Paris, 1900

Amorcée avec l’étalage, souvent confus et sans classement, des produits coloniaux dans les expositions nationales de la première moitié du 19e siècle, la représentation des colonies gagne une place considérable dans les expositions universelles de la fin du siècle quand il s’agit de gagner une opinion publique, assez indifférente, à la légitimité de la conquête coloniale. Elle contribue à diffuser dans la population métropolitaine l’image d’un empire pacifié, exempt de tensions et de révoltes, dont le palais du Ministère des colonies est le navire amiral, en même temps que la vision d’un exotisme édulcoré où l’« indigène » soumis, acteur contraint de mises en scène qui aboutiront aux dégradants zoos humains de l’exposition coloniale de 1931, incarne aux yeux du visiteur les bienfaits de la mission civilisatrice de la France et l’infériorisation des peuples colonisés.
La mise en scène au Trocadéro de l’Exposition coloniale de 1900, comme avant celle de 1889, est scandée par trois représentations architecturales complémentaires, le palais, devenu monumental au fil des expositions, à moindre échelle la transposition des modèles d’architecture locale (case, pagode…) et la rue reconstituée, parangons de l’exotisme didactique.

Palais du Ministère des Colonies
Palais de l'Algérie
Palais de Madagascar