Les maladies dues au lait et leur prophylaxie : le lait : produits dérivés, industries du lait
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET METIERS
- INSTITUT SC IENT IFIQUE ET TECHN IQUE
- de L’ALIMENTATION
- Enseignements sur les Aliments et les Industries Alimentaire
- Année Scolaire 1943 - 1944
- Deuxième Cycle de Conférences
- LE LAIT
- PRODUITS DERIVES - INDUSTRIES DU LAIT
- LES MALADIES DUESAULAET
- et LEUR PROPHYLAXIE, w * rx * - an 1=24= - 22 : J-ue tc wunra ?
- par M, le grofesseur LEREBOULLET 2 Bibliothèque 0
- - PARIS 1944 -
- Reproduction même partielle CONFERENCE N°
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- interdite - PRIX 20 FRS
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- LES MALADIES DUES AU LATO,
- et IEUR_PROPHYLAXIE
- par M. le Professeur LEREBOULLET (1)
- L’ importance du sujet traité dans cette conférence est facile à saisir. Le lait est à tout âge un aliment utile il est chez 1‘ep-fant un aliment nécessaire et chez le nourrisson, au cours des pre-miers mois de la vie, un aliment irremplaçable. Son commerce est actuellement mondial car chacun soit combien sont, dans tous les pays, les conséquences fatales d’une alimentation sans lait ou poursuivie avec du mauvais lait. Aussi la surveillance du lait est-elle capitale: qui il soit mal recueilli, qui il soit mal conservé, qu‘ il soit ma.] administré, ses dangers sont alors multiples. ils existent à l'origi-ne lorsqu' on le recueille à 1' étable, lors de son transport surtout à longue distance - lorsqu’on le répartit au consommateur d’où nécessité de contrôles successifs aux divers stades de sa distribution, et nécessité de répandre tant chez les producteurs que dans le public les notions indispensables précisant les dangers du ait et les moyens de les conjurer.
- Car le lait qu’il s’agisse du lait de femme, du lait de vache, du lait de chèvre est nocif de bien des façons :
- 1 ° en_provogu ant ch ez le cons omma t sur l'app ar ition. et la trans -mission de maladies infectieuses comme là tuberculose ,1a fièvre ty-phoide, d’autres maladies plus récemment étudiées comme la fièvre ondulante et les brucelloses, et également des infections intestina-les banales liées à des microbes normaux de 11 intestin comme 10s coll-
- bacilles et susceptibles d'amener parfois de graves accidents.
- 2° en transmettant du fait de ses altérations des toxines et ,***====*============================================*======* d'une manière plus générale des poisons nocifs pour 11 organisme hu-main.
- 3° en amenant divers troubles de santé du fait du mauvais équilibre de ses composants, tels sa carence en vitamines, sonexcès de matières grasses, sa valeur nutritive réduite a 1a suite de coupa-*—*2*-*=*=*****====== , , ========================= =============== ==* ECS trop largement opérés.
- 4° on provoquant, parce que donné à doses trop fortes, trop répétées ou incorrectement fixées, divers troubles de nutrition, chez le jeune enfant surtout.
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- impress ionnants et susceptibles d’entrainer la mort.
- Le lait est ainsi "cause à lui seul de plus de maladies et de morts que tous les autres aliments réunis" (Violle)
- Bien des travaux ont été consacrés à son étude à cet égard. Au premier rang se place outre le traité classique du Professeur MARFAN sur l’Allaitement, le récent et excellent traité de MM, ROCHOEX et TAPERNOUX sur "le Lait et ses dérivés" qui contient l’essentiel de ce qu‘ il faut savoir sur ces questions capitales. Je me bornerai ici à vous en exposer quelques aspects.
- I.- Les laits pathogènes par eux-mêmes , plusieurs catégories peuvent étre envisagées :
- A. La tuberculose par le lait c’est CHAUVEAU qui, en 1868. trois ans seulement après la découverte de VILLEMIN montra on in.oc-tant, par voie digestive, des animaux avec des produits de vaches phtisiques ou avec des produits de tuberculose humaine qui ils devenaient ainsi tuberculeux. D’autres auteurs établirent ensuite que le bacille tuberculeux peut traverser 1’ intestin sain sans provoquer lui-même de lésions intestinales primitives (DOBROKLOWSKI, NICOLAS & DESCOS) un peu plus tard, fut mise en relief l’origine intestinale de nombre de cas de tuberculose pulmonaire (BEHRING, CALMETTE et GUERINOTI) mais si le bacille tuberculeux est le même, dans la tuberculose humaine comme dans la tuberculose bovine, il a comme le soulignent ROCHOIX et TAPERNOUX "acquis en s'adaptant de génération en génération à des organismes aussi différents que celui de l’homme et celui des bovidés, des caractères un peu particuliers qui permettent de distinguer un type humain et un type bovin. Ces caractères d'adap-tation correspondent a un potentiel d'infectiosité un peu moins grand du bacille bovin vis-à-vis de l'homme et réciproquement". Ils peuvent permettre de retrouver chez l’homme dans ses lésions ou les produits qui en émanent, les bacilles provenant d’une origine bovine.
- 25 % environ des bovidés réagissent à la tuberculine et il est certain que 1‘ infectiosité du lait des vaches tuberculeuses est relativement fréquente, Comment NOCARD et LECLAINCHE ont dans une série de recherches montré que l’homme peut être de ce fait rendu tuberou-leux par le lait de vaches tuberculeuses et la proportion des laits susceptibles d' infecter ainsi l’homme par leur richesse en bacilles tuberculeux est un peu partout voisine de 25 p.100. La crème et le beurre les fromages frais contiennent aussi une proportion importante de bacilles tuberculeux. Néanmoins la tuberculose d'origine bovine reste proportionnellement rare et plusieurs statistiques françaises, notamment celle de GERNEZ dans le nord ne montrent qu’un nombre in-fime de cas dans lesquels les germes, bovins sont responsables des lésions observées, dans 96 0.100 des cas les germes sont humains, les germes bovins amènent plutôt des lésions extrapulmonaires • Pour BOGUET les cas de tuberculose pulmonaire provoqués par la tuberculose bovine n’atteignent pas 300 sur plus de 10,000 individus. Malgré cette rareté, on peut conclure qu’il est prudent d! écarter de l’ali-mentation les laits tuberculeux s’il y a tuberculose avancée du poumon. E================ :o======*========== _======== =====-= -===- ==1============== ï:*:*ix^Kï^&^=«~:a4;;^ri^^A^tcsr^iXziM>c_.: <====================**
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- de 11 intestin, de la mamelle, de l’utérus. Tous les autres lits peu-vent être utilisés sous condition de stérilisation par lu chaleur
- s (VERGE & THIEULIN). Malgré cette rareté, le danger reste réel mais il
- fut se garder de l’exagérer.
- B. Les brucel loses au premier rang desquelles la fièvre de molte ou fièvre ondulante constituent un autre des grands chapitres du lit phthogene pour Thomme. Sans faire leur historique détaillé, il nous faut rappeler que c’est en 1865 que MARSTON, médecin de la marine anglaise décrit la maladie : en 1887 BRUCE trouve son germe pathogène (d'où le nom de Brucellose ) .Le cadre de la maladie s'étend et comprend la fièvre rémitente méditerranéenne. En 1904 ZAMMITTE aux côtés de BRUCE utilise les chèvres de malte et constate que c’est d’elles que nait la contagion humaine de la maladie, dont, grâce à la découverte par BRUCE du pouvoir agglutinant du bacille pathogène le diagnostic devient plus facile. Parallèlement BANG avait étudié l'avortement épizootique des bovidés et TRAUN l'avortement des truies. Trois types de brucellose étaient ainsi étudiés : brucell moliten-sis, brucella abortis bovis, brucella abortis suis. brucellose de la chèvre qui donna la fièvre ondulante est à l'origine de la conta-gion humaine. Elle peut se faire par le lit de chèvre soit par le lait absorbé où les bacilles se trouvent d'une façon irrégulière mais massive, soit par le fromage de chèvre. L' infection peut être d’origine ovine se manifestant par l'avortement des brebis. Mais comme ]‘a souligné LISBONNE qui l’a beaucoup étudiée, il y a aussi une fièvre ondulante d’origine bovine et dit-il après avoir une première fois modifié la formule "cherchez la chèvre" en y adjoignant la brebis il faut aujourd’hui la compléter en mettant la vache au nombre des ani-maux susceptibles de transmettre ce périlleux microbe. Autour d’une vache infectée par ce microbe on trouve presque inévitablement plusieurs cas humains évoluant simultanément ou se succédant à peu d’in-tervalle "Le danger, dit LISBONNE, est d’autant plus grave que la vache élimine le germe dans son lait d’une façon continue"... on con-çoit, ajoute LISBONNE, que l'envahissement progressif des étables par la Br. malitensis constitue une éventualité alarmante pour 1‘ avenir. Toutefois la_cont mination par le lait et ses dérivés n‘ est pas la plus fréquente. Sans doute peuvent être atteintes non seulement les personnes buvant du lait frais, mais celles qui absorbei.it des laitages datant de quelques semaines tel que le lait caillé ou préparé (Yoghourt) et les fromages même fermentés (Roquefort ). Mais il est frappant de const ter que dans certaines villes où 1‘ absorption de lait caillé non bouilli, sous la forme de fromages frais de chèvre est considérable, 1a brucellose antochtone est rare alors qu’elle est fréquente dans les campagnes environnantes. C’est que, quelle que soit 1îor igine du brucella, c ’ est le contact direct qui est 1o prin-cipiL mode de contagion. Ce sont les personnes qui s’occupent du be-tail ou du fumier qui sort les seules contaminées alors que ce sont justement collos-à qui consomment peu ou pas de lait ou ses dérivés. Concluons donc que, si intéressante et actuelle que soit la question des brucelloses si réelle que soit l’infection d’origine bovine ou ovine, elle n’est qui exceptio nellomont transmise directement. Il faut néanmoins stop préoccuper dans certaines régions où les brucelloses sont habituelles,
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- C. Le fièvre aphteuse si néfaste aux bovidés peut elle se transmettre par le lait ? Ta preuve expérimentale n’est pas faite et la maladie, si elle existe chez l’homme, reste bénigne, le terrain humain paraissant peu favorable à 1a fièvre aphteuse. Il est néon-moins sage, en période d’épidémie, de faire bouillir ou au moins pas-teuriser soigneusement le lait des vaches atteintes de fièvre aphteu-se et de redoubler les soins de propreté si on approche ou si on soi-gne les animaux malades.
- Les streptococcies peuvent atteindre les vaches laitières et la main mi te des vaches lait ières liée à un mauvais streptocoque peut fort bien e xplliquer certaine s angines , certa ines sept ic émi.es humaine S avec ou sans participation méningée.Le lait dans de telles conditions est de toute façon dangereux et devrait être retiré de la consomma -tion. Des faits de mammite staphylococciques avec staphylococcémie, d1 autres de colib acilloses des vaches laitières justifient les mômes remarques.
- D. Il est une autre catégorie, distincte de celles envisagées jusqu’ici, celle des laits souillés après la traite et recueillis chez les nourrisseurs après la traite, chez les marchands laitiers au cours des manipulations que subit le lait. Les infections causales ont une importance considérable. Au premier rang il faut placer les infections typho et paratyphoïdique S . Des 18179 au Cameroun, à DUBLIN, ai leurs encore étaient relatés des cas de cet ordre et PORCHER en 1914 pouvait relever 1.500 épidémies de telles infections laitières. Les exemples s’en sont multipliés et, après les coquillages et nobam-ment les huitres, le lait contaminé représente la source la plus im-portante des infections typhoïdiques et paratyphoïdiques. C'est ton-tôt par un convalescent porteur de germes et trayeur, tantôt par l’eau servant au lavage des récipients par les personnes préposées aux soins d’un malade et qui lavent dans le même bac le linge du typhique et les ustensiles de laiterie, par le mouillage du lait avec une eau typhogène. Les causes sont multiples et c’est ainsi que se sont produites certaines épidémies à la suite d’ingestions de froma-ges à la crème, infectés accidentellement par le vendeur de ces fro-mages, comme les faits observés il y a quelques années à la BOURBOULE à NOIRMOUTIERS et dans d’autres régions. Alors se manifestent des épidémies à caractère explosif, à incubation courte, à mortalité éle-vée dont le lait ainsi distribué est responsable.
- D ’ autres ma ladies comme le choléra, la dysenterie bacill aire, peut être la diphtérie et la scarlitine peuvent avoir ainsi une ori-gi.ne bovine indirecte. Mais co sont surtout les gastro entérites de 11 enfant qui peuvent se développer à la suite de l'absorption d'un lait mal conservé, insuffisamment bouilli ou pasteurisé, contaminé par divers saprophytes au premier rang desquels le colibacille. Sans doute les dirrhééos cholériformea! été ont été quelquefois ratta-chéos à des causes générales et mises sous la dépendance de la grippe. Sans doute aussi on a récemment mis on relief le rôle possible des obitos latents dans certaines entérites graves, mais il faut touourg se rappeler que "ce n'est pas la décomposition du lait qui, par elle-même, est dangereuse mais 1' ingestion des germes du groupe co livivats
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- et virulents".. L’un des grands avantages du lait de femme est qu’il s’oppose à la formation d’une flore à colli dans le grêle et limite les dangers de diarrhée cholériforme. Il faudrait toute une leçon pour exposer cette question capitale en pathologie du jeune enfant, Je.ne puis que souligner ici son importance . C’est de sa solution que dé-pend pour une large part la mortalité infantile des mois d'été, or un bon lait, pur, propre et sain peut en enrayer les dangers a C’est ici le cas de rappeler que voici longtemps METCHNIKOFF, le grand sa-vant pastorien, soulignait que "la diarrhée infantile tient le premier rang comme ficteur de la mortalité humaine" , Or tous ceux qui s’occupent de puériculture savent combien, par l'hygiène alimentaire du jeune enfant, on peut atténuer et, dans certains centres, faire disparaître par des moyens simples cette terrible mortalité,
- II .— Les l its toxiques.
- D' autres causes peuvent intervenir pour rendre le lait nocif pour ceux qui le consomment et notamment pour les jeunes enfants. Au premier rang il f ut placer les substances toxiques qui peuvent exig-• — - . -==*-=======2*==* -ter dans le lait et particulièrement dans le lait de vache du fait d’une mauvaise alimentation. Voici longtemps Tut ont été dénoncées à cet égard par le professeur PORCHER, le professeur MOUSSU et bien d'autres la désastreuse influence de l'alimentation des vaches lai-tières par les feuilles de betteraves, par certains fourrages verts conservés et surtout par les pulpes de betteraves (résidus des sucreries et des distilleries, par les pulpes fermentées, par les drèches de distillerie, les brèches de brasseries, les résidus d'huileries (tourteaux) qui tous peuvent gravement altérer le lait donné aux enfants, provoquer des vomissements, de la diarrhée, des troubles di-gostifs sévères, "On pourra pasteuriser et même stériliser le lait des vaches sans arriver à détruire les poisons n limentaires donc ces laits”. On a pu conclure que tous les aliments capables de provoquer ainsi des troubles digestifs devraient être rejetés pour la production du lait 00 vache. Au surplus des romarques similaires pourraient être faites en se basant sur la facilité avec laquelle les troubles digestifs de la mère allaitante so représentent sur le tube digestif de leur bébé.Il s'agit là le plus souvent non d’infection mais d’intoxication par le lait. .
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- III .- Les troubles liés au déséquilibre de constituants du lait. V
- Je ne puis mi étendre sur ce chapitr sortant très vaste : quel que soit le lait absorbé, qu’il s’agisse de lait do femme, de vache, de chèvre, d’inesse il peut provoquer par sa composition même des troubles de santé chez celui qui le consomme soit du fait du mauvais équilibre de ses constituants : carence en vitamines du fait d’une stérilisation trop complète, d’où scorbut de nourrisson dans des cas devenus mares, excès de matières grasses pouvant provoquer des troubles cutanés sous forme d’eczéma ou d’érythème, retard du poids plus ou moins accentué du fait des coupages trop largement pratiqués ou d’une insuffisante alimentation de la mère allaitante.
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- L’ eczéma, le Prurigo, nombre d'érythèmes sont ainsi souvent dû à l’allaitement mal dirigé du nourrisson. De même voici longtemps qu'on a,lors de diarrhées mucogrumeleuses et acides du nourrisson, accusé * les laits trop riches en beurre, qu'on a mis sur le compte d'un lait de vache mal administré ou mal surveille l'existence, chez le nourris-son, de selles mistic. Surtout on a signalé d’une part les fièvres alimentaires d‘ origine lactée et notamment la fièvre de lait sec et la fièvre pré-scorbut ique qui ne sont que des hyperthermies sans fièvre réelle, d'autre part les anémies diverses de l’enfant dues souvent à la prolongation de 1‘ alimentation lactée prédominante qui facilite l’anémie par manque de fer (anémie ferriprive). Je ne puis que vous signaler ces divers troubles sans on faire un exposé détail-lé mais ils montrent la multiplicité des incidents dus à l'alimenta-tion lactée.
- Il est enfin des accidents de sensibilisation au lait particu-lièrement impressionnant et heureusement exceptionnels, 11 se ratva-chent aux troubles décrits sous le nom de grande et petite anaphyla-Xie. Ces troubles qui revotent des aspects multiples peuvent se pro-duire avec le lait de vache, ils peuvent même survenir avec le lait de femme (BOUCHACOURT, BAR, HUTINEL, VIGNES), ils ont été mortels, Mais ces accidents sont trop rares pour que j'aie lieu de m'y appe-santir par: plus que je ne puis m’appesantir sur le passage possible de certains médicaments ingérés par la mère dans le lait qu’elle donne à l'enfant.
- Retenez donc que le lait, est nocif de bien des façons mais que ce sont surtout ses altérations liées aux infections qui il faut éviter qu’il s'agisse de germes pathogènes ou de simples saprophytes. A voir les conditions dans lesquelles le lait est, surtout actuelle-ment, distribué dis les grandes villes, a constater ce que trop souvent il est devenu au moment où il est consommé, on ne peut qu'être surpris qui il ne provoque pas plus de ravages, il faut pourtant voir le mal et essayer de le limiter.
- C’est à quoi se sont appliqués tous ceux qui ont, dans tous les pays et particulièrement en France, la charge de surveiller les laits destinés à l’alimentation. Les leçons de M. GUITTONNEAU , du Dr. HOUDINIERE sur l’hygiène du lait cru destiné à la consommation humaine, celles du docteur THIEULIN sur la conservation des laits de consommation lot sur leur pasteurisation et s on contrôle, celle de M. GIROUX sur la question des laits ferment és vous apporteront quelques précisions sur certains aspects de la prophylaxie nécessaire.
- Je voudrais seulement vous montrer en terminant cette leçon préliminaire combien il serait nécessaire d’avoir un lait pur, propre et sain à distribuer à la population française et particulièrement aux jeunes enfants pour lesquels le lait est le seul aliment possible dans les premiers mois de la vie. Voici longtemps qu’a été évo-quée cette question et affirmée la nécessité d'av ir une politique du lait, d'organiser une véritable croisade du bon lait, de lutter pour que cet aliment soit moins souvent meurtrier. Actuellement nous déplorons, comme il y a 15 ans avec mon ami le professeur CASTAIGNE
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- que le lait distribué tant dans nos villes que dans nos campagnes soit trop souvent un aliment plus que douteux, très souvent toxique, quelles que soient les précautions prises par les familles, et par-fois cause directe de mort surtout si 11 ébullition n‘ en est pas suffisamment poussée" . Bien des efforts ont été faits pour lutter contre cette situation et comme le disait alors mon ancien interna JOANNON, actue llement professeur d’hygiène à la Faculté, deux méthodes peuvent être employées la méthode préventive et la méthode cura-tive. La méthode préventive, qui cherche à préserver autant que possible la production et la manipulation du lait des fautes et négligences dont résulte sa contamination originelle ou secondaire, con-siste à empêcher ou minimiser 15 infection du lait, grâce à une sur-veillance rigoureuse de l’étable à la vente portant sur bêtes, choses et gens; à contrarier par une basse température le développement des germes vivants présents dans le lait et, si cette précaution est justifiée, à traiter celui-ci par la chaleur pour tuer les germes pathogènes qui pourraient s’y trouver. Cette méthode est théoriquement bien mais les conditions nécessaires à sa réalisation ont été et surtout sont actuellement impossibles et force est le plus souvent de se rabattre sur la méthode curative et palliative "qui s’efforce de rendre inoffensifs les laits qui, récoltés, manipulés et transportés, sens soins suffisants, sont plus ou moins largement souillés. Au lien d'un lait initialement sain et conservé tel, elle permet un lait assaini" . Elle a prévalu en France, basée sur la stérilisation ou la pasteuri-sation du lait avant son absorption ou même s a livraison au consomma-teur. Mais "ni la pasteurisation, ni la stérilisation ne devraient dispenser d’une traite propre, car moins le lait est souillé à 1a sortie de la mamelle plus sa conservation est facile après chauffage et stérilisation rapide et meilleure est sa qualité" (MARFAN). On peut aussi affirmer, comme il y a quelque 15 ans, avec M. JOANNOIT que "la condition du succès en ce qui concerne surtout la mortalité infantile, c’est le développement et la généralisation effective et efficace des mesures préventives qui s’opposent aux contaminations et pullulations microbiennes au cours de la production, de la conservation et de la distribution du lait destiné aux nourrissons". Le problème est hélas I actuellement d’une grande complexité et dans les circonstances présentes le lait, trop souvent recueilli dans de médiocres conditions, distribué souvent on retard et dans des récipients déjà contaminés, nécessite pour son utilisation des conditions impossibles à remplir complètement. C’est le cas de rappeler, en cette période troublée, la supériorité pour les jeunes enfants du lait de femme sur tous les autres, la nécessité, de lutter en faveur de l’allaitement maternel qui reste, dans les premiers mois de la vie, lo meilleur aliment du bébé. A défaut de celui-ci il faut obtenir pour les nourrissons et les jeunes enfants un lait de vache bien recueilli et transporté le plus rapidement possible, A cet égard, l’effort poursuivi par les services de la préfecture de la Seine en créant dans Paris et sa banlieue des centres de distribution de lait frais venant des nourrissours de la Seine et permettant l'attribution aux nourrissons de moins de six mois d'un lait frais de bonne qualité et à défaut de celui-ci de lait stérilisé ou de lait condensé sucré ou non est à retenir comme pouvant contribuer à donner aux jeunes en-farts une alimentation mieux adaptée. Il est malheureusement, à
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- craindre que ces mesures ne puissent être généralisées mais il faut espérer que dans l’avenir le contrôle du lait distribué dans les ,
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- donner qu’un rapide mais significatif aperçu,
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