paillette de contact non fixée a la lamelle élastique. Ainsi le contact n’est pas rompu pour une même courbure du bilame, c’est-à-dire pour une même température. Ce sont les ruptures successives du courant, suivies des fermetures du circuit lorsque le refroidissement fait redresser le bilame, qui règlent la température du fer. Cette fiche constitue en outre un facteur de sécurité contre les dangers d’incendie et les détériorations d’appareils.
- Lrotellier, 20, rue des Gravilliers, Paris (3e).
- Le « Téléampliphone »
- Le problème de la téléphonie avec haut-parleur, permettant aux correspondants de communiquer dans les mêmes conditions que dans la conversation ordinaire, a fait l’objet de recherches dans tous les pays. Aux Etats-Uïps, un personnel entraîné obtient imè'exploitation satisfaisante au moyen d’un appareil où un commutateur permet de passer de l’émission à-l’èçoute et inversement. Voici
- Pjpra
- coulissante / Arrivée dui courant
- Paillettes de contact
- Came de
- réglage
- Lamelle
- ___Bilame
- COUPE SCHÉMATIQUE DE LA FICHE DE REGLAGE AUTOMATIQUE
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- XXXV
- une solution française qui n’exige aucune manœuvre. Sans que les interlocuteurs aient à s’approcher du microphone, sans que leur attention soit détournée par les conditions d’utilisation, ils peuvent, après une seule manœuvre de l’« appelant », converser sans être assujettis à occuper une place déterminée. Une autre manœuvre du « demandeur » suffît à couper la communication. Le téléampliphone résout donc cet important problème pour les conversations dans un même immeuble ou entre deux immeubles voisins. Son principe a d’ailleurs été appliqué à la téléphonie urbaine et interurbaine grâce à Y ampli-réseau (amplificateur de réception), qui exige cependant que l’on parle à proximité du microphone.
- Lf. Réseau Téléphonique Moderne, 17, rue de La Rochefoucauld, Paris (9e).
- Bobineuses de films
- Rappelons, pour répondre aux nombreuses demandes de nos lecteurs, qu’il existe une bobineuse pour films 24x30 (1), qui permet aux amateurs du petit format en photographie de préparer un chargeur contenant le nombre de vues que l’on désire au lieu des trente-six vues normalement obligatoires. En outre, elle autorise une réserve de 10 m de film que l’on peut conditionner à volonté.
- Summor, 27, place Alphonse-Deville, Paris (6e).
- Un jouet à 100 000 volts
- Les machines électrostatiques, qui furent pour ainsi dire l’instrument du début de la science électrique, sont redevenues d’actualité par suite des hautes tensions qu’elles permettent d’atteindre (3 millions de volts au Palais de la Découverte).
- Ces machines sont très intéressantes également pour l’étude et la connaissance des phénomènes électriques classiques.
- Voici, dans ce domaine, un jouet scientifique, instructif et amusant. C’est une petite machine électrostatique de conception simple, mais pouvant atteindre des potentiels très élevés. Naturellement du système dit « à influence », cette (1) Voir La Science et la Vie, n° 214, page xxx.
- machine comporte un plateau isolant de 25 cm de diamètre animé d’un mouvement de rotation très rapide (2 à 3 000 tours/mn) soit à la main, soit par moteur universel. Un jeu de balais et de collecteurs effectuent la charge du plateau et la captation de l’électricité produite. Comme dans toutes ces machines, le potentiel atteint est limité par les décharges par l’air et les isolants qui produisent de superbes aigrettes s’échappant de toutes les pièces de la machine. Le plateau lui-même devient phosphorescent. Outre de belles étincelles, cette machine permet de réaliser les expériences classiques de l’électrostatique, notamment l’illumination de tubes de Geissler aux effets lumineux remarquables.
- M. Loudf.reau, 26, rue Pradier, Paris (19e).
- Quelques explications sur la « Chambre claire universelle »
- otci, pour répondre à de nombreuses demandes de nos lecteurs, quelques précisions sur la Chambre claire.
- Le Dessincur et la Chambre claire universelle, qui est l’appareil de haute précision, sont des instruments formés d’une tige à coulisses dont une extrémité se fixe à une table et dont l’autre comporte le système optique : prisme et lentilles de mise au point. Il suffît à l’opérateur de regarder à travers l’appareil pour voir se projeter sur la table l’image du sujet quel qu'il soit, se trouvant en face de lui, et il n’a plus qu’à en suivre les contours et tous les détails sur son papier avec un crayon. On peut dessiner non seulement le sujet grandeur nature, mais également en réduction ou en agrandissement, selon que l’on dispose le sujet plus ou moins éloigné en face de l’appareil.
- L’étude du dessin d’agrément, ou professionnel, devient ainsi aisée. Mais la Chambre claire comme le Dessincur rendent tous les jours de grands services pour tous les genres de dessin : mode, bijoux, machines, portraits, publicité, etc»
- La Chambre claire universelle est l’appareil préféré des amateurs et des professionnels pour les dessins précis qu’ils ont à faire ; quant au Dessineur, c’est un bon appareil de vulgarisation dont le prix modeste le fait apprécier de la jeunesse et le met à la portée de tous.
- P. Rerville, 18, rue La Fayette, Paris (9e). ,
- CHEZ LES ÉDITEURS(1>
- L’Espagne dans le monde, par B.-II. et F.-M. Gescher. Prix franco : France, 35 f 20; étranger, 37 f 20.
- Le mérite d’un éditeur est de savoir découvrir à l’étranger les ouvrages qui émergent — de par leur valeur — au 'milieu de la documenta-tation contemporaine offerte au jour le jour par les nations intellectuelles. Celles-ci produisent aujourd’hui beaucoup plus qu’autrefois dans le domaine du livre comme du périodique, alors que la France accuse au contraire une tendance inverse. Dans cette magnifique collection française de documents traduits « pour servir à l’histoire de notre temps », voici, après les volumes concernant l’Angleterre, EU. R. S. S.,
- (1) Les ouvrages annoncés peuvent être adressés par La Science et la Vie au reçu de la somme correspondant au prix indiqué, sauf majorations.
- la Chine, celui qui vient de paraître sur l’Espagne (traduit du hollandais). Ce pays, qui est à nos portes, est cependant presque inconnu, ou fort méconnu, de la plupart de nos compatriotes. En lisant cette œuvre scrupuleusement documentée sur ce grand peuple, on pourra mieux pénétrer son évolution historique, mieux se rendre compte de la constitution de son sol, de sa géographie politique et physique, de ses ressources minérales et agricoles, et par suite parvenir à comprendre certains événements actuels en les rattachant précisément à la situation économique et en déduisant certaines conséquences inéluctables. Que de sujets sont ainsi abordés avec un sens analytique très averti et une rigoureuse objectivité scientifique. En voici quelques-uns : climat et conséquences ; population et vie sociale ; les six grandes régions géographiques de la péninsule
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- ibérique ; îles et possessions lointaines (Gibraltar, lîaléares, Canaries, Afrique du Nord) ; le problème agraire ; le problème ouvrier ; la lutte déchaînée et ses répercussions dans le monde. Mais nous avons presque cité ici tous les principaux chapitres de cet ouvrage, car aucun d’eux, de par son intérêt meme comme de par les documents inédits, ne mérite d’être passé sous silence. Quand, en France, le goût (et surtout le sens; de la lecture aura repris un nouvel essor dans tous les milieux, sans distinction des classes sociales, nous sommes persuadés que chacun de nous connaissant sans cesse davantage comprendra mieux et les événements, et les doctrines, et les hommes : l’ignorance sépare, la science rapproche.
- Les horizons de la médecine, par Auguste
- Lumière. Prix franco : France, 20 f 80 ;
- étranger, 28 f 80.
- Grâce à l’utilisation des découvertes de la science expérimentale (chimie, physique, etc.), la médecine est devenue, elle aussi, une science. Au cours de son évolution, — surtout depuis Pasteur, — elle a parcouru rapidement les étapes, mais elle est arrivée maintenant à une période de stagnation relative. La médecine, actuellement, semble, en effet, chercher sa voie pour reprendre un nouvel essor : 1’ « art de guérir » aurait encore trop tendance, suivant l’auteur éminement qualifié de cet intéressant ouvrage, à se cantonner dans la routine sans oser aborder — délibérément et audacieusement — certaines doctrines scientifiques nouvelles en vue de leurs applications médicales. Parmi ces conceptions si originales, M. A. Lumière estime que de nombreux phénomènes, soit normaux, soit pathologiques, relèvent de la nature colloïdale des tissus, des « humeurs » de tout être vivant. La santé serait alors la résultante du maintien des éléments colloïdaux à l'état de suspension ; la maladie proviendrait, au contraire, de leur précipitation — de leur floculation —- aboutissant à la vieillesse et à la mort. Cette théorie colloïdale ouvrirait
- ainsi des horizons jusqu’ici inconnus à la médecine et à la thérapeutique dites « humorales ». L’expérimentation déjà entreprise serait, à ce point de vue, assez encourageante. A côté de cette thèse particulièrement attrayante et neuve, l’auteur aborde d’autres sujets non moins captivants : citons, entre autres, la lutte contre l’infection par la modification du terrain. Les produits chimiques dits « antiseptiques » seraient des destructeurs de cellules. En effet, au point de vue cytologique, les redoutables microbes finiraient par être détruits également, mais, hélas ! après la cellule même. De tels exemples, assez typiques, suffisent à souligner l’intérêt du livre de M. A. Lumière, digne de s’imposer au libre examen devant l’inertie du classicisme médical. Il est évident que ce « non-conformisme » procurera à l’auteur bien des critiques et soulèvera bien des colères. N’est-ce pas le sort des novateurs qui renoncent délibérément à honorer les « dieux morts » ?
- « Jahrbuch der deutschen Kriegsmarine
- 1937», par le contre-amiral (R.) R. Gadow.
- Editeur : Breitkopf et Hartel, Leipzig.
- L'Annuaire de la flotte de guerre allemande 1937, publié sous l’autorité du maréchal Von Blomberg, ministre de la Guerre, et de l’amiral Rœder, ministre de la Marine, constitue un témoignage probant de la renaissance de la marine du III0 Reich, autorisée par les accords de Londres (18 juin 1935), entre l’Allemagne et l’Angleterre. Ôn y trouve non seulement les caractéristiques des navires en service ou en construction accompagnées de photographies des unités déjà terminées, mais encore leur comparaison avec celles des bâtiments étrangers ainsi que l’exposé, par des spécialistes qualifiés, du rôle de l’aviation dans la guerre navale. C’est certainement, à l’heure actuelle, la documentation la plus complète qui existe sur la nouvelle marine militaire allemande, en pleine résurrection et en pleine évolution, et qui complète utilement les vade-mecum sur les flottes de combat modernes.
- TARIF DES ABONNEMENTS A « LA SCIENCE ET LA VIE »
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- ÉTRANGER
- Pour les pays ci-après : Afghanistan, Australie, Bolivie, Chine, Danemark, Etats-Unis, Grande-Bretagne et Colonies, lies Philippines, Indes Néerlandaises, Irlande, Islande, Italie et Colonies, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Palestine, Pérou, llhodésia. Suède.
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- Pour les autres pays :
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- Envois recommandés.
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- Les abonnements partent de l’époque désirée et sont payables d'avance, par mandats, chèques postaux ou chèques tirés sur une banque quelconque de Paris. — Tout changement d’adresse doit être accompagné de
- la somme de 1 franc en timbres-poste.
- « LA SCIENCE ET LA VIE » — Rédaction et Administration : 13, rue d’Enghien, Paris-Xe
- ciii'.yuiis costaux : 91-07 Paris
- Directeur; G. Bouhrey. — Gérant; M. Lamy.
- Paris. — lmp. Maurice Bernard, 18, rue d’Enghien.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- XXXVII
- SALON DE L'AUTOMOBILE 1937
- Quelques applications de l'Aluminium Français
- Ci-contre : Stand de l'Aluminium Français.
- Ci-contre : Culasse en aluminium ^ culbuteurs de la 402 Peugeot.
- Ci-contre : Plateau à ridelles pour le transport des fûts d'alcool. (Carrosserie Chalaud).
- Ci-dessous : Voiture à viande carrossée par Labourdette.
- Ci-contre : Moteur et avant de la voiture 7 CV Amilcar-Hotchkiss à châssis longeron et auvent en alliage d'aluminium.
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- XXXVIII
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- LA THÉORIE A LA PRATIQUE
- L’homme de métier trouvera dans ce nouvel ouvrage des données techniques ou théoriques que le temps lui a fait oublier ou que sa spécialisation ne lui a permis que d’aftleurer au cours de ses études, et le lec teur non spécialisé, désireux
- D’APPRENDRE ET DE COMPRENDRE
- y trouvera ample matière à enseignement ; il poursuivra sans fatigue et avec un intérêt de plus en plus croissant l’étude si attachante des phénomènes électriques et leurs féeriques applications.
- TABLE DES MATIÈRES
- TOME I
- Phénomènes électriques. Phénomènes magnétiques. —• Courants alternatifs : Simples, Monophasés, Polyphasés. — Effets Physiologiques des courants industriels. Courant à haute fréquence.
- — Générateurs et Moteurs Electrostatiques. — L’Electron. Symboles concernant l’Electrotechnique. — Dynamos à courant continu. Fonctionnement d’une Dynamo. Construction des Dynamos. Tableaux d’installation. Essai des Dynamos. Dérangement des Dynamos en fonctionnement. — Alternateurs. Fonctionnement. Construction. Tableaux d’installation. Essai des Alternateurs. — Moteurs à courant continu. — Propriétés générales. Fonctionnement. Installation et Régulation. Essai. Cause des dérangements. — Moteurs à courant alternatif. — Moteurs Synchrones, Monophasés et Polyphasés. Moteurs asynchrones. Polyphasés et Monophasés à collecteurs. — Accumulateurs au plomb et alcalins. — Transformateurs statiques. Théorie et fonctionnement. Construction, emploi. Essais de réception. - Moteurs générateurs Groupes et commutatrices. Génératrices asynchrones. — Machines spéciales pour l’amélioration du facteur de puissance. Moteurs synchrones surexcités. Moteurs d’instruction avec collecteurs en cascades. Moteurs asynchrones synchronisés. Moteurs spéciaux à courant alternatif. — Condensateurs statiques. — Redresseurs à vapeur de mercure. Redresseur Tungar. Redresseur à oxyde de cuivre. Redresseur électro-Vtique. Redresseurs à vibreurs. — Mesures électriques des courants, des résistances, de capacité et de coefficient de self induction, de puissance. Transformateurs de mesures. Etudes des courbes et des courants alternatifs. Instruments à lecture directe.
- — Compteurs pour courants continu, a ternatif. Etalonnage. Tarification de l’énergie électrique. — Système de Télécommande.
- — Transmission de l’énergie. — Distributions. Canalisations Type de câbles et fabrication, Essais, Pose. Recherches des câbles posés. Lignes aériennes. Eléments constitutifs, Construction et exploitation des lignes. Interconnexion des centres de production.
- — Usines centrales. Usines h drauliques. Les mesures en hydraulique. — Appareils de protection. Disjoncteurs haute tension. Protection sélective.
- TOME 11
- Installations électriques dans immeubles et dépendances. — Règlements. Calcul des canalisations. Appareillage. Outillage et tours de main. Divers schémas. — Eclairage. Etude de la lumière. Photométrie. Principes généraux. Eclairage des voies publiques. Lampes à incandescence et à arc. Application de l’Eclairage aux Locaux, Théâtres, Bibliothèques, etc... — Trac» tions électriques diverses. Transmission de l’énergie aux Motrices et Equipement. Freinage et Récupération. Tractions spéciales par accus. — Télégraphie électrique. Appareils divers. Transmissions automatiques multiples, successives. Téléimprimeur; — Téléphonie. Récepteurs et Transmetteurs. Lignes. L’Automatique. Divers systèmes. — Radiotélégraphie. Ondes. Circuits oscillants et couplés. Lampes à électrodes. Emission. Réception. Ondes courtes. Applications de la radioélectricité. — Electro» chimie et Métallurgie. Fours électriques. Soudure. — Electricité Médicale. Radiologie. Accidents et traitements. — Signalisation électrique. Cellules photoélectriques. Applications. — Appareils domestiques. Chauffage. Cuisine électrique. Producticn du froid. — Horlogerie électrique. — Ascenseurs Monte-charge. — Distribution de l'énergie. Appareil. Installation. Réseaux. Electrification rurale.
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